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Toi et moi

5 Novembre 2020, 01:27am

Publié par vertuchou

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Que tu es belle, mon amie, que tu es belle !

4 Novembre 2020, 01:24am

Publié par vertuchou

Que tu es belle, mon amie, que tu es belle ! Tes yeux sont des colombes, Derrière ton voile. Tes cheveux sont comme un troupeau de chèvres, Suspendues aux flancs de la montagne de Galaad. Tes dents sont comme un troupeau de brebis tondues, Qui remontent de l'abreuvoir; Toutes portent des jumeaux, Aucune d'elles n'est stérile. Tes lèvres sont comme un fil cramoisi, Et ta bouche est charmante ; Ta joue est comme une moitié de grenade, Derrière ton voile. Ton cou est comme la tour de David, Bâtie pour être un arsenal ; Mille boucliers y sont suspendus, Tous les boucliers des héros. Tes deux seins sont comme deux faons, Comme les jumeaux d'une gazelle, Qui paissent au milieu des lis. Avant que le jour se rafraîchisse, Et que les ombres fuient, J'irai à la montagne de la myrrhe Et à la colline de l'encens. Tu es toute belle, mon amie, Et il n'y a point en toi de défaut. [...] Tu me ravis le cœur, ma sœur, ma fiancée, Tu me ravis le cœur par l'un de tes regards, Par l'un des colliers de ton cou. Que de charmes dans ton amour, ma sœur, ma fiancée ! Comme ton amour vaut mieux que le vin, Et combien tes parfums sont plus suaves que tous les aromates! Tes lèvres distillent le miel, ma fiancée ; Il y a sous ta langue du miel et du lait, Et l'odeur de tes vêtements est comme l'odeur du Liban. Tu es un jardin fermé, ma sœur, ma fiancée, Une source fermée, une fontaine scellée. [...] Lève-toi, aquilon ! viens, autan ! Soufflez sur mon jardin, et que les parfums s'en exhalent !

Cantique de Salomon, appelé aussi Cantique des cantiques

 

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L'amour de lui

3 Novembre 2020, 01:41am

Publié par vertuchou

L'amour de lui m'a ressaisie dans son étreinte,
mon grand effort est resté sans profit.
L'amour est une mer, la côte hors de vue :
sages,vous le savez, à quoi bon tenter de nager ?
L'amour lorsque tu veux le mener à son terme,
te fait accepter bien des déplaisirs,
Faire bonne figure à plus d'un méchant coup
et déguster comme nectar plus d'un breuvage empoisonné.
Je me suis débattue comme un poulain sauvage
qui ne sais pas que plus il tire et plus il serre ses entraves.

Malédiction
Ah! puisse Dieu te rendre amoureux à ton tour
d'une cruelle au coeur de pierre comme toi-même!
Puisses-tu goûter de l'amour et la brûlure et le souci ;
te tordre dans la solitude, et savoir ce que je valais !

Râbe'è

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Gambia

2 Novembre 2020, 01:22am

Publié par vertuchou

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Sonnet LXXXVII

1 Novembre 2020, 01:40am

Publié par vertuchou

Il voudrait expliquer la cause de tant d’effets contraires qui se manifestent dans l’amour, mais il ne le sait pas.

Si ce n’est pas l’amour, qu’est-ce donc que je sens ? Mais si c’est l’amour, pour Dieu, quelle chose est-ce ? Si elle est bonne, pourquoi produit-elle un effet cruellement mortel ? Si elle est mauvaise, pourquoi tous les tourments qu’elle occasionne sont-ils si doux ?

Si c’est volontairement que je brûle, pourquoi est-ce que je pleure et que je me lamente ? Si c’est malgré moi, à quoi sert de me lamenter ? Ô mort aiguë, ô délicieux mal, comment avez-vous tant de pouvoir sur moi si je n’y consens point ?

Et si j’y consens, c’est à grand tort que je me plains. Au milieu de vents si contraires, je me trouve en pleine mer sur une frêle barque et sans gouvernail,

Si léger de savoir, si chargé d’erreur, que je ne sais pas moi-même ce que je me veux, et que je tremble en plein été, et brûle en plein hiver.

