Vertuchou.over-blog.com
Coups de cœur
Poème
Quand,
Des rigoles au coin des yeux
On goûtera l’absence
Des jours heureux
On s’en ira manger
Des madeleines
Aux éclats
De rire
Chocolat
Et on ira nager
Dans le souvenir
D’un thé
Sucré
On retrouvera
Les miettes du passé
Dans le marc sombre
D’un café
Et on ira noyer
Les tasses dans l’évier.
Clémentine Bridoux
La véritable poésie
La véritable poésie peut communiquer avant d'être comprise.
Thomas Stearns Eliot
Je crois que l'un des plus beaux cadeaux
Je crois que l'un des plus beaux cadeaux que nous pourrons faire à nos enfants est celui qui leur révèlera le bonheur d'approfondir. Que ce soit à travers la lecture, les arts, une pratique artisanale, un sport, une religion, peu importe :
à un moment, il faudra bien plonger, et ne pas songer tout de suite à sortir, sous prétexte que l'eau est glacée.
Une certaine persévérance sera requise, une aptitude à continuer la marche, non tant par goût de l'effort que par confiance en l'avenir.
Approfondir n'est pas savoir, c'est chercher.
Christine Cayol, Pourquoi les Chinois ont-ils le temps ?
Le mot et la chose
Madame quel est votre mot
Et sur le mot et sur la chose
On vous a dit souvent le mot
On vous a fait souvent la chose
Ainsi de la chose et du mot
Vous pouvez dire quelque chose
Et je gagerais que le mot
Vous plaît beaucoup moins que la chose
Pour moi voici quel est mon mot
Et sur le mot et sur la chose
J'avouerai que j'aime le mot
J'avouerai que j'aime la chose
Mais c'est la chose avec le mot
Mais c'est le mot avec la chose
Autrement la chose et le mot
A mes yeux seraient peu de chose
Je crois même en faveur du mot
Pouvoir ajouter quelque chose
Une chose qui donne au mot
Tout l'avantage sur la chose
C'est qu'on peut dire encore le mot
Alors qu'on ne fait plus la chose
Et pour peu que vaille le mot
Mon Dieu c'est toujours quelque chose
De là je conclus que le mot
Doit être mis avant la chose
Qu'il ne faut ajouter au mot
Qu'autant que l'on peut quelque chose
Et que pour le jour où le mot
Viendra seul hélas sans la chose
Il faut se réserver le mot
Pour se consoler de la chose
Pour vous je crois qu'avec le mot
Vous voyez toujours autre chose
Vous dites si gaiement le mot
Vous méritez si bien la chose
Que pour vous la chose et le mot
Doivent être la même chose
Et vous n'avez pas dit le mot
Qu'on est déjà prêt à la chose
Mais quand je vous dis que le mot
Doit être mis avant la chose
Vous devez me croire à ce mot
Bien peu connaisseur en la chose
Et bien voici mon dernier mot
Et sur le mot et sur la chose
Madame passez-moi le mot
Et je vous passerai la chose.
Gabriel-Charles de Lattaignant,
Entrailles
t’écrire, c’est t’étreindre et faire de ma plume le prolongement de ta présence en mon sein. je t’écris pour ne plus te quitter. quand tu n’es pas là, que tout n’est que vide et absence, que ton odeur, la tendresse de ta voix et la brillance de ton esprit me manquent, je noircis mes cahiers à une allure folle. c’est alors par l’écriture qui t’est destinée que je me sens vivante et vibrante, mais aussi dans le contrôle de cette frénésie qui brûle en moi. quand tes yeux sont cet horizon lointain, ce sont ces mots imprégnés de ton parfum qui me restituent l’étendue de ton amour et la quiétude de ta présence. il n’y a que cela qui puisse apaiser ce feu qui brûle en moi. il n’y a que toi qui puisses tempérer ma furieuse envie de déchirer mes entrailles pour te rechercher en dedans, car tout est si bruyant de ton manque. je t’écris encore et encore. je t’écris le matin, le soir. je t écris le midi, la nuit. tu es devenu mon obsession, alors je me consume en page pour ne rien perdre de toi. toujours et encore, je t’écris pour me remplir de toi, de nous, mon amour.
vf©️
https://lesmotsdecello.wordpress.com/2020/10/24/entrailles/
Slamésie d'amour
Misère
Et j’espère
Des bras qui m’enserrent
Et pourquoi ?
Une attention
Rien qu’une caresse
Qui mette en liesse
-- Annajo Janisz
Yellow bamboo
Haiku
Azalées fleuries
La pierre que j’ai mise là
Quel bonheur
Yosa Buson
La poésie chante quand la prose parle
La poésie chante quand la prose parle, sans doute. Elle se parcourt à l’infini dans tous les sens comme le champ que traverse le mince sentier de la prose, dont le propos est d’aller d’un point à un autre. Mais surtout, elle ne se définit que par l’impossibilité de préférer une définition à une autre.
Jean-Claude Bologne
/image%2F0674225%2F20210103%2Fob_11b267_gabriela-lavezzari-yellow-bamboo-2019.jpg)