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Je vous apercevrai

21 Février 2014, 04:42am

Publié par vertuchou

Je vous apercevrai chaque jour à mesure
Que vous avancerez silencieuse et rare
Comme toutes vos paroles
Et je n’aurai pour vous qu’un geste et qu’un désir
Et je n’aurai pour vous qu’une joie très ancienne
Morte et ressuscitée avec votre silence
Et gardant la conscience du mal et des regrets
Une joie ayant la forme imprévisible d’un rayon
Une joie ayant la forme de deux mains qui se serrent
Et prennent la lumière et le ciel et la mer
Et l’eau de nos regards sans rien dire
Je vous apercevrai chaque jour à mesure
Plus précise et plus effacée
Plus lumineuse et plus obscure
Comme la mort du soleil à la fin des années
Ou comme un bruit de pas perdu dans les éthers
Comme le mal terrassé par la présence de la mort
Cette promesse éclatante d’une autre vie.

Jacques Prevel

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Suite en la mineur

20 Février 2014, 04:07am

Publié par vertuchou

Georg Philipp Telemann, Ouverture et extraits "Suite en la mineur pour flûte à bec et cordes"

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Chanson d'automne

19 Février 2014, 09:58am

Publié par vertuchou

Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

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Où que tu sois, je t’aime

18 Février 2014, 04:21am

Publié par vertuchou

Pour te rejoindre
nul parcours sur la terre,
il y faut l’ascension
de la montagne immense
qui me déchire le cœur.

Là tout est vertical
de l’abîme du sang
aux mille soleils de l’âme,
une épée de lumière
et pas un seul sentier.

Est-ce mon amour
au souffle fragile,
à la fougue patiente
et légère, qui va ouvrir
la septième voie?

Amour sauvage que tu voudrais
libre du chasseur et de la proie,
amour qui inventait l’amour
sans un appui sans une corde,
amour absolu, tout à toi.

André Velter

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Le bouquet bleu

17 Février 2014, 04:38am

Publié par vertuchou

Marc Chagall, "le bouquet bleu", lithographie, 1974

Marc Chagall, "le bouquet bleu", lithographie, 1974

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IV

16 Février 2014, 04:09am

Publié par vertuchou

Le ciel est une page. Une grue y trace son signe. Les lanternes

s’allument, le temps tombe des arbres.

On retrouve l’entre jour et nuit, cet instant d’équilibre où le visage
devient son ombre.

On tente de se faire léger, si léger que le corps ne serait que la chaleur
dégagée par le soir.

On flotte, on se disperse, on va s’effacer. Reste un peu de ciel trop
pâle pour écrire et l’eau qui tremble.

On croit attendre et on est attendu. Par personne en particulier : par
le rouge, par le mauve, par le cri

Par ce qui vient, qu’on ne peut pas voir mais qu’on entend, là, tout
près, comme un souffle,

Comme un silence bruissant, un rien qui bouge. Par l’obscur de plus
en plus épais.

On y entre et c’est une encre. Celle du ciel où plus rien ne se trace.
Où seuls clignent les feux immobiles de l’oubli.

Jacques Ancet

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C'est pour t'avoir vue

15 Février 2014, 04:58am

Publié par vertuchou

C’est pour t’avoir vue
penchée à la fenêtre ultime,
que j’ai compris, que j’ai bu
tout mon abîme.

En me montrant tes bras
tendus vers la nuit,
tu as fait que, depuis,
ce qui en moi te quitta,
me quitte, me fuit…

Ton geste, fut-il la preuve
d’un adieu si grand,
qu’il me changea en vent,
qu’il me versa dans le fleuve ?

Rainer Maria Rilke

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Gaëlle

14 Février 2014, 04:20am

Publié par vertuchou

Jock Sturges, Gaëlle, Montalivet, France, 1996.

Jock Sturges, Gaëlle, Montalivet, France, 1996.

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Pour une chanson

13 Février 2014, 04:45am

Publié par vertuchou

J'ai tout aimé de nous
Que revienne le jour
Où la joie et la peine
Ont fait valser l'amour

J'ai tout aimé de nous
A la vie à la scène
Sur le pont le plus fou
Où l'île fût souveraine

Il y eut des soupirs
il y eut des je t'aime
A l'ombre des pleurs
Et si près de la seine
Où se passent les heures

J'ai tout aimé de nous
De l'amour à l'aubaine
Celle qui se dit veine
A l'effusion si douce

J'ai tout aimé de nous
Et le chante et l'ivresse
De nos visages en fêtes
A la caresse du jour

Il y eut des fous rires
Il y eut des je t'aime
A l'ombre des fleurs
Au creux de la peine
Il est temps de te dire

J'ai tout aimé de nous
Que revienne le jour
Qui parle par ta bouche
Et s'écrie dans mes lèvres

Brigitte Maillard

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Souvenir

12 Février 2014, 04:49am

Publié par vertuchou

Quand pour chaque mortel se tait le jour bruyant,
Quand sur les avenues de la cité muettes
la nuit étend son ombres tamisée
et que vient le sommeil, prix des laboures diurnes, je dois dans le silence endurer longuement des heures de veille torturantes :
le repos de la nuit avive la morsure des remords, intimes des serpents ;
ma rêverie s’affole ; mon cœur, tenaillé par le spleen,
déborde de noirs sentiments ;
le souvenir, sans un mot, à mes yeux
déroule sans fin son volume
et, relisant ma vie avec horreur,
je la maudis en frémissant
Et je me plains, amer, et pleure amèrement,
mais je n’efface pas les lignes accablantes.

Alexandre Pouchkine

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