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Coups de cœur
L'invocation suprême
A la fin, tendrement,
Au travers des murs de la puissante maison fortifiée,
Eludant les verrous hermétiquement joints,
protection des portes solidement closes,
Que je sois emporté comme un souffle
Que je sorte en glissant sans bruit;
Avec la clef de la douceur ouvre les serrures- avec un
murmure
ouvre les portes toutes grandes, ô âme
Tendrement-ne sois pas impatiente
(Forte est ton emprise, ô chair mortelle
forte est ton emprise, ô amour)
Walt Whitman
Je t’aime
Je t’aime parce que je t’aime et voilà tout
et de t’aimer j’en arrive à ne pas t’aimer
et de t’attendre alors que je ne t’attends plus
mon cœur peut en passer du froid à la brûlure.
Je ne t’aime que parce que c’est toi que j’aime,
et je te hais sans fin, te hais et te supplie,
et la mesure de mon amour voyageur
est de ne pas te voir, de t’aimer en aveugle.
Et si, lumière de janvier, tu consumais
ton rayon cruel, et mon cœur tout entier,
me dérobant la clef de la tranquillité?
En cette histoire je m’arrive qu’à mourir
et si je meurs d’amour, c’est parce que e t’aime,
parce qu’amour, je t’aime, et à feu et à sang.
Pablo Neruda
The-Mennonites
Sonnet 130
Les yeux de ma maîtresse oublient d’être un soleil,
Et ses lèvres le cèdent au corail vermeil,
Sa poitrine à côté de la neige est de cendre,
Et les « cheveux d’or » prouvent que les siens sont noirs.
J’ai vu des roses de Damas blanches et rouges,
Mais je ne vois rien sur ses joues qui leur ressemble,
Et j’éprouve à certains parfums plus de délices
Que l’haleine de ma maîtresse n’en exhale.
Parle-t-elle, j’aime à l’entendre, mais je sais
Que la musique a des accents plus enchanteurs.
Comment s’avance une déesse, je l’ignore,
Mais ma maîtresse en sa foulée touche le sol.
Par le ciel, mon amour vaut bien ceux qu’aujourd’hui
Exaltent de mensongères analogies.
William Shakespeare
Elle dit
Elle dit :
-Regarde-nous, regarde comme on est bien, comme je te touche, comme je te caresse. Pourquoi se demander si on s’aime ? Si tu as besoin de verbaliser ton amour, le mien passe par le regard. Te voir me suffit.
Agnès Vannouvong, Après l'amour
A chaque amour que nous ferons
Je me noierai dans tes étreintes
Dans tes vallées, tes sillons
Tes merveilleux labyrinthes
Et tes mystérieuses plaintes
À chaque amour que nous ferons
Le rouge de ta bouche peinte
Enflammera l’horizon
Jusqu’aux étoiles presqu’éteintes
On y trouvera nos empreintes
Et de là, nous nous perdrons
Le monde peut dormir tranquille
Il ne fait qu’un rêve à la fois
Des rêves à la fois, j’en fais mille
Ils ont tes manières et ta voix
Avant de recouvrir la Terre
Chaque nouveau matin viendra
Naître en dessous de tes paupières
Et n’avancer qu’à ton pas
Tu feras fondre mes silences
Envoler tous mes ballons
Et s’écrouler en cadence
Dans les vertiges qui avancent
Tous mes soldats de plomb
A chaque instant, tout recommence
Chaque souffle, un tourbillon
Chaque geste, une impatience
La mort est la renaissance
À chaque amour que nous ferons
Le monde peut dormir tranquille
Il ne fait qu’un rêve à la fois
Des rêves à la fois, j’en fais mille
Ils ont tes manières et ta voix
Avant de recouvrir la Terre
Chaque nouveau matin viendra
Naître en dessous de tes paupières
Et n’avancer qu’à ton pas
Les enfants auront ton sourire
Ceux qui viendront, ceux qui sont là
Pour nous empêcher de grandir
Il ne restera qu’à choisir
Le fou qui annoncera pour moi
Le seul secret que je peux dire
Le jour qui se lève vient de toi
Je me noierai dans tes étreintes
Dans tes vallées, tes sillons
Tes merveilleux labyrinthes
Et tes mélodieuses plaintes
À chaque amour que nous ferons
Le monde peut dormir tranquille
Francis Cabrel
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Capricho árabe
Au fond noir
Au fond noir
des ténèbres de l'amour
je me suis perdu
rêve ou vérité
dites-le, mortels, si vous le pouvez.
Ariwara no Narihira
Tout poème est incarnation
Tout poème est incarnation. Incarnation de quoi ? C'est ce qu'il cherche à dire.
Tout poème est un compromis entre ce qui anime le poète et, ce qu le force à dire, et l'idiome dans lequel il dit.
Eugène Guillevic
