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Vertuchou.over-blog.com

Elle vit sa propre main

7 Juillet 2012, 05:45am

Publié par vertuchou

Elle vit sa propre main apparaître au-dessus de la petite colline

que formaient ses fesses qu’elle commença à caresser.

Son autre main glissait entre ses jambes et elle la voyait par-derrière dans le miroir.

De cette main, elle se caressait le sexe d’avant en arrière. Son majeur pénétra en elle

et elle le fit aller et venir. Elle eut soudain envie d’être prise des deux côtés à la fois

et de glisser son autre majeur entre ses fesses. En remuant d’avant en arrière,

elle sentait tour à tour les deux doigts comme cela lui arrivait parfois

lorsque Martinez et un ami la caressaient en même temps.

L’approche de l’orgasme l’excita, elle se mit à faire des gestes convulsifs,

comme pour attraper le dernier fruit d’une branche ;

tirant, tirant sur la branche pour faire éclater le tout en un orgasme sauvage,

qui l’envahit alors qu’elle se regardait dans la glace,

et voyait ses mains actives, et le miel briller, mouillant tout son sexe

et ses fesses, entre les jambes.


Anaïs Nin
Venus Erotica / 1940

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Laisse-moi t'aimer

6 Juillet 2012, 05:38am

Publié par vertuchou

Laisse-moi t'aimer.
J'aime le goût de ton sang épais
Je le garde longtemps dans ma bouche sans dents.
Son ardeur me brûle la gorge.
J'aime ta sueur.
J'aime caresser tes aisselles
Ruisselantes de joie.
Laisse-moi t'aimer.
Laisse-moi lécher tes yeux fermés.
Laisse-moi les percer avec ma langue pointue.
Et remplir leur creux de ma salive triomphante.
Laisse-moi t'aveugler.

Joyce Mansour

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La sieste

5 Juillet 2012, 05:36am

Publié par vertuchou

Pas un seul bruit d'insecte ou d'abeille en maraude,
Tout dort sous les grands bois accablés de soleil
Où le feuillage épais tamise un jour pareil
Au velours sombre et doux des mousses d'émeraude.

Criblant le dôme obscur, Midi splendide y rôde
Et, sur mes cils mi-clos alanguis de sommeil,
De mille éclairs furtifs forme un réseau vermeil
Qui s'allonge et se croise à travers l'ombre chaude.

Vers la gaze de feu que trament les rayons,
Vole le frêle essaim des riches papillons
Qu'enivrent la lumière et le parfum des sèves ;

Alors mes doigts tremblants saisissent chaque fil,
Et dans les mailles d'or de ce filet subtil,
Chasseur harmonieux, j'emprisonne mes rêves.

 

José-Maria de Heredia 

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Einige Kreise

4 Juillet 2012, 05:28am

Publié par vertuchou

Kandinsky.jpg

 

Wladimir Kandinsky

Einige Kreise

1926


Quelques cercles
Several Circles


Huile sur toile

140,3 x 140,7 cm

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« Après midi »

3 Juillet 2012, 05:10am

Publié par vertuchou

Les gestes ébauchés se terminent en souffrance
Et au bout de cent pas on aimerait rentrer
Pour se vautrer dans son mal être et se coucher
Car le corps de douleur fait peser sa présence

Dehors il fait très chaud et le ciel est splendide,
La vie fait tournoyer le corps des jeunes gens
Que la nature appelle aux fêtes de printemps
Vous êtes seul hanté par l'image du vide,

Et vous sentez peser votre chair solitaire
Et vous ne croyez plus à la vie sur la Terre
Votre corps fatigué palpite avec effort

Pour repousser le sang dans vos membres trop lourds
Vous avez oublié comment on fait l'amour,
La nuit tombe sur vous comme un arrêt de mort.

