Retenues
Quand on plonge dans l'eau
on retient son souffle
Quand on plonge dans le futur
on retient ses doutes
Quand on plonge dans son passé
on retient ses larmes
Michel Martin de Villemer
Coups de cœur
Quand on plonge dans l'eau
on retient son souffle
Quand on plonge dans le futur
on retient ses doutes
Quand on plonge dans son passé
on retient ses larmes
Michel Martin de Villemer
Le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement
de tous les sens. Toutes les formes d’amour, de souffrance, de folie ;
il cherche lui-même, il épuise en lui tous les poisons,
pour n’en garder que les quintessences.
Ineffable torture où il a besoin de toute la foi, de toute la force surhumaine,
où il devient entre tous le grand malade, le grand criminel, le grand maudit,
- et le suprême Savant !
Arthur Rimbaud
Tu es la voix
qui répond à ma voix,
sans elle aucun poème
ne peut fasciner l’écho
qui mêle la rumeur des amants
à la poussière des siècles.
Tu es celle
avec qui je vais
mot à mot enlacé
donner corps à notre chant,
prendre langue et mesurer
la démesure inaltérable
d’une magie mortelle
qui ne peut pas mourir.
Tu es pour moi
comtesse de Tripoli
autant que louve de Pennaurier
et je m’en vais pèlerin
par les chemins d’Antioche
ou ménestrel changé en loup
dans les pierres de Provence.
Tu es l’énigme
qui me voit venir de loin
mais se dévoile sans façon :
amour et poésie obligent…
André Velter
La dure épreuve va finir :
Mon coeur, souris à l'avenir.
Ils sont passés les jours d'alarmes
Où j'étais triste jusqu'aux larmes.
Ne suppute plus les instants,
Mon âme, encore un peu de temps.
J'ai tu les paroles amères
Et banni les sombres chimères.
Mes yeux exilés de la voir
De par un douloureux devoir
Mon oreille avide d'entendre
Les notes d'or de sa voix tendre,
Tout mon être et tout mon amour
Acclament le bienheureux jour
Où, seul rêve et seule pensée,
Me reviendra la fiancée !
Paul Verlaine
Laisse-moi respirer longtemps, longtemps, l'odeur de tes cheveux, y plonger tout mon visage, comme un homme altéré dans l'eau d'une source, et les agiter avec ma main comme un mouchoir odorant, pour secouer dans l'air.
Si tu pouvais savoir tout ce que je vois ! Tout ce que j'entends dans tes cheveux ! Mon âme voyage sur le parfum comme l'âme des autres hommes sur la musique.
Charles Baudelaire
Tous les paysages
Qu'il a fallu voir.
Tous les paysages
Où tu n'étais pas
Et qui t'accusaient
De n'y être pas.
Eugène Guillevic
Michel Petrucciani, Love letter, enregistré au Theatre des Champs-Elysées en 1997
Le front caché sur tes genoux J'ai sangloté toute ma peine, Il faisait sombre autour de nous, Et le soir sentait la verveine.
Mon cœur battait à tristes coups, Comprenant sa tendresse vaine; Le front caché sur tes genoux, J'ai sangloté toute ma peine.
Tu me disais des mots très doux, Mais je les entendais à peine... je revivais l'heure lointaine Où je faisais des rêves fous, Le front caché sur tes genoux.
Ida Faubert
La poésie, c'est de la multiplicité broyée et qui rend des flammes.
Antonin Artaud