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Vertuchou.over-blog.com

Interprétation

6 Juillet 2016, 03:50am

Publié par vertuchou

Des arbres que nous avons plantés il y a un siècle,
Vous allez en récolter la diversité.
Bien que l'arbre soit le même, la fleur toujours la même,
Vous en verrez, vous, un fruit différent.

Nous, les planteurs de l'arbre, perdus à tout jamais
Vous allez nous croire présents en vous.
Interprétation des interprétations
D'ailleurs tout est interprétation.

Zahrad

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New York, Grand Central Terminal

5 Juillet 2016, 03:44am

Publié par vertuchou

John Collier - New York, Grand Central Terminal, 1941

John Collier - New York, Grand Central Terminal, 1941

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Vous m’avez dit, tel soir…

4 Juillet 2016, 03:12am

Publié par vertuchou

Vous m’avez dit, tel soir, des paroles si belles
Que sans doute les fleurs, qui se penchaient vers nous,
Soudain nous ont aimés et que l’une d’entre elles,
Pour nous toucher tous deux, tomba sur nos genoux.

Vous me parliez des temps prochains où nos années,
Comme des fruits trop mûrs, se laisseraient cueillir ;
Comment éclaterait le glas des destinées,
Comment on s’aimerait, en se sentant vieillir.

Votre voix m’enlaçait comme une chère étreinte,
Et votre cœur brûlait si tranquillement beau
Qu’en ce moment, j’aurais pu voir s’ouvrir sans crainte
Les tortueux chemins qui vont vers le tombeau.

 

Emile Verhaeren

 


 

 

 

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Il faut que dans le vers chaque mot

3 Juillet 2016, 02:56am

Publié par vertuchou

Il faut que dans le vers chaque mot soit à la place, comme s’il y était déjà depuis mille ans,

mais que le lecteur l’entende pour la première fois.

C’est très difficile, mais quand on y parvient, les gens disent :

« C’est de moi qu’il s’agit. C’est comme si c’était moi qui l’avais écrit. »

Anna Akhmatova

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Quand tu viens

2 Juillet 2016, 03:42am

Publié par vertuchou

Voulons-nous cacher le jour dans le calice de la nuit,

alors nous aspirons vers la nuit.

Nos corps sont étoiles d'or,

qui veulent s'embrasser-s'embrasser.

Sens-tu le parfum des roses ensommeillées

sur les herbes sombres -

ainsi devra être notre nuit.

Nos corps d'or veulent s'embrasser.

Toujours je sombre de nuit en nuit.

tous les cieux fleurissent denses de notre amour flamboyant.

S'embrasser veulent nos corps, s'embrasser - s'embrasser.

Else Lasker-Schüler

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Rythme Couleur 1076

1 Juillet 2016, 03:36am

Publié par vertuchou

Sonia Delaunay (1885-1979), Rythme Couleur 1076, huile sur toile 154 X 158 cm, 1939

Sonia Delaunay (1885-1979), Rythme Couleur 1076, huile sur toile 154 X 158 cm, 1939

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Impromptu

30 Juin 2016, 03:35am

Publié par vertuchou

En réponse à cette question: Qu’est-ce que la poésie ?

Chasser tout souvenir et fixer la pensée,
Sur un bel axe d’or la tenir balancée,
Incertaine, inquiète, immobile pourtant;
Eterniser peut-être un rêve d’un instant;
Aimer le vrai, le beau, chercher leur harmonie;
Ecouter dans son cœur l’écho de son génie;
Chanter, rire, pleurer, sans but, au hasard;
D’un sourire, d’un mot, d’un soupir, d’un regard,
Faire un travail exquis, plein de crainte et de charme,
Faire une perle d’une larme:
Du poète ici-bas voilà la passion,
Voilà son bien, sa vie et son ambition.

Alfred de Musset

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Chaque fois qu’elle déplaçait sa tête

29 Juin 2016, 03:31am

Publié par vertuchou

Chaque fois qu’elle déplaçait sa tête, elle créait une femme nouvelle, souvent

insoupçonnée de moi. Il me semblait posséder non pas une, mais d’innombrables

jeunes filles.

Sa respiration, peu à peu plus profonde, soulevait maintenant régulièrement s

a poitrine et, par-dessus elle, ses mains croisées, ses perles, déplacées

d’une manière différente par le même mouvement, comme ces barques,

ces chaînes d’amarre que fait osciller le mouvement du flot.

Alors, sentant que son sommeil était dans son plein, que je ne me heurterais pas

à des écueils de conscience recouverts maintenant par la pleine mer

du sommeil profond, délibérément, je sautais sans bruit sur le lit,

je me couchais au long d’elle, je prenais sa taille d’un de mes bras,

je posais mes lèvres sur sa joue et sur son cœur ; puis, sur toutes les parties

de son corps, posais ma seule main restée libre et qui était soulevée aussi,

comme les perles, par la respiration d’Albertine ;

moi-même, j’étais déplacé légèrement par son mouvement régulier :

je m’étais embarqué sur le sommeil d’Albertine.»

Marcel Proust, La prisonnière

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Fresque peinte sur un mur obscur

28 Juin 2016, 03:19am

Publié par vertuchou

Je me souviens d'un paysage
dans un musée de Bruges
et de son impossible secret
caché derrière les ors et les colonnes
d'un monde trop sûr de lui même

Je me souviens d'une rivière fuyant
vers son point obscur
dans le bleu tremblé
d'impossibles collines

peut-être était-ce alors
étreignant tes mains
notre propre désir voué aux lointains
que je lisais
et là dans la faible palpitation des couleurs
ce signe hors d'atteinte
qui est le nom de notre amour

Jean-Pierre Siméon

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Jardin d'hiver

27 Juin 2016, 03:29am

Publié par vertuchou

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