New York
Maia Latourte Ily Mai Blue
New York
huile sur toile
66x54cm.
Coups de cœur
Maia Latourte Ily Mai Blue
New York
huile sur toile
66x54cm.
Un bon poète n’est pas plus utile à l’État qu’un bon joueur de quilles.
Malherbe
Je renonce, je me retire
de ce jeu, je ne connais pas les règles
moi j’avais les blanches
mais toi tu fais des coups que je ne
comprends pas
- peut-être qu’il y a beaucoup de dames à ta table
ou que tu joues ce jeu à ta manière -
Mais j’ai toujours, malgré la pénombre
et la peur, des tours debout
des cavaliers scellés dans la nuit
des fous argentés sur ma ligne d’horizon
mon cœur est reine parmi la brume
de ta peau incertaine.
Joueur de nuits tièdes, je me retire
je préfère ma solitude et mon ancienne tristesse.
Mieux vaut laisser tomber la partie, mon amour.
Gioconda Belli,
Renuncio, me retiro
de este juego, no me sé las reglas
yo jugaba a las blancas
pero tú haces jugadas que no entiendo
- tal vez haya muchas damas en tu mesa
o jugaras este juego a tu manera –
Pero aún, a pesar de la tiniebla
y el miedo, tengo torres en pie
caballos empotrados en la noche
alfiles plata en línea de horizonte
mi corazón es reina entre la niebla
de tu insegura piel.
Jugador de noches tibias, me retiro
prefiero mi soledad y mi antigua tristeza.
Mejor dejemos tablas la partida, amor.
Istanbulonga
composé par Dhafer Youssef
Paolo Fresu - Trompette
Dhafer Youssef - Oud
Eivind Aarset - guitare électrique
extrait de l'album "Latitudini"
2008
La solitude est comme une pluie.
Elle se dresse de la mer à la rencontre des nuits ;
de plaines lointaines et reculées
monte au ciel, que toujours la garde.
Et de ciel tombe sur la ville.
Tombe comme pluie dans les heures ambiguës,
quand toutes les petites rues se retournent pour le matin
et quand les corps, qui n'ont rien trouvé,
déçus et tristes se brisent;
et quand ceux qui détestent
ont de dormir ensemble dans le même lit :
puis la solitude va avec les rivières ...
Rainer Maria Rilke
La vocation de la poésie n'est pas de nous éblouir
par une idée surprenante, mais de faire qu'un instant de l'être
devienne inoubliable et digne d'une insoutenable nostalgie.
Milan Kundera
Entre visions et reflets mon amour,
Je prends l’empreinte de tes yeux,
Le cristal de ton corps jeté dans la lumière.
Je pars nous mettre à l’abri de ce temps.
Je donne ton sourire à une bouche d’or,
Je laisse tes cheveux recoudre l’infini,
J’attache à ton désir un désir absolu,
J’appelle de ton nom le chant des solitudes.
Il y a je le sais des traces sur le vide,
Des blessures qui dessinent le chaos de mon cœur.
Je suis au labyrinthe où je me suis perdu,
En rêvant de me perdre sans retour avec toi.
Je te veux dans mes bras comme au ciel,
Je te veux à tous les échos essoufflés,
Je te veux à bout portant accordée,
Je te veux avec moi dans un néant solitaire.
En ton visage est au creux de mes mains,
Je le presse si fort sur mon propre visage,
Que je traverse monts et désastres, ruines ou glaciers,
Jusqu’à toucher encore cette merveille de nous,
Entre visions et reflets mon amour.
André Velter
Allons, ne pleure pas…
L’enfance est perdue
La jeunesse est perdue
Mais la vie n’est pas perdue.
Le premier amour est passé
Le deuxième est passé
Le troisième est passé
Mais le coeur persiste.
Tu as perdu ton meilleur ami
Tu n’as tenté aucun voyage
Tu ne possèdes ni maison, ni bateau, ni terre,
Mais tu as un chien.
Certains mots durs,
Prononcés doucement, t’ont blessé.
Jamais, ils n’ont jamais cicatrisé.
Oui mais, et l’humour ?
L’injustice ne se résout.
À l’ombre de ce monde fourvoyé
tu as murmuré une protestation timide.
Mais d’autres suivront.
Tout bien compté, tu devrais
te jeter une fois pour toutes dans les flots.
Tu es nu sur le sable, dans le vent…
Dors, mon petit. A
Carlos Drummond de Andrade