Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Vertuchou.over-blog.com

Sans savoir pourquoi, il fut attiré par elle

24 Décembre 2016, 03:05am

Publié par vertuchou

Sans savoir pourquoi, il fut attiré par elle, c'était fou, c'était évident, c'était instinctif. Il devait à tout prix lui parler. Mais dès qu'il avança vers elle, il commença à souffrir. Cette image, cette fille sortant de l'église, le hantait déjà comme si elle était un souvenir et non le présent. Une fois face à elle, il se mit en travers de son chemin et lui dit : "Vous êtes si belle que je préfère ne jamais vous revoir."
Mon père aimait plus que tout ce souvenir car il estimait, sûrement à juste titre, que c'était la seule fois de sa vie où il avait été héroïque, étonnant, et même charmant. Il n'en revenait pas d'avoir été soumis à une telle pulsion. Et puis, bien sûr, pour saisir entièrement la saveur de ce moment, il fallait ajouter que cette femme allait devenir sa femme. Cette femme allait devenir ma mère.
David Foenkinos, les souvenirs

Voir les commentaires

Donne-moi ta main

23 Décembre 2016, 02:03am

Publié par vertuchou

« Donne-moi ta main
et je te conduirai aux champs interprétés par l’hymne des moissons.
Hâtons-nous avant que les oiseaux ne nous disputent les fruits,
avant que les insectes ne fassent des feuilles entrouvertes leur nourriture.
Donne-moi ta main,
je t’apprendrai cette saveur du sol reconnaissant,
je te donnerai pour couche la terre amie
et j’offrirai à ta tête vieillie de reposer
sur l’herbe silencieuse des champs.
Je ne demanderai rien,
tu entendras seulement la mélodie des jeunes eaux
et ces paroles prononcées par mon regard sur ton visage bien-aimé. »

Adalgisa Nery

Voir les commentaires

No surprises

22 Décembre 2016, 02:56am

Publié par vertuchou

Voir les commentaires

l'amour et la mort

21 Décembre 2016, 02:53am

Publié par vertuchou

Non, non, tout n'est pas dit, vers la beauté fragile
Quand un charme invincible emporte le désir,
Sous le feu d'un baiser quand notre pauvre argile
A frémi de plaisir.

Notre serment sacré part d'une âme immortelle ;
C'est elle qui s'émeut quand frissonne le corps ;
Nous entendons sa voix et le bruit de son aile
Jusque dans nos transports.

Nous le répétons donc, ce mot qui fait d'envie
Pâlir au firmament les astres radieux,
Ce mot qui joint les coeurs et devient, dès la vie,
Leur lien pour les cieux.

Dans le ravissement d'une éternelle étreinte
Ils passent entraînés, ces couples amoureux,
Et ne s'arrêtent pas pour jeter avec crainte
Un regard autour d'eux.

Ils demeurent sereins quand tout s'écroule et tombe ;
Leur espoir est leur joie et leur appui divin ;
Ils ne trébuchent point lorsque contre une tombe
Leur pied heurte en chemin.

Toi-même, quand tes bois abritent leur délire,
Quand tu couvres de fleurs et d'ombre leurs sentiers,
Nature, toi leur mère, aurais-tu ce sourire
S'ils mouraient tout entiers ?

Sous le voile léger de la beauté mortelle
Trouver l'âme qu'on cherche et qui pour nous éclôt,
Le temps de l'entrevoir, de s'écrier : “ C'est Elle ! ”
Et la perdre aussitôt,

Et la perdre à jamais ! Cette seule pensée
Change en spectre à nos yeux l'image de l'amour.
Quoi ! ces voeux infinis, cette ardeur insensée
Pour un être d'un jour !

Et toi, serais-tu donc à ce point sans entrailles,
Grand Dieu qui dois d'en haut tout entendre et tout voir,
Que tant d'adieux navrants et tant de funérailles
Ne puissent t'émouvoir,

Qu'à cette tombe obscure où tu nous fais descendre
Tu dises : “ Garde-les, leurs cris sont superflus.
Amèrement en vain l'on pleure sur leur cendre ;
Tu ne les rendras plus ! ”

Mais non ! Dieu qu'on dit bon, tu permets qu'on espère ;
Unir pour séparer, ce n'est point ton dessein.
Tout ce qui s'est aimé, fût-ce un jour, sur la terre,
Va s'aimer dans ton sein.

