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J’emporte comme un fardeau léger…

25 Novembre 2020, 01:52am

Publié par vertuchou

J’emporte comme un fardeau léger,
Comme une gerbe de fleurs et de feuilles,
Toute l’ombre de ton verger,
Toute la lumière de ton seuil ;

Le poids est si doux qu’il m’enivre
D’un baiser de lys sur la bouche ;
Faut-il donc tout ceci pour, enfin, que tu livres
L’aveu de ton âme farouche?

Il est bon de partir quand on aime,
Il est doux de se quitter ainsi :
Puisqu’on ne le sait qu’à ce prix
Et qu’on se découvre soi-même.

Francis Vielé-Griffin

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Comprendre un poème

24 Novembre 2020, 01:27am

Publié par vertuchou

Comprendre un poème, ce n'est pas être capable d'en parler.

Plus on aime, moins on trouve, le plus souvent, les mots pour le dire.

L'émotion suffit pour savoir qu'on se comprend.

Jean-Pierre Siméon

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La mer propulse

23 Novembre 2020, 01:22am

Publié par vertuchou

La mer propulse
le désir et se replie
dans le désert
 
après la nuit
l'aube remonte
au firmament
 
seul l'amour
sans nom retient
son secret
 
Silvia Baron Supervielle

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Isis : Prologue

22 Novembre 2020, 01:18am

Publié par vertuchou

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La passante

21 Novembre 2020, 01:42am

Publié par vertuchou

O toi qui t’en allais dans le soir taciturne
O toi qui t’en allais,
O toi qui remuais
De la tristesse en toi comme une eau dans une urne,

O toi dont la tristesse attira ma tristesse,
Nous qui nous en allions
Parmi la rue où le jour baisse,
Évitant de marcher du côté des rayons,

Nous qui nous en allions du côté de la rue
Où l’ombre des maisons est grise,
Toi qui m’est apparue,
O toi qui m’as compris et toi que j’ai comprise,

Car les heureux, d’instinct, ne marchent qu’au soleil
Et les tristes marchent à l’ombre ;
Et de nous en aller du même côté sombre,
Nous nous sommes sentis pareils…

J’ai compris ta détresse et toi mon amertume,
Martyrs d’un idéal trop beau,
O moi qui dans tes yeux regardais des tombeaux,
O toi qui dans les miens regardais de la brume !

Tristesse sans issue et qui était la nôtre :
Moi résigné ;
Toi, trop pâle d’avoir longtemps saigné ;
Oh ! nous qui aurions pu être heureux l’un par l’autre !

J’allais je ne sais où ; tu allais autre part ;
O toi qui t’en allas,
O toi si lasse, ô moi si las
D’un amour impossible et qui viendrait trop tard.

Nous nous sommes quittés comme dans un adieu,
Sans nous être parlé pourtant… ô cette angoisse !
Petite mort… et une cloche de paroisse…
Et nos yeux se sont fait des adieux, jusqu’à Dieu !

Georges Rodenbach

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Je veux toi pour tisane

20 Novembre 2020, 01:25am

Publié par vertuchou

Je veux toi pour tisane. Le sucre de ta peau, ton goût de tabac d'arbre, le chat de ta gorge enroulé sur mon coeur, le chant de ton coeur déployé sur ma gorge, tes bras ouverts comme une table, tes pas de loup de nuit, ton sol précis sur mes graines de rêves, tes doigts sourciers sur mes glaises de soif, tes mers sur mes escales, tes bois à découvrir, mes rives à t'accueillir. Je veux tes mots revisités de fraises, tes mots rougis incendiés de neige. Je les veux qui enflamment qui touchent et qui m'existent. La sève de tes mains pour redevenir liane, l'arbre le fruit et la racine, le paysage en route, l'aimer à double tour d'où l'on ne sort jamais. Je veux le seringa troublé d'eau et de blanc, l'affolée de parfums de pollens et de miel, cette abeille innocente qui pille les corolles. Et plus que le désir, plus que le ciel à dire, plus que le tout à vivre, encore plus que le trop, je veux l'hiver épris des puissances d'été. Tes mains ouvertes, offertes pour les remplir de moi.
Mes mains ouvertes, offertes pour les remplir de toi. Pour me réinventer, je veux toi pour m'écrire et m'aimer sans boussole. Tes instances de vivre renversées sur mon souffle. Tes mots de pain nouveau accordé à ma faim. Tes yeux pour vêtement. Je veux toi pour tisane. Je veux toi au présent.

Ile Eniger, Le bleu des ronces

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La vie

19 Novembre 2020, 02:35am

Publié par vertuchou

La vie n'est pas une plaisanterie
Tu la prendras au sérieux,
Comme le fait un écureuil, par exemple,
Sans rien attendre du dehors et d'au-delà
Tu n'auras rien d'autre à faire que de vivre.
La vie n'est pas une plaisanterie,
Tu la prendras au sérieux,
Mais au sérieux à tel point,
Qu'adossé au mur, par exemple, les mains liées
Ou dans un laboratoire
En chemise blanche avec de grandes lunettes,
Tu mourras pour que vivent les hommes,
Les hommes dont tu n'auras même pas vu le visage,
Et tu mourras tout en sachant
Que rien n'est plus beau, que rien n'est plus vrai que la vie.
Tu la prendras au sérieux
Mais au sérieux à tel point
Qu'à soixante-dix ans, par exemple, tu planteras
des oliviers
Non pas pour qu'ils restent à tes enfants
Mais parce que tu ne croiras pas à la mort
Tout en la redoutant
mais parce que la vie pèsera plus lourd dans la balance.

Nazim Hikmet

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Une femme qui pleure

18 Novembre 2020, 01:41am

Publié par vertuchou

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Je l’oeilladais mi-nue, échevelée

17 Novembre 2020, 01:39am

Publié par vertuchou

Je l’oeilladais mi-nue, échevelée,
Par un pertuis dérobé finement,
Mon coeur battait d’un tel débattement
Qu’on m’eût jugé comme en peur déréglée.

Or’ j’étais plein d’une ardeur enflammée,
Ore de glace en ce frissonnement.
Je fus ravi d’un doux contentement,
Tant que ma vie en fut toute pâmée.

Là follâtrait le beau soleil joyeux,
Avec un vent, zéphyre gracieux,
Parmi l’or blond de sa tresse ondoyante,

Qui haut volante ombrageait ses genoux.
Que de beautés ! mais le destin jaloux
Ne me permit de voir ma chère attente.

Marc Papillon, seigneur de Lasphrise

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La relation entre érotisme et poésie

16 Novembre 2020, 01:49am

Publié par vertuchou

La relation entre érotisme et poésie est telle qu’il est possible d’affirmer,

sans affectation, que le premier est une poétique corporelle

et la seconde une érotique verbale.

Octavio Paz

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