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Mon cher amour, mon doux amour,

28 Décembre 2019, 01:39am

Publié par vertuchou

Mon cher amour, mon doux amour,

Je suis encore couché aujourd’hui. Je viens de faire un rêve merveilleux, un de ses rêves de jour où les émotions physiques vous laissent au réveil toute la part du désir — et le désir qu’on traîne, ensuite, éveillé, ressemble tellement au plaisir du rêve. J’étais étendu sur un lit à côté d’un homme que je ne suis pas sûr d’identifier, mais un homme soumis, rêveur depuis toujours et pour toujours et silencieux. Je lui tourne le dos. Et tu viens t’allonger contre moi, énamourée, et tu me baises les lèvres doucement, très doucement et je caresse sous ta robe tes seins fluides et si vivants. Et tout doucement, ta main par-dessus moi, va chercher l’autre personnage et s’impose à son s*xe. Je vois cela dans tes yeux qui se troublent lentement, de plus en plus. Et ton baiser devient plus chaud, plus humide, et tes yeux s’ouvrent de plus en plus. La vie de l’autre passe en toi et, bientôt, c’est comme si tu br*nlais un mort. Je m’éveille, grisé légèrement, incapable de renoncer à ce plaisir.

Il faut avouer que le retour à Arosa ne m’apparaît pas triste, que ce n’est d’ailleurs pas un retour à Arosa, mais un retour à toi, par conséquent à mon amour. Par conséquent, je n’ai qu’une envie : te voir, te toucher, te baiser, te parler, t’admirer, te caresser, t’adorer, te regarder, je t’aime, je t’aime toi seulement, la plus belle et dans toutes les femmes je ne trouve que toi : toute la Femme, tout mon amour si grand, si simple

[...] En tout cas, ce qui est, c’est que votre image ne me quitte pas une minute, que je vous aime en tout : en vous, en toute chair aussi, en tout amour. Je suis votre mari pour toujours,

Paul.

Lettre de Paul Eluard à Helena Diakonova qu’il surnomme Gala

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A la voix de Kathleen Ferrier

27 Décembre 2019, 01:19am

Publié par vertuchou

Toute douceur toute ironie se rassemblaient
Pour un adieu de cristal et de brume,
Les coups profonds du fer faisaient presque silence,
La lumière du glaive s’était voilée.

Je célèbre la voix mêlée de couleur grise
Qui hésite aux lointains du chant qui s’est perdu
Comme si au delà de toute forme pure
Tremblât un autre chant et le seul absolu.

O lumière et néant de la lumière, ô larmes
Souriantes plus haut que l’angoisse ou l’espoir,
O cygne, lieu réel dans l’irréelle eau sombre,
O source, quand ce fut profondément le soir !

Il semble que tu connaisses les deux rives,
L’extrême joie et l’extrême douleur,
Là-bas, parmi ces roseaux gris dans la lumière,
Il semble que tu puises de l’éternel.

Yves Bonnefoy

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Like Someone in Love

26 Décembre 2019, 01:23am

Publié par vertuchou

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Ode sur la mélancolie

25 Décembre 2019, 02:06am

Publié par vertuchou

Non, non ! ne va point au Léthé, ni consommer
Le vin vénéneux de l'aconit aux fortes racines ;
Ne souffre pas non plus à ton front pâle le baiser
De la belladone, raisin vermeil de Proserpine ;
Ne te fais pas un chapelet des baies de l'if ;
Que ni le carabe ni le sphinx tête de mort
Ne soient ta lugubre Psyché, ni l'effraie duvetée
Une compagne à tes mystères douloureux ;
Ou l'ombre s'unira à l'ombre sommeilleuse
Pour noyer en ton âme l'angoisse qui veillait.

Mais quand du haut des cieux l'accès de mélancolie
Soudain s'abattra comme une nuée de larmes,
Redonnant vigueur aux fleurs qui ployaient,
Couvrant le vert coteau d'un suaire d'avril,
Qu'une rose du matin rassasie ton chagrin,
Ou l'arc-en-ciel naissant de la vague et du sable,
Ou la profusion des globes de pivoines ;
Que si quelque courroux embellit ta maîtresse,
Tiens serrée sa main douce et permets son délire,
Buvant profond, profond dans ses yeux sans pareils.

