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J'aime la poésie française contemporaine

13 Juin 2019, 02:02am

Publié par vertuchou

J'aime la poésie française contemporaine qui s'écrit
sur les différents continents parce qu'elle est écrite
autant avec la tête qu'avec le ventre.

La solidarité avec tous ceux qui s'opposent,
tel est le sens de mon engagement en poésie.

Et, si la poésie ne peut changer le monde,
elle aide à vivre.

Anise Koltz

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La nature

12 Juin 2019, 01:58am

Publié par vertuchou

La nature est tout ce qu’on voit,
Tout ce qu’on veut, tout ce qu’on aime.
Tout ce qu’on sait, tout ce qu’on croit,
Tout ce que l’on sent en soi-même.

Elle est belle pour qui la voit,
Elle est bonne à celui qui l’aime,
Elle est juste quand on y croit
Et qu’on la respecte en soi-même.

Regarde le ciel, il te voit,
Embrasse la terre, elle t’aime.
La vérité c’est ce qu’on croit
En la nature c’est toi-même.

George Sand

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Capricho Arabe

11 Juin 2019, 02:16am

Publié par vertuchou

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Nouveau gouvernement

10 Juin 2019, 02:25am

Publié par vertuchou

Ceux-là mêmes qui appauvrissent les pauvres
font fi de la fertilité de la terre
ils privatisent ce qui appartient à tout le monde
ils déforestent le sens des mots
ils rognent les liens entre ici et là-bas
ils se présentent comme des princes de la culture.
Cela ne me fait pas douter de la culture
mais certainement
haïr doublement de tels princes.
 
Jorge Reichmann

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Elle montait devant lui

9 Juin 2019, 02:10am

Publié par vertuchou

Elle montait devant lui, lentement, mollement, avec une sorte de rythme. Son manteau, doublé d'une fourrure aussi neigeuse que le duvet des cygnes, n'était plus maintenu par l'agrafe et glissait autour de son buste, laissant les épaules découvertes. Ces épaules émergeaient, pâles comme de l'ivoire poli, divisées par un sillon délicat, et les omoplates se perdaient sous les dentelles du corsage avec je ne sais quelle fuyante et douce inflexion d'ailes.

Gabriele D'Annunzio, L'enfant de volupté

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Le monde s'est dédoublé

8 Juin 2019, 02:36am

Publié par vertuchou

Ce matin il est arrivé une chose bien étrange
Le monde s'est dédoublé
Je ne percevais plus les choses comme des choses réelles
Le monde s'est dédoublé
J'ai pris peur j'ai crié que quelqu'un me vienne en aide
Le monde s'est dédoublé
J'ai accueilli un ami qui m'a pris dans ses bras
Et m'a murmuré tout bas

Regarde derrière les nuages
Il y a toujours le ciel bleu azur
Qui lui vient toujours en ami
Te rappeler tout bas
Que la joie est toujours à deux pas

Il m'a dit prends patience
Mon ami prends patience
Vers un nouveau rivage
Ton cœur est emporté
L'ancien territoire t'éclaire de ses phares
T'éclaire de ses phares

Ce matin il est arrivé une chose bien étrange
Le monde s'est dédoublé
J'ai senti le temps se fendre un instant sur les visages même
Le monde s'est dédoublé
Vos corps que je percevais hier encore dans leur exactitude
Ont perdu leur densité

Regarde derrière les nuages
Il y a toujours le ciel bleu azur

Qui lui vient toujours en ami
Te rappeler tout bas
Que la joie est toujours à deux pas
Il m'a dit prends patience
Mon ami prends patience
Vers un nouveau rivage
Ton cœur est emporté
L'ancien territoire t'éclaire de ses phares

Regarde en dessous de la nuit
Y'a toujours le jour qui pose ses lumières
Sur un coin de la terre
Te rappelant tout bas
Que la joie est toujours à deux pas
Je te dis prends patience
Mon ami prends patience
Vers un nouveau rivage
Ton cœur est emporté

L'ancien territoire t'éclaire de ses phares

Regarde derrière les nuages
Il y a toujours le ciel bleu azur
Qui lui vient toujours en ami
Te rappeler tout bas
Que la joie est toujours à deux pas
Il m'a dit prends patience
Mon ami prends patience
Vers un nouveau rivage
Ton cœur est emporté
L'ancien territoire t'éclaire de ses phares
T'éclaire de ses phares

---Clara Ysé

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Nu bleu IV

7 Juin 2019, 02:30am

Publié par vertuchou

Henri Matisse, Nu bleu IV, 1952

Henri Matisse, Nu bleu IV, 1952

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Au milieu du chemin j’avais une pierre

6 Juin 2019, 02:18am

Publié par vertuchou

Au milieu du chemin j’avais une pierre
j’avais une pierre au milieu du chemin
j’avais une pierre
au milieu du chemin j’avais une pierre.
Jamais je n’oublierai cet évènement
dans la vie de mes rétines tant fatiguées.
Jamais je n’oublierai qu’au milieu du chemin
j’avais une pierre
j’avais une pierre au milieu du chemin
au milieu du chemin j’avais une pierre.

Carlos Drummond de Andrade

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J’entends par poésie

5 Juin 2019, 02:14am

Publié par vertuchou

J’entends par poésie non pas le charmant ornement qu’on y voit généralement,
mais la manifestation radicale et intransigeante d’une façon d’être au monde
 et de penser le monde qui a des conséquences dans tous les ordres de la vie,
sociale, morale et politique.
Poésie désigne cet état de la conscience à vif qui, jouissant de l’inconnu
et de l’imprévu, récuse toute clôture du sens, c’est-à-dire toutes ces scléroses,
concepts péremptoires, identifications fixes, catégorisations en tout genre
qui répriment la vie, ce mouvement perpétuel, et nous font manquer la réalité
telle qu’elle est vraie et telle que le poète et l’artiste la perçoivent
 et la restituent : d’une insolente et infinie profondeur de champ.

Jean-Pierre Siméon

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Le meilleur moment des amours

4 Juin 2019, 01:41am

Publié par vertuchou

Le meilleur moment des amours
N'est pas quand on a dit : "Je t'aime"
Il est dans le silence même
À demi rompu tous les jours ;

Il est dans les intelligences
Promptes et furtives des cœurs ;
Il est dans les feintes rigueurs
Et les secrètes indulgences ;

Il est dans le frisson du bras
Où se pose la main qui tremble,
Dans la page qu'on tourne ensemble
Et que pourtant on ne lit pas.

Heure unique où la bouche close
Par sa pudeur seule en dit tant ;
Où le cœur s'ouvre en éclatant
Tout bas, comme un bouton de rose ;

Où le parfum seul des cheveux
Parait une faveur conquise !
Heure de la tendresse exquise
Où les respects sont des aveux.


Sully Prudhomme.

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