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Vertuchou.over-blog.com

L’ombre de Hiroshima

6 Août 2014, 08:16am

Publié par vertuchou

L’ombre d’un homme est tapie sur les marches :
elle est gravée dans la pierre, — à tout jamais.
Elle fut inscrite là par le maître atome !
Ainsi qu’un chien hurle à la mort
ainsi le souvenir aboie entre les murs,
hurle vers une tour noire, triste et brûlée…

L’homme est mort mais l’ombre crie :
« où donc est celui-ci que je fus ? Qui l’a tué ? »
Les ruines font silence. Un fil de fer s’accroche
à un cerisier qui honore ses fleurs.
Le printemps, jambes brisées,
hors des gravats veut s’élancer.

Hiroshima ! Oh ! beaux seins de femmes, brûlés
au cœur des flammes, saignants !
Tes enfants sont orphelins…
L’ombre crie : « Où sont-ils, qui furent sans pitié ?
où sont-ils, qui descendirent avec des torches aveuglantes,
et détruisirent berceaux, lèvres, proches et parents ? »

Hiroshima ! L’ombre d’un homme est tapie
sur une roche. À tout jamais, gravée dans la pierre !
La feuille pousse, ensuite tombe de l’arbre ;
L’ombre, seule, ne peut se détacher.
Elle demeure. Elle ne s’accoutume pas à cette absence
d’homme, parmi les ruines informes…

« Es-tu mon homme ? » — demande-t-elle
à tous ceux qui passent auprès d’elle,
et tous de répondre, assombris :
« non ! non ! ce n’est pas moi, pauvre ombre… »
Et l’ombre contemple, contemple toujours,
ceux qui passent auprès d’elle…

Et passent les passants, avec leur ombre,
l’un vite, l’autre lentement.
L’ombre, seule, demeure, n’a aucune hâte.
Voyez ! Elle n’a pas d’homme qui l’emmène au travail…
Puis, de tous ces vivants, aucun, sous le soleil,
ne passe sans une ombre !

L’ombre demeure au poste, sentinelle.
Elle veille, à tout jamais,
afin que ne revienne pas ce qui a été,
afin que plus jamais ne s’abatte l’orage,
afin que la flamme nucléaire ne consume pas
le printemps de l’humanité.

Mihai Beniuc

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Faramondo

5 Août 2014, 05:00am

Publié par vertuchou

Georg Friedrich Haendel, Faramondo, opéra en trois actes, 1737

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La poésie est la vibration

4 Août 2014, 04:58am

Publié par vertuchou

La poésie est la vibration de la matière

Eugène Guillevic

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Rémanence

3 Août 2014, 04:55am

Publié par vertuchou

De quoi souffres-tu ?
Comme si s’éveillait dans la maison sans bruit l’ascendant d’un visage qu’un aigre miroir semblait avoir figé.Comme si la haute lampe et son éclat abaissé sur une assiette aveugle, tu soulevais vers ta gorge serrée la table ancienne avec ses fruits.
Comme si tu revivais tes fugues dans la vapeur du matin à la rencontre de la révolte tant chérie, elle qui su, mieux que toute tendresse, te secourir et t’élever.
Comme si tu condamnais, tandis que ton amour dort, le portail souverain et le chemin qui y conduit.
De quoi souffres-tu ?
De l’irréel intact dans le réel dévasté ?
De leurs détours aventurés, cerclés d’appel et de sang ?
De ce qui fut choisi et ne fut pas touché ?
De la rive du bon au rivage gagné ?
Du présent irréfléchi qui disparaît ?
D’une étoile qui s’est la folle, rapprochée et qui va mourir avant moi ?

René Char

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Poème à Yvonne

2 Août 2014, 04:53am

Publié par vertuchou

Vous dont je ne sais pas le nom ô ma voisine
Mince comme une abeille ô fée apparaissant
Parfois à la fenêtre et quelquefois glissant
Serpentine onduleuse à damner ô voisine
Et pourtant sœur des fleurs ô grappe de glycine
En robe verte vous rappelez Mélusine
Et vous marchez à petits pas comme dansant
Et quand vous êtes en robe bleu-pâlissant
Vous semblez Notre-Dame des fleurs ô voisine
Madone dont la bouche est une capucine
Sinueuse comme une chaîne de monts bleus
Et lointains délicate et longue comme un ange
Fille d'enchantements mirage fabuleux
Une fée autrefois s'appelait Mélusine
Ô songe de mensonge avril miraculeux
Tremblante et sautillante ô vous l'oiselle étrange
Vos cheveux feuilles mortes après la vendange
Madone d'automne et des printemps fabuleux
Une fée autrefois s'appelait Mélusine
Êtes-vous Mélusine ô fée ô ma voisine


Guillaume Apollinaire

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Portrait IV

1 Août 2014, 04:50am

Publié par vertuchou

Joan Miró, Portrait IV, huile sur toile, 130 x 97 cm, 1938

Joan Miró, Portrait IV, huile sur toile, 130 x 97 cm, 1938

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La poésie, ce n’est pas seulement

31 Juillet 2014, 04:09am

Publié par vertuchou

La poésie, ce n’est pas seulement le maniement du langage, ce n’est pas

seulement un exercice d’écriture, c’est une synthèse du vécu,

comme on dit maintenant, de l’à-vivre et de l’expérience-jeu du langage.

C’est l’équation : vivre = langage.

S’il n’y a pas l’expérience-vivre à l’origine, si ce sont des jeux avec les mots,

pour moi ce n’est pas de la poésie. »

Eugène Guillevic

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Apothéose

30 Juillet 2014, 04:38am

Publié par vertuchou

La beauté viendra

Elle apparaîtra

Étincelante

Imprégnée

De l’essence des rêves

Et le Verbe te dictera

Le chant des étoiles

Francis Panigada

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L'orage

29 Juillet 2014, 04:06am

Publié par vertuchou

Parmi les pommes d’or que frôle un vent léger
Tu m’apparais là-haut, glissant de branche en branche,
Lorsque soudain l’orage accourt en avalanche
Et lacère le front ramu du vieux verger.

Tu fuis craintive et preste et descends de l’échelle
Et t’abrites sous l’appentis dont le mur clair
Devient livide et blanc aux lueurs de l’éclair
Et dont sonne le toit sous la pluie et la grêle.

Mais voici tout le ciel redevenu vermeil.
Alors, dans l’herbe en fleur qui de nouveau t’accueille,
Tu t’avances et tends, pour qu’il rie au soleil,
Le fruit mouillé que tu cueillis, parmi les feuilles.

Emile Verhaeren

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Composition avec lignes noires

28 Juillet 2014, 04:55am

Publié par vertuchou

Piet Mondrian, Composition avec lignes noires, 1917

Piet Mondrian, Composition avec lignes noires, 1917

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