la poésie est une musique
La poésie est une musique mystérieuse
que l'on écrit avec les notes du coeur
Marcelle Paponneau
Coups de cœur
La poésie est une musique mystérieuse
que l'on écrit avec les notes du coeur
Marcelle Paponneau
La musique souvent me prend comme une mer !
Vers ma pâle étoile,
Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
Je mets à la voile ;
La poitrine en avant et les poumons gonflés
Comme de la toile,
J’escalade le dos des flots amoncelés
Que la nuit me voile ;
Je sens vibrer en moi toutes les passions
D’un vaisseau qui souffre ;
Le bon vent, la tempête et ses convulsions
Sur l’immense gouffre
Me bercent. D’autre fois, calme plat, grand miroir
De mon désespoir
Baudelaire
Âgé de cent-mille ans, j'aurais encore la force
De t'attendre, o demain pressenti par l'espoir.
Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses,
Peut gémir: neuf est le matin, neuf est le soir.
Mais depuis trop de mois nous vivons à la veille,
Nous veillons, nous gardons la lumière et le feu,
Nous parlons à voix basse et nous tendons l'oreille
A maint bruit vite éteint et perdu comme au jeu.
Or, du fond de la nuit, nous témoignons encore
De la splendeur du jour et de tous ses présents.
Si nous ne dormons pas c'est pour guetter l'aurore
Qui prouvera qu'enfin nous vivons au présent.
Robert Desnos
Jean-Sébastien Bach
Suite pour Orchestre n°3 en ré majeur
BWV 1068 - Gavotte I et II, Bourrrée et Gigue
Orchestre de chambre HERZLIYA
sous la conduite de Frank-Michael Erben
Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !
Charles Baudelaire
Je t’offre un verre d’eau glacée
N’y touche pas distraitement
Il est le prix d’une pensée
Sans ornement
Tous les plaisirs de l’amitié
Combien cette eau me désaltère
Je t’en propose une moitié
La plus légère
Regarde Je suis pur et vide
Comme le verre où tu as bu
Il ne fait pas d’être limpide
Une vertu
Plus d’eau Mais la lumière sage
Donne à mon présent tout son prix
Tel, un poète où Dieu s’engage
Et reste pris
Odilon Jean-Périer
Henri Matisse
Vue sur Notre-Dame
1914
Huile sur toile
147,3 X 94,3 cm
La poesie, c'est ce qui interdit d'enfermer.
Une parole ouverte a la semblance d'une porte dans l'air.
Hubert Juin
Dans la lumière pâle des matinées striées de velours,
Dans l'air chaud et las qui pèse sur les rues de la ville,
Dans la dentelle des nuages bleutés languissants au creux du firmament,
Dans l'immensité du ciel offert derrière la fenêtre,
Dans la poussière qui danse avec grâce sous les assauts des vents millénaires,
Dans l'horizon qui engloutit lune et soleil jour après jour, nuit après nuit,
Dans les hurlements de chaque gorge, de chaque poumon, qui s'échouent contre les murs blancs,
Dans chaque mot tu, dans chaque silence qui emplit les paupières,
Partout, ton absence.
Plus que tout, ton absence.
Béatrice Gueritault