Sonate au clair de la lune
Beethoven, sonate au clair de la lune interprétée par Nelson Freire
Coups de cœur
Beethoven, sonate au clair de la lune interprétée par Nelson Freire
C'est fait, belle Caliste, il n'y faut plus penser :
Il se faut affranchir des lois de votre empire ;
Leur rigueur me dégoûte, et fait que je soupire
Que ce qui s'est passé n'est à recommencer.
Plus en vous adorant je me pense avancer,
Plus votre cruauté, qui toujours devient pire,
Me défend d'arriver au bonheur où j'aspire,
Comme si vous servir était vous offenser :
Adieu donc, ô beauté, des beautés la merveille
Il faut qu'à l'avenir la raison me conseille,
Et dispose mon âme à se laisser guérir.
Vous m'étiez un trésor aussi cher que la vie :
Mais puisque votre amour ne se peut acquérir,
Comme j'en perds l'espoir, j'en veux perdre l'envie.
François de Malherbe
La poésie est cette vie de secours où l'on apprend à s'évader des conditions du réel,
pour y revenir en force et le faire prisonnier.
Leon-Paul Fargue
Personne ne nous pétrira de nouveau dans la terre et l'argile,
personne ne soufflera la parole sur notre poussière.
personne.
Loué sois-tu, Personne.
C'est pour toi que nous voulons
fleurir
A ta
rencontre.
Un rien,
voilà ce que nous fûmes, sommes et
resterons, fleurissant :
la rose de Rien, la
rose de Personne
Avec
la clarté d'âme du pistil
l'âpreté céleste de l'étamine,
la couronne rouge
du mot pourpre que nous chantions,
au-dessus, ô, au-dessus
de l'épine.
Paul Celan
PSALM
Niemand knetet uns wieder aus Erde und Lehm,
niemand bespricht unsern Staub.
Niemand.
Gelobt seist du, Niemand.
Dir zulieb wollen
wir blühn.
Dir
entgegen
Ein Nichts
waren wir, sind wir, werden wir
bleiben, blühend :
die Nichts-, die
Niemandsrose
Mit
dem Griffel seelenhell,
dem Staubfaden himmelswüst,
der Krone rot
vom Purpurwort, das wir sagen
über, o über
dem Dorn.
Paul Celan
(à la mémoire d'Ossip Mandelstam)
“De l’Être il est un Oiseau
Tout pareil au Duvet
Qu’un Vent Léger met à flot
Sur – les Cieux Universels -
Il monte – et vire – et tournoie -
Rivalise avec les Nuages
Par son vol fluide – égal – éblouissant –
Les Oiseaux n’en diffèrent pas -
Sinon qu’un Sillage de Musique
Accompagnent leurs ailes -
Comme si le Duvet émettait un Chant -
Pour l’Extase – même”
.
Emily Dickinson
Sans Poésie - libre, follement libre - l'univers serait boule morte.
La poésie aux lèvres rouges : la potion magique pour guérir, peut-être,
l'angoisse électrique de l'inconnu qui écrivit une certaine heure de fièvre
sur les murs de Mai 1968 : « Y a-t-il une vie avant la mort ? »
André Laude
Magique démarche des nuits incomplètes
des nuits avalés en hâte de boissons amères avalées en hâte
nuits enfouies sous le terreux paillasson de nos lentes passions
rêves arides par de longs regards de corbeaux becquetés
salis mouillés lambeaux de nuit nous avons élevé
en nous chacun de nous une tour de couleur si hautaine
que la vue ne s'accroche plus au-delà des montagnes et des eaux
que le ciel ne se détourne plus de nos filets de pêche aux étoiles
que les nuages se couchent à nos pieds comme chiens de chasse
et que nous pouvons regarder le soleil en face jusqu'à l'oubli
et pourtant mon repos ne trouve sa raison
que dans le nid de tes bras la marée de le nuit
après l'éclat des orages criards ruisselle la mort
c'est le corps décousu d'une panoplie de la terre
qui s'égrène au collier de nos rêves d'oubli
Tristan Tzara
C’est une âme charmante
Diderot.
Enfant ! si j’étais roi, je donnerais l’empire,
Et mon char, et mon sceptre, et mon peuple à genoux,
Et ma couronne d’or, et mes bains de porphyre,
Et mes flottes, à qui la mer ne peut suffire,
Pour un regard de vous !
Si j’étais Dieu, la terre et l’air avec les ondes,
Les anges, les démons courbés devant ma loi,
Et le profond chaos aux entrailles fécondes,
L’éternité, l’espace, et les cieux, et les mondes,
Pour un baiser de toi !
Victor Hugo