 Louise Ackermann

Voir les commentaires

Les mots

20 Décembre 2016, 02:52am

Publié par vertuchou


Les mots qui vont surgir savent
de nous ce que nous ignorons d'eux.

 --- René Char

 

Voir les commentaires

L’écorce des cœurs

19 Décembre 2016, 02:43am

Publié par vertuchou

Bien sûr je sais qu’à cette heure
Partout dans le monde
Des hommes se blottissent de peur
Des enfants ne font plus la ronde
Des étoiles au bout de leurs doigts
Que des femmes se cachent de la bête immonde
De la violence quotidienne qui leur est faite…

Mais comment ne pas penser d’abord à toi
A tes seins bourdonnant comme des abeilles
A ta bouche fruitée qui déborde du cœur
A tes mains d’où ruissellent des caresses de soleil
A tes épaules nues ou je cueille des fleurs
Au parfum crémeux de ton ventre blanc
Oui comment ne pas penser d’abord à toi
A tes caresses comme une odorante verdure
A tes élans puissants traduits dans un murmure
A la source de vie que tu portes en toi
A ce regard d’Amour que tu as posé sur moi
A ce sourire de fée qui dessine ma joie
Comment ne pas d’abord penser à toi
Qui n’a que la beauté à opposer à la laideur
La vérité de toi dissimulée à toi dans ton regard
Qui cherche à te trouver dans les méandres du cœur
Qui veux être pour toi une belle aventure
Et qui cherche toi-même à te mettre au monde

Ô Mon Amour, ma force et ma vigueur t’accompagnent
Puisque de tous les jours je te veux ma compagne.

Jacques Viallebesset

Voir les commentaires

The Wind From The Sea

18 Décembre 2016, 02:40am

Publié par vertuchou

Andrew Wyeth (1917-2009), ‘The Wind From The Sea’, 1947

Andrew Wyeth (1917-2009), ‘The Wind From The Sea’, 1947

Voir les commentaires

Et seulement en vous tout mon rond se parfait

17 Décembre 2016, 02:39am

Publié par vertuchou

Ma plume sinon vous ne sait autre sujet,
Mon pied sinon vers vous ne sait autre voyage,
Ma langue sinon vous ne sait autre langage,
Mon oeil sinon vous ne connaît autre objet.
Si je souhaite rien, vous êtes mon souhait,
Vous êtes le doux gain de mon plaisant dommage,
Vous êtes le seul but où vise mon courage,
Et seulement en vous tout mon rond se parfait.

Pierre de Ronsard

Voir les commentaires

J’ai tant envie de toi.

16 Décembre 2016, 03:35am

Publié par vertuchou

J’ai tant envie de toi. J’en deviens fou. Je meurs à l’idée de te retrouver, de te voir, de t’embrasser. Je veux que ta main, ta bouche, ton sexe ne quittent mon sexe.

Je te vois partout, en tout, sur tout. Je t’aime à en mourir. Ton sexe couvre mon visage, il mange le mien, il me couvre de ta beauté, il couvre toute de ta beauté, de ton génie.

Tout est beau en toi : tes yeux, ta bouche, tes cheveux, tes seins, tes poils, tes fesses, ton sexe, tes jambes, ton sexe, tes mains qui ne lâchent plus ce qu’elles branlent, cet espace qui est entre tes cuisses, près de ton sexe, tes épaules.

Je me saoule de penser à chaque partie de ton corps. Et tout ce que tu fais me grise, me terrifie, me torture, me ravit, tout ce que tu fais est parfait.


Lettre de Paul Eluard à Gala

Voir les commentaires

Le chant

15 Décembre 2016, 02:24am

Publié par vertuchou

À travers le silence
Apparent du cosmos

Montent vers celui
Qui les écoute

Des milliards de chants
Qui finissent

Par trouver en lui
Un point de convergence.

Eugène Guillevic

Voir les commentaires