Elle demeure en la Beauté – Beauté qui doit périr ;
Et en la Joie, dont la main à ses lèvres à lui
Pour toujours dit adieu ; auprès du douloureux Plaisir,
Un poison que sa bouche, comme une abeille, aspire ;
Oui, c'est dans le temple même des Délices
Que se cache l'autel de la Mélancolie :
Seul le voit celui qui d'une langue énergique
À son palais délicat fait éclater les raisins de la Joie :
Son âme goûtera de Mélancolie le triste pouvoir,
Appendue parmi ses nuageux trophées

John Keats

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La poésie, comme le soleil,

24 Décembre 2019, 01:32am

Publié par vertuchou

La poésie, comme le soleil, met de l'or sur le fumier.

Tant pis pour ceux qui ne le voient pas.

Gustave Flaubert.

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Un soir

23 Décembre 2019, 01:02am

Publié par vertuchou

Il y a eu cet orage de tropique
parmi les flamboyants du plaisir
la vitre battant sur des chevelures immenses
la pluie cisaillée d'étoiles
la lumière avalée à plein ventre
à plein gosier à plein sang.

Il y a eu cette heure
d'anthracite et d'argent sous les tentures
des baisers de couteaux des rires de poudre
les niveaux de sang reversés l'un dans l'autre
 
Il y a eu
le pays sans cloison le regard sans clôture
clouant la nuque stupéfaite.
Et cette eau tendre aux nervures du corps
la fièvre du rideau calmée
la housse de nuit
sur nous bénis.

Claudine Chonez

 

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Saint-Tropez

22 Décembre 2019, 02:12am

Publié par vertuchou

Moïse Kisling, Saint-Tropez, 1918, huile sur toile, 65,2 x 54,2 cm

Moïse Kisling, Saint-Tropez, 1918, huile sur toile, 65,2 x 54,2 cm

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A Monsieur de ***

21 Décembre 2019, 01:18am

Publié par vertuchou

Quoi! de l'amitié la plus tendre,
Vous me refusez le retour!
Ah! je n'y dois donc plus prétendre!
Vous ne m'offrez que de l'amour.
Un sentiment plus vif a pénétré votre âme:
Il passera ce sentiment!
Je vois déjà s'éteindre votre flamme.
Je voulais un ami: vous n'êtes qu'un amant.

Elisabeth Guibert

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Je veux rejoindre mon étoile

20 Décembre 2019, 01:39am

Publié par vertuchou

Je veux rejoindre mon étoile. Je veux la parcourir de vie et laisser des traînées de sang sur le miroir des sentiments parce que c'est pour cela que l'on est, par pour un sourire pâle d'aube déjà mourante à peine levée, pas pour un soupir crépusculaire que rien de plus sombre que le repas du soir ne tourmente, pas pour un avenir de pain rassis de rêves réduits de chair amortie d'enfants partis
un devenir d'ombre assaillie par ses propres moisissures.
Et si cela ressemble à de l'amertume, tant pis. Qu'elle soit un coup de fouet sur mon cœur endormi et que la cosse ainsi fendue fasse naître un fruit défendu tenu par une petite fille tragique tout près de sa poitrine, car elle sait, elle, que c'est ainsi que vient la vraie parole,
la seule qui compte.

Ananda Devi, Le long désir

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Lise

19 Décembre 2019, 01:05am

Publié par vertuchou

Lise prend des airs
Qui déstabilisent
Les valises de Lise
Sont pleines d'air
Que veux-tu que je lui dise
Elle fait tout de travers
Elle fonctionne à l'envers
Sous ses airs de marquises
Les vers de Lise
Se lisent autour d'un verre
(Se lisent autour d'un verre)
Les vers de Lise
Se lisent autour d'un verre
(Se lisent autour...)
Elle ne manque pas d'air
Il faudrait que tu lises
Un ou deux de ses vers
Légers comme une brise
Lise, elle n'est jamais acquise
Ton cœur, elle te le brise
Ton âme, elle te la perd
En écrivant ses vers
Les vers de Lise
Se lisent autour d'un verre
(Les vers de Lise
Se lisent autour d'un verre)
Les vers de Lise
Se lisent autour d'un verre
(De Lise...)
Lise, une fille singulière
Elle te tourne à l'envers
Elle n'est pas si soumise
Elle te fait changer d'air
Lise, elle déguise ses vers
Pour ne pas être comprise
Pour ne pas être prise
Pour une terre à terre
Les vers de Lise
Se lisent autour d'un verre
(Les vers de Lise
Se lisent autour d'un verre)
Les vers de Lise
Se lisent autour d'un verre
(Se lisent autour...
...de Lise)

 Emilie Simon

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