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Qu’est-ce qu’un poète ?

18 Juin 2013, 06:20am

Publié par vertuchou

Qu’est-ce qu’un poète au fond, si c’est vraiment un poète ?

C’est un enfant qui s’étonne des choses qui lui arrivent,

une fois qu’il est devenu adulte. 

 

Umberto Saba

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Pavane "Belle qui tiens ma vie"

17 Juin 2013, 05:13am

Publié par vertuchou

Belle qui tiens ma vie
Captive dans tes yeux,
Qui m’as l’âme ravie
D’un sourire gracieux,
Viens tôt me secourir
Ou me faudra mourir.

Pourquoi fuis-tu mignarde
Si je suis près de toi,
Quand tes yeux je regarde
Je me perds dedans moi
Car tes perfections
Changent mes actions.

Tes beautés et ta grâce
Et tes divins propos
Ont échauffé la glace
Qui me gelait les os,
Et ont rempli mon cœur
D’une amoureuse ardeur.

Mon âme voulait être
Libre de passions,
Mais amour s’est fait maître
De mes affections,
Et a mis sous sa loi
Et mon cœur et ma foi.

Approche donc ma belle
Approche-toi mon bien,
Ne me sois plus rebelle
Puisque mon cœur est tien
Pour mon mal apaiser,
Donne-moi un baiser.

Je meurs mon Angelette
Je meurs en te baisant,
Ta bouche tant doucette
Va mon bien ravissant
À ce coup mes esprits
Sont tous d’amour épris.

Plutôt on verra l’onde
Contre mont reculer
Et plutôt l’œil du monde
Cessera de brûler,
Que l’amour qui m’époint
Décroisse d’un seul point.

 Jehan Tabourot

dit Thoinot Arbeau.

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The field

16 Juin 2013, 05:11am

Publié par vertuchou

Basil-Blackshaw.-landscape.jpg

 

Basil Blackshaw

the field

1953

 

huile sur planche

71.7 x 91.1 cm

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Ce cœur qui haïssait la guerre…

15 Juin 2013, 05:56am

Publié par vertuchou

    Ce cœur qui haïssait la guerre voilà qu’il bat pour le combat et la bataille !
    Ce cœur qui ne battait qu’au rythme des marées, à celui des saisons, à celui des heures du jour et de la nuit,
    Voilà qu’il se gonfle et qu’il envoie dans les veines un sang brûlant de salpêtre et de haine.
    Et qu’il mène un tel bruit dans la cervelle que les oreilles en sifflent
    Et qu’il n’est pas possible que ce bruit ne se répande pas dans la ville et la campagne
    Comme le son d’une cloche appelant à l’émeute et au combat.
    Écoutez, je l’entends qui me revient renvoyé par les échos.
    Mais non, c’est le bruit d’autres cœurs, de millions d’autres cœurs battant comme le mien à travers la France.
    Ils battent au même rythme pour la même besogne tous ces cœurs,
    Leur bruit est celui de la mer à l’assaut des falaises
    Et tout ce sang porte dans des millions de cervelles un même mot d’ordre :
    Révolte contre Hitler et mort à ses partisans !
    Pourtant ce cœur haïssait la guerre et battait au rythme des saisons,
    Mais un seul mot : Liberté a suffi à réveiller les vieilles colères
    Et des millions de Français se préparent dans l’ombre à la besogne que l’aube proche leur imposera.
    Car ces cœurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté au rythme même des saisons et des marées,

    du jour et   de la nuit.

 

    Robert Desnos

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Toute la lyre

14 Juin 2013, 05:17am

Publié par vertuchou

Rose :  Puisque votre regard m’apparaît dans l’aurore,
Albert : Puisqu’en vos yeux je crois voir une étoile éclore, Rose : Puisque je veux rester et fuir quand je vous vois, Albert : Puisqu’une lyre est moins douce que votre voix,

Rose : Puisqu’à vos pieds les cœurs font des battements d’ailes, Albert : Puisque vous êtes belle entre toutes les belles, Rose : Puisque l’oiseau ne peut chanter sans vous nommer, Albert : Puisque je ne puis faire autrement que t’aimer, Rose : Je dis que l’air est frais,
Albert : Je dis que l’onde est pure,

Rose : Je vois un grand sourire au fond de la nature,
Albert : Je te prends et t’épouse,
Rose : Et de toi je fais choix,

Albert : Et je dis que je veux m’en aller dans les bois. Viens.
Rose : Est-ce pour jamais ?
Albert : Oui. Donne ta main blanche.
Ils s’enfoncent dans la forêt.
Eros :
Cœur, aie un seul amour !


