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Coups de cœur
Quand on est sans pain
Quand on est sans pain
Les aubes sont noires
De tous les espoirs
Qu’on exhale en vain
Loin des paradis, hélas illusoires
Les aubes sont noires
Quand on est sans pain
Quand on est sans feu
Les aubes sont mornes
De tous les regards
Qu’on jette au ciel bleu
Dans l’accablement
Des hivers sans bornes
Les aubes sont mornes
Quand on est sans feu
Quand on est sans toit
Les aubes sont tristes
De tous les malheurs
Qu’on traîne avec soi
Devant l’âpreté des cœurs égoïstes
Les aubes sont tristes
Quand on est sans toit
Quand on est vaincu
Les aubes sont mortes
De tous les espoirs
Dont on a vécu
Et l’on sort du monde
En claquant les portes
Les aubes sont mortes
Quand on est vaincu
Eugène Bizeau
Écrire des poèmes
Écrire des poèmes et ne pas savoir ce qu’est la poésie ne devrait pas surprendre, ni
scandaliser personne.
Ne faisons-nous pas tous des actes de vivants sans savoir vraiment ce qu’est la vie ?
(…) Et qui donc étudie réellement ce que c’est que vivre ?
James Sacré
A chuchoter à votre amoureux
Si je n’avais connu la caresse de tes mains
Jamais je n’aurais su que douceur est chaleur
Si je n’avais senti tes lèvres sur mes reins
Jamais je n’aurais su que chaleur est frisson
Si je n’avais dormi dans tes bras si câlins
Jamais je n’aurais su que frisson est tendresse
Si je n’avais ouï ton cœur battre, endiablé
Jamais je n’aurais su que tendresse est passion
Si je n’avais goûté à ta bouche enflammée
Jamais je n’aurais su que passion est fusion
Et tu donnes la musique à ma Vie
Et tu donnes à mes gestes leur poésie
Et tu donnes à mon Ame son « Sel de Vie »
Véronique Noé
Autoportrait
La chanson de Gavroche
La bourgeoisie est un veau
Qui s’enrhume du cerveau
Au moindre vent frais qui souffle
Le bourgeois c’est la pantoufle
Qu’un roi met sous ses talons
Pour marcher à reculons
Je fais la chansonnette
Faites le rigodon
Le Bourgeois est un grimaud
Qui prend sa pendule au mot
Chaque fois qu’elle retarde
Il contresigne en bâtarde
Coups d’état, décrets, traités
Et toutes les lâchetés
Je fais la chansonnette
Faites le rigodon
Il enseigne à ses marmots
Comment on rit de nos maux
Pour lui, le peuple et la France
La liberté, l’espérance
L’homme et Dieu sont au dessous
D’une pièce de cent sous
Je fais la chansonnette
Faites le rigodon
Le Bourgeois à des regrets
Il pleure sur le progrès
Sur ses loyers qu’on effleure
Sur les rois, fiacres à l’heure,
Sur sa caisse et sur la fin
Du monde où l’on avait faim
Je fais la chansonnette
Faites le rigodon
Victor Hugo
De là, de la paume de cette main
De là, de la paume de cette main appuyée contre la paume de la sienne, de leurs doigts entrelacés et du poignet qui touchait le sien, quelque chose émanait, de cette main, de ces doigts et de ce poignet, vers les siens, quelque chose d'aussi frais que le premier souffle qui vient à vous sur la mer en ridant à peine sa surface miroitante, d'aussi léger qu'une plume qui frôle votre lèvre ou qu'une feuille qui tombe dans l'air immobile; une impression légère née du seul contact de leurs doigts, mais qui s'exaltait, s'intensifiait tellement et devenait si insistant, si aigu et si fort par la pression de leurs doigts, de leurs paumes et de leurs poignets serrés l'un contre l'autre que le jeune homme croyait sentir un courant lui monter le long du bras et lui pénétrer le corps d'un poignant désir.
Ernest Hemingway, Pour qui sonne le glas
Dans mon enfance
Dans mon enfance, ayant ma part de ciel,
j’étais toujours à apprendre à voler.
Maintenant, je ne peux plus voler même dans mes rêves
Et mon ciel s’appuie sur la terre.
Mais, quand tu ouvres les yeux de mon ậme,
Tu me présentes tout l’Univers, je perds mon corps
Et je sens ma respiration devenir légère.
Parfois je quitte la terre et je sens mon cœur tellement serré,
Que la tristesse d’un orphelin sans mère
Remplit mon silence.
Inexpliquables les moments, quand Jésus écrivait sur le sable.
Écrivait et effaçait, et, ce qu’il effaçait
Demeurait en nous éternellement.
Givi Alkhazichvili
Les Sauvages
Le vent, les nuages
Le vent, les nuages
Vont d’une rive à l’autre mais
Les mots de mon amour lointain
Ne traversent pas avec eux.
Yamanoue no Okura
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