La poésie est un flot de joie
La poésie est un flot de joie, de douleur et de merveilles avec un brin d'alphabet.
Le poète est en quête perpétuelle de la note cristalline de son cœur.
Khalil Gibran, Le sable et l'écume
Coups de cœur
La poésie est un flot de joie, de douleur et de merveilles avec un brin d'alphabet.
Le poète est en quête perpétuelle de la note cristalline de son cœur.
Khalil Gibran, Le sable et l'écume
Lèvres qui ressemblez aux livres entrouverts
Livres qui ressemblez aux lèvres refermées
Lèvres, livres d’aimer où la louve s’entend
Lèvres livrées aux vents de la douceur du temps
Lèvres en un rire ourlées qui s’en vont se cherchant
Lèvres, frémir de sang sans un mot prononcé
déchirées au réveil, et qui s’en vont criant
l’inaudible secret des flammes renversées.
Lèvres à tout jamais fermées sur le miroir
Lèvres du Canal Grande et Fenice d’un soir
Effacées, oubliées sans entendre ni voir
un loup sur le visage, un masque s’approcher
Lèvres cousues au fil de quatre chevaux blancs
Lèvres pulpes de vin et moirures du vent
Lèvres scellées un doigt sur le soleil levant
Tremblantes lèvres nues des folles chevauchées…
Pierre Seghers
Arcangelo Corelli (1653-1713) Opus. 5, Sonate n°8 pour violon en mi mineur (Rome, 1700)
Comme resplendit
A mes yeux la nature !
Comme le soleil brille !
Comme rit la campagne !
Les fleurs jaillissent
De chaque rameau
Et mille voix
Hors des buissons
Et joie et délices
De tous les cœurs.
O terre, ô soleil,
O bonheur, ô plaisir
O amour, amour,
Splendeur dorée
Comme là-haut, sur ces collines
Les nuages au matin,
Tu bénis magnifique
Le champ verdissant -
Dans la brume de fleurs
Le monde gonflé de sève !
O jeune fille, jeune fille
Combien je t’aime !
Comme ton regard luit
Comme tu m’aimes !
Comme l’alouette aime
L’air et les champs,
Et les fleurs du matin
La rosée du ciel,
Ainsi je t’aime
D’un sang plein de vie,
Toi qui me donnes
Jeunesse et joie, et le désir
De chants nouveaux
Et de danses nouvelles
Éternellement sois heureuse
Comme tu m’aimes.
Goethe
"Bien sûr rien d’autre ne se produisit ce jour-là,
que cette capture silencieuse d’un homme dans une femme
et d’une femme dans un regard.
Il n’advint rien,
que ce silence plein de choses sues,
d’évidences indéfiniment jouées,
ce langage d’éclairs, d’eau et de lumière
que parle les yeux,le sabir du désir
qui n’a de mystère que celui des choses tues,
un faux mystère, puisque nous n’avons pas besoin des mots
pour reconnaître une attraction."
Alice Ferney, La conversation amoureuse
Je cours, tu marches, et on s’enfuit,
Loin d’une terre qui nous arrache,
Nos âmes, nos forces, nos jours et nuits,
Nos idéaux vivent sans relâche.
Loin d’une terre qui nous arrache,
Nos âmes, nos forces, nos jours et nuits,
Je garderai cet air bravache,
Qui dans le drame me poursuit.
Je cours, tu marches, et on s’enfuit,
Nos idéaux vivent sans relâche,
Loin d’une terre qui nous arrache,
Nos âmes, nos forces, nos jours et nuits.
Aliénor Samuel-Hervé
Cette fontaine est froide, et son eau doux-coulante,
À la couleur d’argent, semble parler d’Amour ;
Un herbage mollet reverdit tout autour,
Et les aunes font ombre à la chaleur brûlante.
Le feuillage obéit à Zéphyr qui l’évente,
Soupirant, amoureux, en ce plaisant séjour ;
Le soleil clair de flamme est au milieu du jour,
Et la terre se fend de l’ardeur violente.
Passant, par le travail du long chemin lassé,
Brûlé de la chaleur et de la soif pressé,
Arrête en cette place où ton bonheur te mène ;
L’agréable repos ton corps délassera,
L’ombrage et le vent frais ton ardeur chassera,
Et ta soif se perdra dans l’eau de la fontaine.
Philippe Desportes
Le poème est tissé à partir du silence, pareil à un foulard, fin comme l’air,
glissant librement à travers un anneau. Des milliers de motifs, de signes
et d’ornements ne modifieraient pas son essence magique.
Aussi énigmatique qu’un rêve,il nous montre des visages infinis,
mais lui-même nous reste inconnu et inaccessible. Il est pourtant
capable de faire surgir entre de parfaits étrangers des ponts
de reconnaissance d’un blanc éclatant, — car ceux que
des mondes entiers séparent se ressemblent souvent
au fond d’eux-mêmes.
Doris Kareva
Pour tout ce que j'aurais dû penser
Et que je n'ai pas pensé
Pour tout ce que j'aurais dû dire
Et que je n'ai pas dit
Pour tout ce que j'aurais dû faire
Et que je n'ai pas fait
Pour tout ce que j'aurais dû donner
Et que je ne t'ai pas encore donné.
Paris, le 8 avril 2001.
Patricia Tutoy