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Canal en Flandres

13 Mars 2014, 05:07am

Publié par vertuchou

Theo Van Rysselberghe (1862-1926), Canal en Flandres, 1894, huile sur toile, 152.4 x 203.2,

Theo Van Rysselberghe (1862-1926), Canal en Flandres, 1894, huile sur toile, 152.4 x 203.2,

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Elle, séparée

12 Mars 2014, 04:48am

Publié par vertuchou

Cette femme a vécu
Je vois mieux son visage
qui ne regarde pas que moi
mais tant d’autres et l’ombre

Je connais seulement maintenant
alors qu’elle s’achève
sa trajectoire sur cette terre
sa courbe scintillante
son tremblement

Je ne savais donc rien d’elle
à quel point elle était séparée
profonde

Je croyais que je l’aimais
ou la détestais
mais c’était sans importance
Elle s’inscrivait
dans chaque atome

Elle passait
librement
ses mains comme des feuilles

Elle laissait des images
sur un chemin, à une table, devant le feu
son corps changeant à travers les âges
Elle lançait des paroles

Les instants étaient les pièces d’un puzzle
Maintenant se révèle toute sa présence
l’existence d’un nom secret
que personne ne peut prononcer

Son nom de vivante
je le porte en moi comme jamais

Catherine Leblanc

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Voeu

11 Mars 2014, 18:13pm

Publié par vertuchou

Ainsi qu'on choisit une rose
Dans les guirlandes de Sarons,
Choisissez une vierge éclose
Parmi les lis de vos vallons.
LAMARTINE.


Si j'étais la feuille que roule
L'aile tournoyante du vent,
Qui flotte sur l'eau qui s'écoule,
Et qu'on suit de l'oeil en rêvant ;

Je me livrerais, fraîche encore,
De la branche me détachant,
Au zéphyr qui souffle à l'aurore,
Au ruisseau qui vient du couchant.

Plus loin que le fleuve, qui gronde,
Plus loin que les vastes forêts,
Plus loin que la gorge profonde,
Je fuirais, je courrais, j'irais !

Plus loin que l'antre de la louve,
Plus loin que le bois des ramiers,
Plus loin que la plaine où l'on trouve
Une fontaine et trois palmiers ;

Par delà ces rocs qui répandent
L'orage en torrent dans les blés,
Par delà ce lac morne, où pendent
Tant de buissons échevelés ;

Plus loin que les terres arides
Du chef maure au large ataghan,
Dont le front pâle a plus de rides
Que la mer un jour d'ouragan.

Je franchirais comme la flèche
L'étang d'Arta, mouvant miroir,
Et le mont dont la cime empêche
Corinthe et Mykos de se voir.

Comme par un charme attirée,
Je m'arrêterais au matin
Sur Mykos, la ville carrée,
La ville aux coupoles d'étain.

J'irais chez la fille du prêtre,
Chez la blanche fille à l'oeil noir,
Qui le jour chante à sa fenêtre,
Et joue à sa porte le soir.

Enfin, pauvre feuille envolée,
Je viendrais, au gré de mes voeux,
Me poser sur son front, mêlée
Aux boucles de ses blonds cheveux ;

Comme une perruche au pied leste
Dans le blé jaune, ou bien encor
Comme, dans un jardin céleste,
Un fruit vert sur un arbre d'or.

Et là, sur sa tète qui penche,
Je serais, fût-ce peu d'instants,
Plus fière que l'aigrette blanche
Au front étoilé des sultans.

Victor Hugo

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GB. England, Leeds

10 Mars 2014, 04:38am

Publié par vertuchou

Marc Riboud,  GB. England, Leeds, 1954.

Marc Riboud, GB. England, Leeds, 1954.

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Pourquoi la peau des lèvres est-elle si douce ?

9 Mars 2014, 04:47am

Publié par vertuchou

La douceur des lèvres - on peut retourner la question dans tous les sens - ne se justifie que pour donner des baisers.
[...] Quand Libert l'a embrassée pour la première fois, les lèvres de Thérèse sont parties toutes seules à la rencontre des siennes. Sûrement, elles cherchaient d'elles-mêmes la place qui est la leur, comme le poussin se glisse, à peine éclos, sous l'aile de sa mère.
Et une fois arrivées à destination, quel étrange délice ! Cela ne ressemblait à rien de connu. Les lèvres, inutiles de le dire, étaient ravies, mais surtout, elles tenaient absolument à le faire savoir au reste du corps. De lointaines extrémités, qui jusqu'alors avaient mené une existence paisible et effacée, s'ébrouaient, se dressaient, réclamaient, un peu affolées, qu'on s'intéresse à elles. Et pour les rassurer, Thérèse ne trouvait d'autre ruse que de les confier aux mains vigoureuses de Libert.

