Joie / Joy
Brisée d’être captive;
Éternité promise
Au baiser qui s’accorde à ton vol.
He who binds to himself a joy
Does the winged life destroy;
But he who kisses the joy as it flies,
Lives in eternity's sunrise.
Coups de cœur
Sans Poésie - libre, follement libre - l'univers serait boule morte.
La poésie aux lèvres rouges : la potion magique pour guérir, peut-être,
l'angoisse électrique de l'inconnu qui écrivit une certaine heure de fièvre
sur les murs de Mai 1968 : « Y a-t-il une vie avant la mort ? »
André Laude
Je rapporterai du futur,
Une larme versée,
Dans un petit anneau, je l’enchâsserai.
Si tu te promènes seule,
Passe-le sur...
Sur ton annulaire, bien sûr.
Et les autres, elles ont leurs maris,
Des anneaux jaunets,
Des boucles d'oreille nacrées.
Et moi, j’ai une larme,
Une turquoise liquide,
Qui sèche au petit matin.
Tant qu’il est visible de loin,
Porte l’anneau.
Après, il s’en trouvera un autre.
Et si tu te lasses de le porter,
Tu auras quelque chose à laisser tomber
Au fond d’un puits, dans la nuit.
Joseph Brodsky
Bedřich SMETANA : Trio op. 15 en sol mineur. pour piano, violon et violoncelle
Près de la mer, la mer nocturne et déserte,
Un jeune homme est debout,
Le coeur plein de chagrin, l'esprit plein de doute;
Sombre et triste, il interroge les flots:
"Oh! expliquez-moi l'énigme de la vie,
L'antique et douloureuse énigme,
Sur laquelle tant d'hommes se sont penchés:
Savants à calottes hiéroglyphiques,
Magiciens en turban et barrettes noires,
Têtes coiffées de perruques et mille autres
Pauvres fronts humains baignés de sueur.
Dites-moi, la vie humaine a-t-elle un sens?
D'où vient l'homme ? Où va-t-il ?
Qui habite là-haut dans les étoiles d'or ?"
Les flots murmurent leur éternelle chanson,
Le vent souffle, et les nuages s'enfuient,
Les étoiles scintillent, indifférentes et froides,
Et un fou attend une réponse
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Am Meer, am wüsten, nächtlichen Meer
Steht ein Jüngling-Mann,
Die Brust voll Wehmut, das Haupt voll Zweifel,
Und mit düstern Lippen fragt er die Wogen:
"O löst mir das Rätsel,
Das qualvoll uralte Rätsel,
Worüber schon manche Häupter gegrübelt,
Häupter in Hieroglyphenmützen,
Häupter in Turban und schwarzem Barett,
Perückenhäupter und tausend andere
Arme schwitzende Menschenhäupter -
Sagt mir, was bedeutet der Mensch?
Woher ist er gekommen? Wo geht er hin?
Wer wohnt dort oben auf goldenen Sternen?"
Es murmeln die Wogen ihr ewges Gemurmel,
Es wehet der Wind, es fliehen die Wolken,
Es blinken die Sterne, gleichgültig und kalt,
Und ein Narr wartet auf Antwort.
Heinrich Heine
J’appelle poésie ce qui vous frappe comme un couteau au coeur.
Cioran
chez moi j'ai un piano bleu
mais je ne sais aucune note.
il se tient dans le noir de la porte de la cave,
depuis le jour où le monde est devenu brutal.
les étoiles jouaient jadis à quatre mains
- la femme lune chantait dans le bateau -
maintenant des rats dansent dans sa gorge.
cassé est le clavier -
je pleure pour la mort bleue.
Ah chers anges, ouvrez-moi
- j'ai tant mangé du pain amer -
les portes du paradis pendant que je vis encore,
oui même contre les interdictions.
Else Lasker-Schüler
Celui qui a parcouru les profondeurs abyssales de l’amour,
Tour à tour dévoré par la soif
Ou s’abreuvant à la source,
Traverse sans dommage l’aridité
Ou les riches floraisons.
L’écoulement des saisons
Ne le touche point.
Au fond du gouffre de l’absence
Comme sur les cimes de l’union,
Son cœur reste serein
Et tel qu’en lui-même.
Chant XIV, 13
Hadewijch d'Anvers
Quand je l'imaginais près de moi, mon désir arrivait vite, brutal, comme une gifle, je ne perdais jamais son visage, aucun autre ne pouvant s'y substituer. J'aimais l'idée de me donner à lui et de lui faire confiance. J'aimais nos deux images réunies, elles me semblaient vraies.
Il m'arrivait encore de ressentir le vide de mon hiver, de mes heures sans fin à vouloir capturer son regard, son sourire, ses gestes. Je voulais alors le serrer contre moi, le séduire depuis mon silence
Nina Bouraoui, Appelez-moi par mon prénom