Coups de cœur
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La dernière innocence / La última inocencia
Partir corps et âme partir. Partir se défaire des regards pierres qui oppriment qui dorment dans la gorge. Je vais partir plus d’inertie sous le soleil plus de sang anéanti ne plus faire la queue pour mourir. Je vais partir Mais fonce, voyageuse ! * Partir...
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Pour traverser avec toi le désert du monde
Pour traverser avec toi le désert du monde Pour que nous affrontions ensemble la terreur de la mort Pour voir la vérité pour ne plus avoir peur Contre tes pas j’ai marché Pour toi j’ai quitté mon royaume mon secret Ma nuit rapide mon silence Ma perle...
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Cantique d'été XXVII
J'ai broyé entre mes dents les tiges des bromes tandis que, couchée au bord du sentier, je regardais courir les grosses fourmis noires. Je serre entre mes dents les mèches blondes désordonnées tandis qu'allongée près de toi^ dans le miroir profond de...
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Prologue
Est-ce vous qui comprendrez pourquoi, serein, sous une tempête de sarcasmes, au dîner des années futures j’apporte mon âme sur un plateau? Larme inutile coulant de la joue mal rasée des places, je suis peut-être Le dernier poète. Vous avez vu comme se...
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Mon cher amour, mon doux amour,
Mon cher amour, mon doux amour, Je suis encore couché aujourd’hui. Je viens de faire un rêve merveilleux, un de ses rêves de jour où les émotions physiques vous laissent au réveil toute la part du désir — et le désir qu’on traîne, ensuite, éveillé, ressemble...
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Epitache de Des Yvetaux
Ah ! que ce fameux personnage Qui ne connut de lois que celle du bon sens Des Yvetaux en notre temps Pensa d'une manière et plus haute et plus sage Jusqu'à la fin de ses jours Il porta constamment panetière et houlette Et dans les bras de ses amours Expira...
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Lait et miel
tu me dis de me taire parce que mes opinions me rendent moins belle mais je n'ai pas été faite avec un feu au creux du ventre pour être éteinte je n'ai pas été faite avec une légèreté sur la langue pour être facile à avaler j'ai été faite lourde moitié...
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le poète est un raté/taré
le poète est un raté/taré pourtant il ne l’est pas tout à fait pourtant il est bien utile à quelque chose ? tout au fond de lui une petite flamme qui veille tout au fond de lui une petite voix le lui rappelle qui ne risque pas tout n’a rien — Daniel Biga,...
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Le vent froid de la nuit
Le vent froid de la nuit souffle à travers les branches Et casse par moments les rameaux desséchés ; La neige, sur la plaine où les morts sont couchés, Comme un suaire étend au loin ses nappes blanches. En ligne noire, au bord de l'étroit horizon, Un...
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Je t’ écoute
Je t’ écoute - Oui, c’est toi. Une peau délicate se déploie sur ma langue. Elle la caresse. Une peau délicate caresse ma langue. Mes mains résonnent pleines des fruits. Remplies d’abandon. Ce qui doit arriver dans l’ histoire arrive maintenant dans mes...
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Corona
Du dedans de la main, l’automne dévore sa feuille : nous sommes amis Nous libérons le temps de la coquille de noix Et nous lui apprenons à marcher Le temps retourne vers sa coquille Dans le miroir c’est dimanche Dans le rêve nous dormons La bouche parle...
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Ode sur la mélancolie
Non, non ! ne va point au Léthé, ni consommer Le vin vénéneux de l'aconit aux fortes racines ; Ne souffre pas non plus à ton front pâle le baiser De la belladone, raisin vermeil de Proserpine ; Ne te fais pas un chapelet des baies de l'if ; Que ni le...
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Visages, miroirs
Lorsque je suis entré dans la chambre celle qui dormait ne s'est pas éveillée. Lorsque je me suis assis dans la chambre celle qui veillait ne m'a pas regardé. Lorsque je suis sorti de la chambre celle qui pleurait ne s'est pas retournée. Ô visage, nuage...
