Dire que l’homme
"Dire que l’homme est un composé de force et de faiblesse, de lumière et
d’aveuglement, de petitesse et de grandeur, ce n’est pas lui faire son procès,
c’est le définir"
Diderot
Coups de cœur
"Dire que l’homme est un composé de force et de faiblesse, de lumière et
d’aveuglement, de petitesse et de grandeur, ce n’est pas lui faire son procès,
c’est le définir"
Diderot
J’aime l’eau qui ne dure pas
qui finit jamais une phrase
qui n’a jamais le même ventre
la même voix
un jour je me roulerai dans sa jupe
et je serai perdue
comme le poussin
dans sa coquille
et je serai la petite feuille d’automne
couleur soleil
de sang
de déjà plus
qui se fera légère et obéissante
pour que la mer et le vent
mes amours
m’emportent toujours
vers ailleurs
Minou Drouet
C’est elle, la poésie, qui écarte les rideaux, à la fin de la nuit,
qui rend la lumière à notre vie.
Philippe Jaccottet
Un enfant vient au monde tout crotté de sang et d'excréments, et cependant je ne connais pas de toute la vie de moments plus beaux, plus bouleversants, qu'une naissance. Ne t'en fais pas mon petit, mon trésor précipitons nous aussitôt, le visage baigné de larmes, on va te nettoyer de tout ça et tu vas grandir dans la lumière. Par la suite, inlassablement, me dis-je, nous nettoyons l'enfant de toute la merde qu'il produit, les couches-culottes, les crottes de nez, les oreilles, les yeux, les ongles...Inlassablement nous le nettoyons pour l'élever, le hisser toujours plus haut qu'il ne l'est en réalité, qu'il grandisse dans la beauté, dans une belle image de soi, et que plus jamais la merde qui nous est inhérente ne puisse le recouvrir. Élever un enfant, me dis-je, c'est lui apprendre à porter avec légèreté, avec élégance, cette part d'ombre et nauséeuse que chaque être contient et avec laquelle il lui faut cheminer et composer toute sa vie. Ce que nous appelons par un raccourci "notre propre merde", n'est ce pas, chacun y range ce dont il ne lui viendrait pas à l'esprit de se vanter, mais qui parfois le rattrape, le jetant dans un profond désespoir...
Lionel Duroy, Colères
C'est une âme charmante. DIDEROT.
Enfant! si j'étais roi, je donnerais l'empire,
Et mon char, et mon sceptre, et mon peuple à genoux,
Et ma couronne d'or, et mes bains de porphyre,
Et mes flottes, à qui la mer ne peut suffire,
Pour un regard de vous!
Si j'étais Dieu, la terre et l'air avec les ondes,
Les anges, les démons courbés devant ma loi,
Et le profond chaos aux entrailles fécondes,
L'éternité, l'espace, et les cieux, et les mondes,
Pour un baiser de toi!
Victor Hugo
Il m'importe toi. Toi sur mon fil, sur mon rire. Toi sur mes rives. Rien de plus que délices, de sauges, verveines, jasmins ou fleurs d'orangers. Ces odeurs de maquis où les benjoins font les jardins contraires. La double lune de tes bras m'écarlate. Il m'importe toi, Au plissé des yeux, Là où gagnent les rides de mémoire.
Ile Eniger, Du feu dans les herbes.
Tu te souviens des noms ; tu entends
Le tien. Quelqu’un doit se souvenir
De tout. D’outre-ciel une voix pérenne
Tisse la toile à n’en plus finir.
François Cheng