Ich hatte viel Bekümmernis
Jean-Sébastien Bach, Cantate BWV 21: Ich hatte viel Bekümmernis (17 June 1714), La Chapelle Royale & Collegium Vocale Gent, direction : Philippe Herreweghe.
Coups de cœur
Jean-Sébastien Bach, Cantate BWV 21: Ich hatte viel Bekümmernis (17 June 1714), La Chapelle Royale & Collegium Vocale Gent, direction : Philippe Herreweghe.
Pétales de pivoine
Trois pétales de pivoine
Rouges comme une pivoine
Et ces pétales me font rêver
Ces pétales ce sont
Trois belles petites dames
À peau soyeuse et qui rougissent
De honte
D’être avec des petits soldats
Elles se promènent dans les bois
Et causent avec les sansonnets
Qui leur font cent sonnets
Elles montent en aéroplane
Sur de belles libellules électriques
Dont les élytres chatoient au soleil
Et les libellules qui sont
De petites diablesses
Font l’amour avec les pivoines
C’est un joli amour contre nature
Entre demoiselles et dames
Trois pétales dans la lettre
Trois pétales de pivoine.
Guillaume Apollinaire
Lhasa de Sala
Vivant ne vivant plus
les amants séparés
ne peuvent pas dormir
redisant le nom de l'amour
et de la source inconsolable
Criant ne criant plus
la bouche enfoncée dans la nuit
ils roulent sur l'oreiller impossible du temps
et c'est le temps qui les nourrit
Leurs deux noms enlacés dans la matière noire
les amants séparés ne peuvent pas dormir
priant que le temps passe
priant et suppliant
que le temps de l'amour ne passe jamais
vivant ne vivant plus
vivant l'inexorable.
Henry Bachau
Reste. N'allume pas la lampe. Que nos yeux
S'emplissent pour longtemps de ténèbres, et laisse
Tes bruns cheveux verser la pesante mollesse
De leurs ondes sur nos baisers silencieux.
Nous sommes las autant l'un que l'autre. Les cieux
Pleins de soleil nous ont trompés. Le jour nous blesse.
Voluptueusement berçons notre faiblesse
Dans l'océan du soir morne et délicieux.
Lente extase, houleux sommeil exempt de songe,
Le flux funèbre roule et déroule et prolonge
Tes cheveux où mon front se pâme enseveli…
Ô calme soir, qui hais la vie et lui résistes,
Quel long fleuve de paix léthargique et d'oubli
Coule dans les cheveux profonds des brunes tristes.
Catulle Mendès
Je crois que l’on sent la poésie comme la musique,
comme l’amour, ou comme l’amitié, ou toutes les choses du monde.
L’explication vient après.
Jorge Luis Borges
Ils écrivent sur la rue :
ils assemblent
précautionneusement
des mots.
Ils les prennent
syllabe après syllabe,
ils choisissent, unissent,
complètent,
ils leurs frappent
légèrement dessus,
puis continuent.
Maillet,
sueur,
leur signature.
António Osório
Une pensée m'a surgi en l'esprit aujourd'hui
Que j' ai eue auparavant
Mais n'avais point achevée, il y a quelque temps,
Je n'ai pu fixer l'année.
Ni où elle s'en alla, ni pourquoi
Elle m'est revenue une seconde fois ;
Et de dire exactement ce qu'elle était,
Je n'en ai point l'art.
Mais quelque part dans mon âme, je le sais,
J'ai déjà rencontré la chose ;
Elle m'a fait souvenir, c'est tout,
Et vers moi n'est plus revenue.
- Emily Dickinson