Victor Hugo



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Te Deum

13 Juin 2013, 05:08am

Publié par vertuchou

 

 


 

Jean-Baptiste Lully

1632-1687

 

Te Deum LWV 55

1678

Te Deum laudamus (« Dieu, nous te louons »)

 

Le Concert Spirituel

sous la direction d'Hervé Niquet.

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Mon coeur soupire

12 Juin 2013, 05:20am

Publié par vertuchou

De bonne foi, sans tromperie,
J’aime la plus belle et meilleure.
Mon coeur soupire, mes yeux pleurent,
De trop l’aimer pour mon malheur.
Mais qu’y puis-je si l’amour m’a pris,
Si la prison où il m’a mis
A pour seule clé la merci
Qu’en elle je ne trouve point ?

Cet amour me blesse le cœur
D’une saveur si gente et douce
Que si cent fois par jour je meurs
Cent fois la joie me ressuscite.
C’est un mal de si beau semblant
Que je le préfère à tout bien,
Et puisque le mal m’est si doux,
Quel bien pour moi après la peine !

Bernard de Ventadour

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Si j'étais tout juste une rose / Se eu fosse apenas uma rosa

11 Juin 2013, 05:39am

Publié par vertuchou

Si j'étais tout juste une rose,
avec plaisir je fanerais,
l'existence est si douloureuse
et je ne sais plus rien te dire !

Si j'étais tout juste du vent,
volontiers je me déferais,
comme dans ta propre pensée,
tu vas, toi, défaisant ma vie !

Pardonne-moi de te peiner
par cet humain, amer retard !
— d’être moins brève que l'eau
et plus durable que le vent et la rose...

 


Cecilia Meireles



Se eu fosse apenas uma rosa,
com que prazer me desfolhava,
já que a vida é tão dolorosa
e não te sei dizer mais nada!

Se eu fosse apenas água ou vento,
com que prazer me desfaria,
como em teu próprio pensamento
vais desfazendo a minha vida!

Perdoa-me causar-te a mágoa
desta humana, amarga demora!
— de ser menos breve do que a água,
mais durável que o vento e a rosa...


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Round midnight

10 Juin 2013, 05:18am

Publié par vertuchou

 

 

 


 

Michel Petrucciani

1962 - 1999

 

Round midnight

composé et enregistré pour la première fois par Thelonious Monk en 1944

 

 

 

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La révolte

9 Juin 2013, 05:56am

Publié par vertuchou

Vers une ville au loin d’émeute et de tocsin,
Où luit le couteau nu des guillotines,
En tout-à-coup de fou désir, s’en va mon cœur.

Les sourds tambours de tant de jours
De rage tue et de tempête,
Battent la charge dans les têtes.

Le cadran vieux d’un beffroi noir
Darde son disque au fond du soir,
Contre un ciel d’étoiles rouges.

Des glas de pas sont entendus
Et de grands feux de toits tordus
Echevèlent les capitales.

Ceux qui ne peuvent plus avoir
D’espoir que dans leur désespoir
Sont descendus de leur silence.

Dites, quoi donc s’entend venir
Sur les chemins de l’avenir,
De si tranquillement terrible ?

La haine du monde est dans l’air
Et des poings pour saisir l’éclair
Sont tendus vers les nuées.

C’est l’heure où les hallucinés
Les gueux et les déracinés
Dressent leur orgueil dans la vie.

C’est l’heure – et c’est là-bas que sonne le tocsin ;
Des crosses de fusils battent ma porte ;
Tuer, être tué! – Qu’importe!

C’est l’heure.

 

Émile Verhaeren

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