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Les rendez-vous

16 Janvier 2013, 05:42am

Publié par vertuchou

Tu m’as quitté par toutes les portes
Tu m’as laissé dans tous les déserts
Je t’ai cherchée à l’aube et je t’ai perdue à midi
Tu n’étais nulle part où j’arrive
Qui saurait dire le Sahara d’une chambre sans toi
La foule d’un dimanche où rien ne te ressemble
Un jour plus vide que vers la mer la jetée
Le silence où j’appelle et tu ne réponds pas
Tu m’as quitté présente immobile
Tu m’as quitté partout tu m’as quitté des yeux
Du cœur des songes
Tu m’as quitté comme une phrase inachevée
Un objet par hasard une chose une chaise
Une villégiature à la fin de l’été
Une carte-postale dans un tiroir
Je suis tombé de toi toute la vie au moindre geste
Tu ne m’as jamais vu pleurer pour ta tête détournée
Ton regard au diable de moi
Un soupir dont j’étais absent
As-tu jamais eu pitié de ton ombre à tes pieds ?

Louis Aragon

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Lascia ch'io pianga

15 Janvier 2013, 05:38am

Publié par vertuchou

 

 

Lascia ch'io pianga
Paolo Fresu (trompette)
Uri Caine (piano)
Jazz sous les Pommiers
2010

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Le poète c’est l’homme qui parle

14 Janvier 2013, 05:45am

Publié par vertuchou

Le poète c’est l’homme qui parle

à la place de tout ce qui se tait autour de lui.

 

Paul Claudel

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Le golfe de Saint-Tropez

13 Janvier 2013, 05:37am

Publié par vertuchou

Matisse_golfe-de-St-Tropez.jpg

 

Henri Matisse

1869–1954


le golfe de Saint -Tropez

1904


huile sur toile

65.1 x 50.5 cm

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La bouche

12 Janvier 2013, 05:48am

Publié par vertuchou

Ni sa pensée, en vol vers moi par tant de lieues,
Ni le rayon qui court sur son front de lumière,
Ni sa beauté de jeune dieu qui la première
Me tenta, ni ses yeux – ces deux caresses bleues;

Ni son cou ni ses bras, ni rien de ce qu’on touche,
Ni rien de ce qu’on voit de lui ne vaut sa bouche
Où l’on meurt de plaisir et qui s’acharne à mordre,

Sa bouche de fraîcheur, de délices, de flamme,
Fleur de volupté, de luxure et de désordre,
Qui vous vide le coeur et vous boit jusqu’à l’âme…

Marie Nizet

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Non l’amour n’est pas mort

11 Janvier 2013, 05:42am

Publié par vertuchou

 Non l’amour n’est pas mort en ce coeur et ces yeux et cette bouche

qui proclamait ses funérailles commencées.

Ecoutez j’en ai assez du pittoresque et des couleurs et du charme.

J’aime l’amour, sa tendresse et sa cruauté.

Mon amour n’a qu’un seul nom,

qu’une seule forme.

Tout passe. Des bouches se collent à cette bouche.

Mon amour n’a qu’un nom, qu’une forme.

Et si quelque jour tu t’en souviens

O toi, forme et nom de mon amour,

Un jour sur la mer entre l’Amérique et l’Europe,

À l’heure où le rayon final du soleil se réverbère sur la surface ondulée des vagues,

ou bien une nuit d’orage sous un arbre dans la campagne

ou dans une rapide automobile,

Un matin de printemps boulevard Malesherbes,

Un jour de pluie,

À l’aube avant de te coucher,

Dis-toi, je l’ordonne à ton fantôme familier, que je fus seul à t’aimer davantage

et qu’il est dommage que tu ne l’aies pas connu.

Dis-toi qu’il ne faut pas regretter les choses : Ronsard avant moi

et Baudelaire ont chanté le regret des vieilles et des mortes

ui méprisèrent le plus pur amour.

Toi quand tu seras morte

Tu seras belle et toujours désirable.

Je serai mort déjà, enclos tout entier en ton corps immortel, en ton image étonnante

présente à jamais parmi les merveilles perpétuelles de la vie et de l’éternité,

mais si je vis

Ta voix et son accent, ton regard et ses rayons,

L’odeur de toi et celle de tes cheveux et beaucoup d’autres choses encore vivront en moi,

Et moi qui ne suis ni Ronsard ni Baudelaire,


Moi qui suis Robert Desnos et qui pour t’avoir connue et aimée,


Les vaux bien ;


Moi qui suis Robert Desnos, pour t’aimer


Et qui ne veux pas attacher d’autre réputation à ma mémoire sur la terre méprisable.

 

Robert Desnos

 

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La poésie, c’est une belle femme

10 Janvier 2013, 05:40am

Publié par vertuchou

 

La poésie, c’est une belle femme nue qui se baladerait sur les Champs-Élysées

et qu’on ne remarquerait pas.

Qu’on ne verrait pas.

Sinon brièvement, les aveugles.

 

Georges Perros

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Une cantate imaginaire

9 Janvier 2013, 05:27am

Publié par vertuchou

 

 


 

 

Johann Sebastian Bach.
Une cantate imaginaire


Sinfonia extraite de la Cantate BWV 42
"Getrost!" extrait de la Cantate BWV 133
"Wie furchtsam wankten meine Schritte" extrait de la Cantate BWV 33
Sinfonia extraite de la Cantate BWV 174
Sinfonia extraite de la Cantate BWV 4
"Stirb in mir, Welt und alle deine liebe" extrait de la Cantate BWV 169
"Ebarme dich" extrait de la Passion St Matthieu BWV 244
Sinfonia extraite de la Cantate BWV 21
"Nichts kann mich erretten" extrait de la Cantate BWV 74

 

 

Nathalie Stutzmann, Orfeo 55.
Festival d'Ambronay, 6 october 2012.

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Crépuscule d’automne

8 Janvier 2013, 05:25am

Publié par vertuchou

Sous le souffle étouffé des vents ensorceleurs
J’entends sourdre sous bois les sanglots et les rêves :
Car voici venir l’heure où dans des lueurs brèves
Les feuilles des forêts entonnent, choeur en pleurs,
L’automnal requiem des soleils et des sèves.

Comme au fond d’une nef qui vient de s’assombrir
L’on ouït des frissons de frêles banderolles,
Et le long des buissons qui perdent leurs corolles
La maladive odeur des fleurs qui vont mourir
S’évapore en remous de subtiles paroles.

Sous la lune allumée au nocturne horizon
L’âme de l’angelus en la brume chantonne :
L’écho tinte au lointain comme un glas monotone
Et l’air rêve aux frimas de la froide saison
A l’heure où meurt l’amour, à l’heure où meurt l’automne !

Stuart Merill

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Nous éclatons de rire

7 Janvier 2013, 05:48am

Publié par vertuchou

Nous éclatons de rire. Nous nous allongeons ensemble et faisons l’amour,

doucement, tendrement, nous nageons en plein amour, et pour la première fois,

l’orgasme m’envahit par surprise, sans que j’y pense, presque paisiblement,

comme une aube qui se lève lentement, un lent épanouissement né de l’abandon,

de la décontraction, né du non-être.

Aucun effort pour l’atteindre. Tombant comme la pluie, noyant l’esprit et le faisant fleurir.

 

Anaïs Nin
Journal V / 1947-1955

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