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Sur les collines de l’Ardèche

6 Août 2018, 02:01am

Publié par vertuchou

Sur les collines de l’Ardèche,
L’aube, demi-nue, a frémi...
Je me souviens d’une aube fraîche
Sur Paris à peine endormi.

Nous allions, nombreux, dans cette aube ;
Tour à tour, l’un de nous parlait.
Je me souviens de votre robe,
Quand votre hanche me frôlait.

Je me souviens de votre chambre
Aux rideaux baissés que le jour
Traversait de poussières d’ambre ;
J’entends les oiseaux dans la cour.

Ah ! je me souviens des caresses
De vos bras souples et musclés ;
De votre front parmi les tresses
De vos beaux cheveux écroulés.

Je me souviens de l’aube fraîche...
Mais à quoi bon ? puisque, devant
Les monts paisibles de l’Ardèche,
Je suis seul, au soleil levant !

Jean-Marc Bernard

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Le baiser

5 Août 2018, 02:48am

Publié par vertuchou

René François Ghislain Magritte (1898-1967), Le Baiser, 1951

René François Ghislain Magritte (1898-1967), Le Baiser, 1951

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Sonnet 116

4 Août 2018, 02:07am

Publié par vertuchou

Je ne veux à l'union de deux âmes sincères
Admettre empêchement. L'amour n'est point l'amour
S'il change en trouvant ailleurs le changement,
Ou s'éloigne en trouvant en l'autre l'éloignement.
Oh non ! il est un phare au regard immuable
Fixé sur la tempête et jamais ébranlé !
Pour tout navire errant il est l'astre qui guide,
Dont on prend la hauteur, mais ne sait l'influence.
L'amour n'est point le jouet du Temps, dont la faucille
Emporte en son croissant les joues et lèvres roses ;
Il n'est pas altéré par les jours, les semaines,
Mais endure et survit jusqu'à la fin des temps.
Si ceci est une erreur, contre moi démontrée,
Nul n'a jamais aimé et je n'ai rien écrit.

William Shakespeare

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Juge : Quelle votre profession ?

3 Août 2018, 02:46am

Publié par vertuchou

Juge : Quelle votre profession ?

Brodsky : je suis un poète.

Juge : Mais qui vous reconnaît comme poète, qui vous a enrôlé dans les rangs des poètes ?

Brodsky : Personne. Et qui m’a enrôlé dans les rangs de l'humanité ?

Juge : Avez-vous étudié pour être poète ?

Brodsky : Cela ne s'apprend dans aucune école. Cela est, cela vient de Dieu.

Joseph Brodsky

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Où veux-tu

2 Août 2018, 01:54am

Publié par vertuchou

Où veux-tu que je dépose mes caresses
lorsque la lune est rouge
lorsque mon cri échevelé vient te dire que l'amour fermente sous le lichen
lorsque tu danses près d'un gouffre de lumière
lorsque tu marches sur des plages garnies d'apothéoses et de galets hors saison
lorsque la mer me confie son silence me propose ses regrets comme la terre ses alarmes
lorsque tu ruisselles sous l'écorce de tes nuits inventées
lorsque je traverse le pont de tes rires téméraires
lorsque enfin nos mains fleurissent sous un grand pin argenté

Huguette Bertrand

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Photographie aérienne

1 Août 2018, 02:49am

Publié par vertuchou

Gerco de Ruijter, photographie aérienne

Gerco de Ruijter, photographie aérienne

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Le chat

31 Juillet 2018, 02:09am

Publié par vertuchou

Au sentiment, à la tendresse
Le chien joint la fidélité.
Le chat plaît par sa gentillesse.
Les grâces et l'agilité ;
En ses yeux brille un caractère
Tout à la fois plaisant et fin:
Dans l'art d'amuser le parterre
Il fut le maître de Carlin.
           
Contre des animaux paisibles
Le chien en plaine prend l'essor.
Contre des animaux nuisibles
Le chat nous sert bien mieux encor.
Quel prix n'auraient point ses services
Si, de ces êtres pleins d'appas,
Adorés, malgré leurs caprices,
Il pouvait prendre tous les rats.
           
Mais chat joli, femme jolie,
Toujours entre eux vivront en paix ;
Ruse, détour, plaisir, folie,
Pour tous deux ont mêmes attraits.
Voyez-vous comment la coquette
En use avec ses favoris ?
Elle les joue, elle les traite
Comme le chat fait la souris.
           
Le chat est friand ; et les belles
Partagent ce charmant défaut:
Il est amoureux; et près d'elles
L'est-on jamais plus qu'il ne faut?
D'amour le chat est leur modèle ;
Aussi, quand l'amant délicat
En obtient le prix de son zèle,
C'est toujours :
Mon cœur ou mon chat.
           
Ce mot-là, dis-le-moi sans cesse,
Eglé ! mais ne le dis qu'à moi.
Qu'il rend bien cette douce ivresse
Que je ne sens qu'auprès de toi !
De Minette offre-moi les charmes ;
Mais point de ses malins retours :
Pour mes rivaux garde ses armes ;
Fais pour moi patte de velours.
           
Louis Philipon De La Madelaine (1734-1818)  

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Je te dis que tu es amoureux

30 Juillet 2018, 02:32am

Publié par vertuchou

"Je te dis que tu es amoureux. Tu parles d'elle avec une emphase de poète et un lyrisme de troubadour. Allons, descends en toi, tâte ton coeur et avoue. ” Servigny fit quelques pas sans rien répondre, puis reprit :
“ C'est possible, après tout. Dans tous les cas, elle me préoccupe beaucoup. Oui, je suis peut-être amoureux. J'y songe trop.
Je pense à elle en m'endormant et aussi en me réveillant... c'est assez grave. Son image me suit, me poursuit, m'accompagne sans cesse, toujours devant moi, autour de moi, en moi. Est-ce de l'amour, cette obsession physique? Sa figure est entrée si profondément dans mon regard que je la vois sitôt que je ferme les yeux. J'ai un battement de coeur chaque fois que je l'aperçois, je ne le nie point. Donc je l'aime, mais drôlement. Je la désire avec violence, et l'idée d'en faire ma femme me semblerait une folie, une stupidité, une monstruosité. J'ai un peu peur d'elle aussi, une peur d'oiseau sur qui plane un épervier. Et je suis jaloux d'elle encore, jaloux de tout ce que j'ignore dans ce cœur incompréhensible. Et je me demande toujours: “ Est-ce une gamine charmante ou une abominable coquine? ” Elle dit des choses à faire frémir une armée ; mais les perroquets aussi.

Guy de Maupassant. La Maison Tellier

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L'amour à pas de loup

29 Juillet 2018, 02:16am

Publié par vertuchou

L’amour s’est arrêté chez nous
Et il a demandé asile
Il était frêle et bien chétif
Et son regard était si doux
Porteur des palmiers bleus des îles
De lunes bleues et de récifs

Il était frêle et bien chétif
Et son regard était si doux
Il a pris pied sur ma presqu’île
Abandonnant son frêle esquif
Et je me suis mise à genoux
Caressant des rêves fragiles

Porteur des palmiers bleus des îles
Et d’un bonheur trop fugitif
Il a comblé mes espoirs fous
Inondant d’un parfum subtil
Mon âme nue, mon cœur captif
Je l’ai suivi à pas de loup

Isabelle Fable

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Turiya And Ramakrishna

28 Juillet 2018, 02:36am

Publié par vertuchou

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