Armel Job, Baigneuse nue sur un rocher

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Standards

8 Mars 2014, 04:22am

Publié par vertuchou

Keith Jarrett trio : Keith Jarrett (piano), Gary Peacock (contrebasse) et Jack Dejohnette (batterie)

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A dream within a dream / Un songe dans un songe

7 Mars 2014, 04:20am

Publié par vertuchou

Take this kiss upon the brow !
And, in parting from you now,
Thus much let me avow —
You are not wrong, who deem
That my days have been a dream ;
Yet if hope has flown away
In a night, or in a day,
In a vision, or in none,
Is it therefore the less gone ?
All that we see or seem
Is but a dream within a dream.

I stand amid the roar
Of a surf-tormented shore,
And I hold within my hand
Grains of the golden sand —
How few ! yet how they creep
Through my fingers to the deep,
While I weep — while I weep !
O God ! can I not grasp
Them with a tighter clasp ?
O God ! can I not save
One from the pitiless wave ?
Is all that we see or seem
But a dream within a dream ?


Edgar Allan Poe (1849)

Sur le front reçois ce baiser !
Maintenant qu’on va se quitter,
Alors, laisse-moi t’avouer
Que tu ne fis aucun mensonge
En jugeant ma vie comme un songe ;
Mais si mon espoir s’est enfui,
Dans le jour ou bien dans la nuit,
Dans l’illusion ou le néant,
N’en est-il donc pas moins absent ?
Car partout où le regard plonge,
Tout n’est que songe dans un songe.

Je suis debout dans la tourmente
D’un rivage aux vagues démentes
Et je tiens serrés dans ma main
Les grains d’or du sable marin ;
Si peu ! Et pourtant, comme ils glissent
A travers mes doigts qui fléchissent !
Alors, je pleure et pleure encore.
Dieu ! Ne puis-je un plus grand effort
Pour serrer dans ma main plus fort ?
Dieu ! Ne sauverais-je donc plus
L’un d’eux de l’implacable flux ?
Et partout où le regard plonge,
N’est-il que songe dans un songe ?


(Traduction de Jean-Pierre Lefeuvre)

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Chanson de l’étranger

6 Mars 2014, 05:04am

Publié par vertuchou

Je suis à la recherche d’un homme que je ne connais pas,

qui jamais ne fut tant moi-même

que depuis que je le cherche. A-t-il mes yeux, mes mains

et toutes ces pensées pareilles

aux épaves de ce temps ?

Saison des mille naufrages,

la mer cesse d’être la mer,

devenue l’eau glacée des tombes.

Mais, plus loin, qui sait plus loin ?

Une fillette chante à reculons et règne la nuit sur les arbres,

bergère au milieu des moutons.

Arrachez la soif au grain de sel

qu’aucune boisson ne désaltère.

Avec les pierres, un monde se ronge

d’être, comme moi, de nulle part.

Edmond Jabès

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Q 1 Suprematistic

5 Mars 2014, 04:17am

Publié par vertuchou

Laszlo Moholy-Nagy, "Q 1 Suprematistic". 1923, huile sur toile,  95.2 x 95.2 cm

Laszlo Moholy-Nagy, "Q 1 Suprematistic". 1923, huile sur toile, 95.2 x 95.2 cm

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Reste ainsi

4 Mars 2014, 04:58am

Publié par vertuchou

Reste ainsi, je veux te regarder, je t'ai tellement regardé

mais tu n'étais pas pour moi et à présent tu es pour moi, ne t'approche pas,

je t'en prie,reste comme tu es ,nous avons une nuit pour nous seuls, et je veux te regarder, jamais je ne t'ai vu ainsi, ton corps pour moi,ta peau,

ferme les yeux,et caresse toi, je t'en prie […] je t’en prie, tout doucement […]


Alessandro Baricco Soie

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