François Pétrarque

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Il est un monde entre les mondes

31 Octobre 2020, 01:53am

Publié par vertuchou

Il est un monde entre les mondes contre lequel s’appuie la parole ; le monde du poème, qui se façonne sans aucun doute, naissant aussi de celui qui nous fait naître et disparaître ; un temps entre les temps pour repousser les limites du dicible ; [...]  un temps où le sublime survient, se fait parlant dans la voix du poète, poème et parole rendant ainsi sensible ce temps entre les temps.

Armelle Chitrit,

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Rivage

30 Octobre 2020, 02:30am

Publié par vertuchou

Et tu poses sur moi
Tes yeux,
Tu traverses mon corps
De tes rayons brûlants
Qui s’accordent
Aux vibrations de mon cœur
Tu voudrais
Que je sois l’abîme
Dans lequel tu te plonges
Lorsque lassé
De tes nombreux voyages
Tu viens à moi
Comme on se pose
Sur un rivage
Et malgré les écueils
De ma rancœur
Tu t’accroches
Tu t’allonges
Dans une ultime étreinte
Je suis la plage
De l’oubli.

Rénia Aouadène

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Danse

29 Octobre 2020, 01:51am

Publié par vertuchou

Photographie de Boris Ovini pour le magazine 'On The Field'

Photographie de Boris Ovini pour le magazine 'On The Field'

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Les Charmeuses

28 Octobre 2020, 01:00am

Publié par vertuchou

J’aime tes belles mains longues et paresseuses,
Qui, pareilles au lis, n’ont jamais travaillé,
Mais savent le secret des musiques berceuses
Qui parlent à voix lente au cœur émerveillé. —
J’aime tes belles mains longues et paresseuses.

J’aime tes petits pieds vifs et spirituels,
Petits pieds éloquents de la cheville aux pointes,
Que les saints, oubliant leurs graves rituels,
Pliés sur deux genoux, baiseraient à mains jointes. —
J’aime tes petits pieds vifs et spirituels.

J’aime ta chevelure abondante et houleuse,
Flots noirs en harmonie avec ton cou bistré.
Je crois bien que jamais une main de fileuse
Ne tria d’écheveau si fin et si lustré. —
J’aime ta chevelure abondante et houleuse.

J’aime tes yeux vert d’eau, j’aime tes yeux songeurs.
Quand je regarde en eux, je pense aux mers profondes
Dont le mystère échappe aux plus hardis plongeurs ;
Je rêve d’un abîme où s’égarent les sondes. —
J’aime tes yeux vert d’eau, j’aime tes yeux songeurs.

J’aime ta bouche en fleur dont la corolle s’ouvre,
Pur carmin sur un fond de neige éblouissant.
C’est à prendre en pitié tous les trésors du Louvre.
J’aime ta bouche en fleur, fleur de chair, fleur de sang. —
J’aime ta bouche en fleur dont la corolle s’ouvre.

Vous, la belle de nuit et la belle de jour,
Me pardonnerez-vous cette ingrate analyse ?
Si j’ai mal égrené le rosaire d’amour,
C’est qu’un cher souvenir trop capiteux me grise. —
Grâce, belle de nuit ; grâce, belle de jour.

André Lemoyne

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Jamais il ne m’avait encore été donné

27 Octobre 2020, 01:46am

Publié par vertuchou

Jamais il ne m’avait encore été donné de dévorer des yeux à loisir, dans une telle lumière, avec tant de minutie, les traits de la femme que j’aimais. A la voir sous cet angle, sa beauté prenait une grandeur prodigieuse, me harcelait de sa richesse et de son ampleur… (…) une merveilleuse architecture (…) le dévalé abrupt des deux lignes reliant le nez à la bouche.
Ah : la surnaturelle substance que ce « visage de Naomi ».
… Dans ma main, le rasoir glissait le long de sa peau en pente douce, depuis la nuque jusqu’aux épaules. Le dos parfait de Naomi, d’une blancheur de lait, emplit mon champ visuel de sa masse ample et haute. (…) Mes mains, mes doigts ont folâtré gaiement sur cette neige à la beauté inquiétante.

Tanizaki,  Un amour insensé

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