Michel Houellebecq

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Avec ses vêtements ondoyants et nacrés

2 Juillet 2012, 04:55am

Publié par vertuchou

Avec ses vêtements ondoyants et nacrés,
Même quand elle marche on croirait qu'elle danse,
Comme ces longs serpents que les jongleurs sacrés
Au bout de leurs bâtons agitent en cadence.

Comme le sable morne et l'azur des déserts,
Insensibles tous deux à l'humaine souffrance,
Comme les longs réseaux de la houle des mers,
Elle se développe avec indifférence.

Ses yeux polis sont faits de minéraux charmants,
Et dans cette nature étrange et symbolique
Où l'ange inviolé se mêle au sphinx antique,

Où tout n'est qu'or, acier, lumière et diamants,
Resplendit à jamais, comme un astre inutile,
La froide majesté de la femme stérile.

 

Charles Baudelaire

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Giovanni Mirabassi Trio

1 Juillet 2012, 05:22am

Publié par vertuchou

Giovanni Mirabassi Trio Jazz sous les Pommiers 2011 Giovanni Mirabassi -- piano Gianluca Renzi -- contrebasse Lukmil Perez -- batterie

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Le condamné à mort

30 Juin 2012, 05:05am

Publié par vertuchou

SUR MON COU sans armure et sans haine, mon cou
Que ma main plus légère et grave qu’une veuve
Effleure sous mon col, sans que ton cœur s’émeuve,
Laisse tes dents poser leur sourire de loup.

Ô viens mon beau soleil, ô viens ma nuit d’Espagne,
Arrive dans mes yeux qui seront morts demain.
Arrive, ouvre ma porte, apporte-moi ta main,
Mène-moi loin d’ici battre notre campagne.

Le ciel peut s’éveiller, les étoiles fleurir,
Ni les fleurs soupirer, et des prés l’herbe noire
Accueillir la rosée où le matin va boire,
Le clocher peut sonner : moi seul je vais mourir.

Ô viens mon ciel de rose, ô ma corbeille blonde !
Visite dans sa nuit ton condamné à mort.
Arrache-toi la chair, tue, escalade, mords,
Mais viens ! Pose ta joue contre ma tête ronde.

Nous n’avions pas fini de nous parler d’amour.
Nous n’avions pas fini de fumer nos gitanes.
On peut se demander pourquoi les cours condamnent
Un assassin si beau qu’il fait pâlir le jour.

Amour viens sur ma bouche ! Amour ouvre tes portes !
Traverse les couloirs, descends, marche léger,
Vole dans l’escalier, plus souple qu’un berger,
Plus soutenu par l’air qu’un vol de feuilles mortes.

Ô Traverse les murs ; s’il le faut marche au bord
Des toits, des océans ; couvre-toi de lumière,
Use de la menace, use de la prière,
Mais viens, ô ma frégate, une heure avant ma mort.

Jean Genet

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Le poète est toujours malheureux

29 Juin 2012, 05:19am

Publié par vertuchou

Le poète est toujours malheureux

parce que rien ne remplace pour lui ce qu'il voit en rêve

 

Alfred de Vigny

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The Garden / le jardin

28 Juin 2012, 05:16am

Publié par vertuchou

The garden admires you.
For your sake it smears itself with green pigment,
The ecstatic reds of the roses,
So that you will come to it with your lovers.

And the willows--
See how it has shaped these green
Tents of silence. Yet
There is still something you need,
Your body so soft, so alive, among the stone animals.

Admit that it is terrible to be like them,


Beyond harm.


 Louise Glück

Le jardin t'admire.
Pour ton bien il se barbouille de pigment vert,
Des rouges extatiques des roses,
Pour que tu viennes à lui avec ton amoureux.

Et les saules-
Vois comme il a façonné ces vertes
Tentes de silence. Pourtant,
Il ya encore quelque chose dont tu as besoin,
Ton corps si doux, vivant, parmi les animaux de pierre.

Admets que c'est terrible d'être comme eux,

Au-delà du mal.

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