L'avenir de la poésie
L'avenir de la poésie est identique à son passé :
le temps n'existe pas pour elle. La poésie est.
-- Roberto Juarroz
Coups de cœur
L'avenir de la poésie est identique à son passé :
le temps n'existe pas pour elle. La poésie est.
-- Roberto Juarroz
Et naguère aux midis de résine imprégnés,
Après les bois de pins torrides, je baignais
Mes mains dans tes cheveux comme dans une eau pure,
Ô toi que mon amour ce soir caresse et pare.
Tu trempais en riant des roses dans du sucre
Et tu mordais dans leur fraîcheur à blanche nacre
Et quand tu me tendais tes lèvres, j’y goûtais
Les roses dont l’arôme embaume les étés.
Tristan Derème
Aux rayons du couchant, le long de cette ornière,
Je vous vois, peupliers revêtus de lumière ;
Dans la pénombre, oiseaux, votre cri répété
Pour la dernière fois a salué l’Été !
Va, brode l’horizon, brume délicieuse,
D’émeraude et d’onyx poussière précieuse :
Je veux me disperser ce soir dans le malheur
De l’automne qui vient, de l’automne en sa fleur.
Jean Moréas
Il n’existe aucun moyen de vérifier quelle décision est la bonne car il n’existe aucune comparaison. Tout est vécu tout de suite pour la première fois et sans préparation. Comme si un acteur entrait en scène sans jamais avoir répété.
Mais que peut valoir la vie, si la première répétition de la vie est déjà la vie même ? C’est ce qui fait que la vie ressemble toujours à une esquisse. Mais même “esquisse” n’est pas le mot juste, car une esquisse est toujours l’ébauche de quelque chose, la préparation d’un tableau, tandis que l’esquisse qu’est notre vie n’est une esquisse de rien, une ébauche sans tableau.
Milan Kundera, L’insoutenable légèreté de l’être
Tu pleures sur moi - Je te ciel.
Je te donne mon univers et
tu vis en moi.
C'est toi que j'aime aujourd'hui.
je t'aime
avec tous mes amours.
Frida Kahlo
Je m’éveille en la nuit non-nocturne de la Saint-Jean d’été, dans le blanc et l’allant du matin ;
La lune s’amenuise et s’affine, frange d’un ongle qu’une bougie éclaire,
Ou pelure d’un fruit de paradis, ravissante elle décline sans brillance,
S’élève du trône, du tertre funéraire de Menefa la montagne ;
D’une pointe l’accroche encore, d’une barbe pourtant l’agrippe et l’arrime, non pas toute séparée.
Vision précieuse, désirable, non poursuivie, offerte si facile,
Qui me détache feuille après feuille, me divise paupière après paupière de sommeil.
(19 juin 1876)
Gerard Manley Hopkins
Tu me plais. Quel événement. Tu me plais.
Quelle lenteur tout à coup.
Quelle douceur.
Tu ne peux pas savoir.
Tu me tues.
Tu me fais du bien.
Tu me tues.
Tu me fais du bien.
J'ai le temps.
Je t'en prie.
Dévore-moi.
Marguerite Duras, Hiroshima mon amour
Quand la mer ne me suffit pas
Je vogue dans l'infini de l'azur
Quand la rivière ne me suffit pas
Je me réfugie dans le gué qui gâte le coeur de son murmure
Quand la vie ne me suffit pas
J'en cherche une autre dans un livre
Quand la page blanche ne me suffit pas
Je cherche de l'espace dans tes yeux qui me rendent ivre.
Mohammed Labib