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Coups de cœur
L'amour est un fantôme
Si tu ne m'as pas vu
Durant ces derniers mois
C'est que j'avais besoin de me perdre loin de toi
Retrouver mon chemin
Et reprendre mon souffle
Parfois on ne sait plus
Comment aimer quand on souffre
L'amour est un fantôme
Qu'on se doit de dompter
Il ravive les atomes
De nos blessures passées
Il m'a souvent semblé
Compliqué de jouer
Avec la lourdeur des jours qu'on m'a imposé
Le ciel m'était austère
Me paraissait opaque
Je cherchais ma lumière
Ma terre paradisiaque
Quand on se sent écrasé par les éléments
Soit on meurt, soit on court pour se sentir vivant
Peut-être que mon absence
A déjà tout détruit
Si j'en avais eu la chance
Je n'serais jamais parti
La paix ne se fait pas sans quelques aléas
Sans quelques longs silences
Sans user de patience
J'ai goûté d'autres flammes
D'autres fausses fiancées
Qui semblaient bien banales
Une fois consumées
Impossible pour moi
De trouver comparable
A ton intelligence, ta beauté implacable
Je sais que toi aussi tu as cherché ailleurs
Au fil de tes voyages as-tu trouvé meilleur?
Suis-je le seul à voir, comme une rareté magique
La fusion de nos corps, notre rencontre épique
Les promesses du matin
Sont victimes de la vie
Elle nous glisse des mains
Quand arrive la nuit
Mais les cœurs se souviennent
Une fois unifiés
Même si usés par le poids des mois séparés
Si l'erreur est humaine, peux-tu me pardonner?
D'être parti au loin, chercher ma vérité
Maintenant je le sais, oui je le sens en moi
C'est l'amour qui me dicte de mourir dans tes bras
Si tu ne m'as pas vu durant ces derniers mois
C'est que j'avais besoin de me perdre loin de toi
Retrouver mon chemin
Et reprendre mon souffle
Parfois on ne sait plus
Comment aimer quand on souffre
Si l'erreur est humaine, peux-tu me pardonner?
D'être parti au loin, chercher ma vérité
Maintenant je le sais, oui je le sens en moi
C'est l'amour qui me dicte de mourir dans tes bras
Pierre Lapointe
Et ton visage est renversé
… Et ton visage est renversé, ta bouche est fruit à consommer, à fond de barque, dans la nuit. Libre mon souffle sur ta gorge, et la montée, de toutes parts, des nappes du désir, comme aux marées de lune proche, lorsque la terre femelle s’ouvre à la mer salace et souple, ornée de bulles, jusqu’en ses mares, ses maremmes, et la mer haute dans l’herbage fait son bruit de noria, la nuit est pleine d’éclosions…
Et mon amour est sur les mers ! et ma brûlure est sur les mers !
— Saint John Perse, Amers
Chanson de la pastoure
Il n’est si joli métier
Que de mener en pâture
Ses agneaux sur la verdure,
Jamais je n’en changerai.
Qui verrait ces bergerettes
Et ces plaisants pastoureaux
S’entr’aimer par amourettes,
Tresser des fleurs en chapeaux,
Il dirait qu’il n’est sentier
Ni voye qui soit si pure,
Jamais d’autre n’aurait cure
Mais s’en voudrait contenter ;
Il n’est si joli métier.
Ces pastours sur leur musette,
Au gazouillis des oiseaux,
Vous disent des bergerettes
Et des beaux motets nouveaux ;
Ils aiment de cœur entier ;
Au son de leur turelure,
Dansent tant que l’été dure,
Autre ébat n’ont le penser.
Il n’est si joli métier.
Christine de Pisan
Dis ! quand reviendras-tu ?
Plus jamais
Plus jamais de chambre pour nous,
Ni de baisers à perdre haleine
Et plus jamais de rendez-vous
Ni de saison, d'une heure à peine,
Où reposer à tes genoux.
Pourquoi le temps des souvenirs
Doit-il me causer tant de peine
Et pourquoi le temps du plaisir
M'apporte-t-il si lourdes chaînes
Que je ne puis les soutenir ?
Rivage, oh ! rivage où j'aimais
Aborder le bleu de ton ombre,
Rives de novembre ou de mai
Où l'amour faisait sa pénombre
Je ne vous verrai plus jamais.
Plus jamais. C’est dit. C'est fini
Plus de pas unis, plus de nombre,
Plus de toit secret, plus de nid,
Plus de lèvres où fleurit et sombre
L'instant que l'amour a béni.
Quelle est cette nuit dans le jour ?
Quel est dans le bruit ce silence ?
Mon jour est parti pour toujours,
Ma voix ne charme que l'absence,
Tu ne me diras pas bonjour.
Tu ne diras pas, me voyant,
Que j'illustre les différences,
Tu ne diras pas, le croyant,
Que je suis ta bonne croyance
Et que mon coeur est clairvoyant.
Mon temps ne fut qu'une saison.
Adieu saison vite passée.
Ma langueur et ma déraison
Entre mes mains sont bien placées
Comme l'amour en sa maison.
Adieu plaisirs de ces matins
Où l'heure aux heures enlacée
Veillait un feu jamais éteint.
Adieu. Je ne suis pas lassée
De ce que je n'ai pas atteint.
Louise de Vilmorin
La chance du poème
La chance du poème : commencer, ne jamais épuiser le commencement.
Pierre Dhainaut
L'herbe tendre
D'avoir vécu le cul
Dans l'herbe tendre
Et d'avoir su m'étendre
Quand j'étais amoureux
J'aurais vécu obscur
Et sans esclandre
En gardant le cœur tendre
Le long des jours heureux
Pour faire des vieux os
Faut y aller mollo
Pas abuser de rien pour aller loin
Pas se casser le cul
Savoir se fendre
De quelques baisers tendres
Sous un coin de ciel bleu
Pas se casser le cul
Savoir se fendre
De quelques baisers tendres
Sous un coin de ciel bleu.?
Serge Gainsbourg
Jeanne Lanvin
Sonnet masculin
Lance au bout d'or, qui sais poindre et oindre,
De qui jamais la roideur ne défaut,
Quand, en camp clos, bras à bras, il me faut
Toutes les nuits au doux combat me joindre ;
Lance, vraiment, qui ne fus jamais moindre
A ton dernier qu'à ton premier assaut,
De qui le bout, bravement dressé haut,
Est toujours près de choquer et de pondre !
Sans toi le Monde un Chaos se feroit
Nature manque inhabile seroit,
Sans tes combats, d'accomplir ses offices ;
Donc si tu es l'instrument du bonheur
Par qui l'on vit, combien à ton honneur
Doit-on de vœux combien de sacrifices ?
Pierre de Ronsard
