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Vertuchou.over-blog.com

Et seulement en vous tout mon rond se parfait

17 Décembre 2016, 02:39am

Publié par vertuchou

Ma plume sinon vous ne sait autre sujet,
Mon pied sinon vers vous ne sait autre voyage,
Ma langue sinon vous ne sait autre langage,
Mon oeil sinon vous ne connaît autre objet.
Si je souhaite rien, vous êtes mon souhait,
Vous êtes le doux gain de mon plaisant dommage,
Vous êtes le seul but où vise mon courage,
Et seulement en vous tout mon rond se parfait.

Pierre de Ronsard

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J’ai tant envie de toi.

16 Décembre 2016, 03:35am

Publié par vertuchou

J’ai tant envie de toi. J’en deviens fou. Je meurs à l’idée de te retrouver, de te voir, de t’embrasser. Je veux que ta main, ta bouche, ton sexe ne quittent mon sexe.

Je te vois partout, en tout, sur tout. Je t’aime à en mourir. Ton sexe couvre mon visage, il mange le mien, il me couvre de ta beauté, il couvre toute de ta beauté, de ton génie.

Tout est beau en toi : tes yeux, ta bouche, tes cheveux, tes seins, tes poils, tes fesses, ton sexe, tes jambes, ton sexe, tes mains qui ne lâchent plus ce qu’elles branlent, cet espace qui est entre tes cuisses, près de ton sexe, tes épaules.

Je me saoule de penser à chaque partie de ton corps. Et tout ce que tu fais me grise, me terrifie, me torture, me ravit, tout ce que tu fais est parfait.


Lettre de Paul Eluard à Gala

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Le chant

15 Décembre 2016, 02:24am

Publié par vertuchou

À travers le silence
Apparent du cosmos

Montent vers celui
Qui les écoute

Des milliards de chants
Qui finissent

Par trouver en lui
Un point de convergence.

Eugène Guillevic

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Sonate N°1 pour viole de gambe

14 Décembre 2016, 03:18am

Publié par vertuchou

Jean-Sébastien Bach, Sonate pour clavecin et viole de gambe en sol majeur BWV 1027, allegro ma non tanto 3/4

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Folles nuits

13 Décembre 2016, 03:14am

Publié par vertuchou

Folles nuits  —folles nuits !
Si  j'étais  avec toi
De folles nuits seraient
Notre luxure !

Futiles  —les vents—
Pour un cœur au  port—  
Plus de boussole—
Plus de carte !
 
Ramant dans l'Eden—  
Oh! la mer!
Si je pouvais amarrer  —ce soir—
En toi !

Emily Dickinson

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Un poème

12 Décembre 2016, 03:10am

Publié par vertuchou

Un poème est une personne nue.

Bob Dylan

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En moi régnait la désolation

11 Décembre 2016, 02:54am

Publié par vertuchou

En moi régnait la désolation


Où ton inexistence était si forte. elle était devenue forme d'être.

En moi régnait la désolation. comme conversant à voix basse.

Mais les paroles n’avaient pas la force de franchir.

De franchir seulement. car il n'y avait pas quoi.

On se tourne vers le monde. on se tourne vers soi.

On voudrait n'habiter aucunement.

C'est le noyau habituel de l'infortune.

"Vous" était notre mode d'adresse. l’avait été.

Morte je ne pouvais plus dire que : "tu".

 

Jacques Roubaud

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Tri-Borough Bridge East 125th Street Approach, Manhattan

10 Décembre 2016, 03:39am

Publié par vertuchou

Berenice Abbott, Tri-Borough Bridge East 125th Street Approach, Manhattan,  29 juin 1937.

Berenice Abbott, Tri-Borough Bridge East 125th Street Approach, Manhattan, 29 juin 1937.

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La vie solitaire

9 Décembre 2016, 04:31am

Publié par vertuchou

[...]

Amour, amour  très  loin tu  t’es  enfui
De mon cœur,  qui  fut  si  vif  un jour,
Et  brûlant  même. De sa main  froide
L’a  serré la  détresse ; en glace il  s’est  changé
Dans la fleur  des années.  Je me  souviens  du  temps
Où tu  me pénétrais. C’était  ce  temps
Léger  irrévocable, alors  que  s’ouvre
Aux  yeux enfants la  misérable
Scène  du  monde et leur  souci  comme  l’image
D’un  paradis. D’une pure  espérance
Et  de  désir, dans la poitrine  du  jeune homme,
Le cœur  bondit ; et  comme  au  jeu  , comme  à  la  danse
Déjà  s’apprête  à l’œuvre  de la  vie
Le  malheureux  mortel Ah,  mais à peine,
Amour, t’avais-je  vu,  que la fortune
Avait  déjà  brisé mon  être  , et  qu’à ses  yeux,
Il  ne convenait  plus  que  de pleurer  toujours.

Giacomo  Leopardi

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À l’heure où, dans le ciel...

8 Décembre 2016, 02:28am

Publié par vertuchou

    À l’heure où, dans le ciel, la Pléiade déroulait sa ceinture sertie de joyaux,  j’arrivais à elle. Elle avait ôté ses vêtements comme pour dormir et guettait ma venue, habillée seulement d’une légère tunique. [..]
     Nous sortions de sa tente. En marchant, elle laissait traîner derrière nous, pour effacer nos traces, le pan d’un manteau bariolé.  Nous parvenions aux limites du campement et, un coin accueillant s’étant offert à nous, à l’abri d’une bande de sable haute et ondoyante,
    Je tirais à moi ses deux nattes. Consentante, elle inclinait doucement un corps à la taille svelte et aux fines chevilles.  Douce et blanche, son ventre était mince et plat et son cou lisse comme un miroir. [...]    Sa taille avait la finesse d’une cordelette de cuir et sa jambe était aussi lisse que la tige du papyrus qui pousse à l’ombre des palmiers.
    Le matin, c’était sur une couche semée de brins de musc qu’elle s’éveillait, s’y prélassant longtemps. On la servait car elle n’était la servante de personne.
    Pour prendre, elle tendait des doigts fragiles et lisses, fins comme […] les rameaux d’un ishil.  Le soir, son visage éclairait dans les ténèbres, comme la lampe d’un moine retiré du monde. [...] "

  Imru l’Qays, (traduction de J.-J. Schmitt)

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