Chaconne
Jean-Sébastien Bach
1685-1750
Partita en ré mineur, BWV 1004
pour violon seul N°.2
écrite entre 1717 et 1723
dernier mouvement :
Chaconne
interprétée par Victoria Mullova
en l'église St. Nicolas de Leipzig
Coups de cœur
Jean-Sébastien Bach
1685-1750
Partita en ré mineur, BWV 1004
pour violon seul N°.2
écrite entre 1717 et 1723
dernier mouvement :
Chaconne
interprétée par Victoria Mullova
en l'église St. Nicolas de Leipzig
Être poète veut dire que je refuse le prêt-à-penser et que je cultive
l’ouverture de mon esprit, la sensibilité de mon coeur et l’ardeur de mon âme.
Je peux choisir d’être poète à chaque moment de ma vie. Que je sois au travail
ou en famille, que je sois seul ou en compagnie d’autres personnes, que je sois
dans un contexte publique ou dans l’intimité, je peux choisir d’être poète.
C’est, selon moi, le seul chemin possible pour retrouver la sensation intense
d’être intensément vivant dans l’incertitude et le mouvement du monde
dans lequel la vie nous appelle à “danser”.
Denis Jaccard
Si les draps de nos amours se repliaient
Que la sueur de nos fièvres s’évaporait
Si les mots de nos ivresses s’ennuyaient
Que les linges de nos passions se déchiraient
Si les tissus de ma peau se flétrissaient
Que les soies de mon visage se désagrégeaient
Si les nœuds de tes élans se relâchaient
Que le feu de nos démences s’étouffait
En silence serais-tu, en silence serais-tu,
En silence serais-tu, en silence serais-tu...
Infidèle, prenant ses jambes à ton cou?
Infidèle, happé par le chant des sirènes?
Si la fleur de l’âge me trahissait
Que ma source de jouvence se tarissait
Si les liens de tes envies se délaçaient
Que les flammes de nos transes s’étouffaient
En silence serais-tu, en silence serais-tu,
En silence serais-tu, en silence serais-tu...
Infidèle, prenant ses jambes à ton cou?
Infidèle, happé par le chant des sirènes?
Claire Diterzi
Elle était fort déshabillée
Et de grands arbres indiscrets
Aux vitres jetaient leur feuillée
Malinement, tout près, tout près.
Assise sur ma grande chaise,
Mi-nue, elle joignait les mains.
Sur le plancher frissonnaient d'aise
Ses petits pieds si fins, si fins.
Je regardai, couleur de cire
Un petit rayon buissonnier
Papillonner dans son sourire
Et sur son sein, - mouche au rosier
Je baisai ses fines chevilles.
Elle eut un doux rire brutal
Qui s'égrenait en claires trilles,
Un joli rire de cristal
Les petits pieds sous la chemise
Se sauvèrent : « Veux-tu finir ! »
La première audace permise,
Le rire feignait de punir !
Pauvrets palpitants sous ma lèvre,
Je baisai doucement ses yeux :
Elle jeta sa tête mièvre
En arrière : « Oh ! c'est encor mieux !...
Monsieur, j'ai deux mots à te dire... »
Je lui jetai le reste au sein
Dans un baiser, qui la fit rire
D'un bon rire qui voulait bien...
Elle était fort déshabillée
Et de grands arbres indiscrets
Aux vitres jetaient leur feuillée
Malinement, tout près, tout près.
Arthur Rimbaud.
En vérité, le poète, le vrai poète, possède l'art du funambule.
[...]
Le plus difficile, ce n'est pas de s'élever du sol et de tenir en équilibre,
aidé du balancier de sa plume, sur le fil du langage.
Ce n'est pas non plus d'aller tout droit, en une ligne continue parfois entrecoupée
de vertiges aussi furtifs que la chute d'une virgule, ou que l'obstacle d'un point.
Non, le plus difficile, pour le poète, c'est de rester continuellement sur ce fil qu'est l'écriture,
de vivre chaque heure de sa vie à hauteur du rêve, de ne jamais redescendre,
ne serait-ce qu'un instant, de la corde de son imaginaire.
Maxence Fermine
Au contact de tes mots
mes sens en sommeil
se réveillaient
Sur mon corps au repos
tes écrits se posaient
enjoués ou moroses
Chaque matin
tes lèvres distillaient
versets ou quatrains
Chaque jour résonnaient
en moi tes amours
et tes chagrins
Ce matin tu me manques
Tu es partie
je t'ai trahie
Ta vie est ta vie
Ne te laisses pas abattre par une soumission moite
Sois à l’affût
Il y a des issues
Il y a de la lumière quelque part
Il y en a peut-être peu
Mais elle bat les ténèbres
Sois à l’affût
Les dieux t’offriront des chances
Reconnais-les
Saisis-les
Tu ne peux battre la mort
Mais tu peux l’abattre dans la vie
Et le plus souvent tu sauras le faire
Le plus il y aura de lumière.
Ta vie, c’est ta vie.
Sache-le tant qu’il est temps
Tu es merveilleux
Les dieux attendent cette lumière en toi.
Charles Bukowski
Brad Mehldau
Don't Be Sad
album "Highway Rider"
2010
Little Fly,
Thy summer's play
My thoughtless hand
Has brushed away.
Am not I
A fly like thee?
Or art not thou
A man like me?
For I dance
And drink, and sing,
Till some blind hand
Shall brush my wing.
If thought is life
And strength and breath
And the want
Of thought is death;
Then am I
A happy fly,
If I live,
Or if I die.
William Blake.
[...]
Peu importe que tu ne sois pas là,
peu importe que je ne te voie pas.
Avant je t’embrassais,
avant je te regardais,
dans l’attente de toi
dans la faim pressante de toi.
Aujourd’hui je n’attends rien
des mains ni des yeux :
quelle dernière preuve ?
Etre à tes côtés
c’est ce que je voulais de toi,
oui, près de moi,
oui, mais au dehors.
Il me suffisait
de sentir tes mains
dans le don de tes mains,
de sentir un présence
de tes yeux à mes yeux.
Ce qu’à présent je veux de toi
c’est autre chose, tout autre chose
qu’un baiser, qu’un regard :
c’est que tu sois plus proche
de moi, au-dedans de moi.
Pedro Salinas