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Dors ! petit enfant.
Dors ! Dors ! petit enfant blotti dans nos refuges ; Tu es le nourrisson par les Muses nourri, Tes rires et tes pleurs se noient dans nos déluges Entre soleil et pluie, en nos rêves tu vis. Nos doigts te dessinent sur mon ventre brûlant ; Ton visage d’ange...
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Je serai nue
Je serai nue devant toi Je ne regarderai rien autour Je saurai dire ce qui vient Sans bégayer. Ce sera juste et vrai et lumineux. Alors Tu te lèveras Tu partiras sans me regarder sans un mot Tu soulèveras tes chaussures de papier Je regarderai voler au-dessus...
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Dans la maison où notre amour a voulu naître
Dans la maison où notre amour a voulu naître, Avec les meubles chers peuplant l'ombre et les coins, Où nous vivons à deux, ayant pour seuls témoins Les roses qui nous regardent par les fenêtres. Il est des jours choisis, d'un si doux réconfort, Et des...
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la lune et la nuit
Cette nuit-là je regardais la lune Oui j'étais à ma fenêtre et je la regardais et puis j'ai quitté ma fenêtre je me suis déshabillée et je me suis couchée et puis alors la chambre est devenue très claire la lune était entrée Oui j'avais laissé la fenêtre...
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Kaléidoscope
(A Germain Nouveau) Dans une rue, au coeur d'une ville de rêve Ce sera comme quand on a déjà vécu : Un instant à la fois très vague et très aigu... Ô ce soleil parmi la brume qui se lève ! Ô ce cri sur la mer, cette voix dans les bois ! Ce sera comme...
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Les chiffres
Je suis le chiffre 6, et je suis plus beau que le dix, Qui lui n'est que l'ombre, D'un nombre!le 1 ! Je n'aime pas le 3 Qui ment toutes les fois, Quand au 5 Il est toujours au bar sur le zinc ! Le 2 nous rend heureux, Mais reste prétentieux ! Le 7 est...
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Elle était charmante ainsi,
Elle était charmante ainsi, et dans son regard fuyant mille choses m'apparurent, mille choses ignorées jusqu'ici. J'y vis des profondeurs inconnues, tout le charme des tendresses, toute la poésie que nous rêvons, tout le bonheur que nous cherchons sans...
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Un soir
Il y a eu cet orage de tropique parmi les flamboyants du plaisir la vitre battant sur des chevelures immenses la pluie cisaillée d'étoiles la lumière avalée à plein ventre à plein gosier à plein sang. Il y a eu cette heure d'anthracite et d'argent sous...
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Ne dites pas : la vie est un joyeux festin
Ne dites pas : la vie est un joyeux festin ; Ou c’est d’un esprit sot ou c’est d’une âme basse. Surtout ne dites point : elle est malheur sans fin ; C’est d’un mauvais courage et qui trop tôt se lasse. Riez comme au printemps s’agitent les rameaux, Pleurez...
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À qui est depuis longtemps confiné dans la cité
À qui est depuis longtemps confiné dans la cité, Il est fort doux de perdre son regard Dans le beau visage ouvert du ciel — d’exhaler une prière En plein sourire du bleu firmament. Qui serait plus heureux, lorsque, le cœur comblé, Il se laisse choir,...
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Beaucoup de ces dieux ont péri
Beaucoup de ces dieux ont péri C’est sur eux que pleurent les saules Le grand Pan l’amour Jésus-Christ Sont bien morts et les chats miaulent Dans la cour je pleure à Paris Moi qui sais des lais pour les reines Les complaintes de mes années Des hymnes...
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L'espoir est la créature avec des ailes
L'espoir est la créature avec des ailes Qui se perche dans l'âme Et chante l'air sans les paroles Et ne s'arrête jamais. C'est la voix la plus douce dans la rafale ; Affreux doit être l'orage Qui pourrait déconcerter l'oiseau Qui réchauffait tant de monde....