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Cœur à cœur

23 Décembre 2012, 05:52am

Publié par vertuchou

Enfin me voilà debout

Je suis passé par là

Quelqu'un passe aussi par là maintenant

Comme moi

Sans savoir où il va

Je tremblais

Au fond de la chambre le mur était noir

Et il tremblait aussi

Comment avais-je pu franchir le seuil de cette porte

On pourrait crier

Personne n'entend
On pourrait pleurer

Personne ne comprend

J'ai trouvé ton ombre dans l'obscurité

Elle était plus douce que toi-même

Autrefois

Elle était triste dans un coin

La mort t'a apporté cette tranquillité

Mais tu parles tu parles encore
Je voudrais te laisser

S'il venait seulement un peu d'air

Si le dehors nous permettait encore d'y voir clair

On étouffe

Le plafond pèse sur ma tête et me repousse

Où vais-je me mettre où partir

Je n'ai pas assez de place pour mourir

Où vont les pas qui s'éloignent de moi et que j'entends

Là-bas très loin

Nous sommes seuls mon ombre et moi

La nuit descend

 

 

Pierre Reverdy

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1, 2, 3

22 Décembre 2012, 05:04am

Publié par vertuchou

1,2,3
Y en a 1 de trop
C'est pas toi c'est l'autre

Assis en face un soir
Beau comme un étranger
On a échangé un regard
Et maintenant je veux t'échanger

1,2,3
C'était mieux à 2
Les yeux dans les yeux

Mais pas 2 sans trois
Je veux vivre sans toi
Ou bien tout se trouble

Je croise son double au détour des rues
Quand je suis dans tes bas
Je ne vois plus que lui

Assis en face un soir
Beau comme un étranger
On a échangé un regard
Et maintenant je veux t'échanger

Assis en face un soir
Beau comme un étranger
On a échangé un regard
Et je veux t'échanger

je veux t'échanger

1,2,3
Mon soleil c'était toi
Je suis perdue

3,2,1
C'est trois fois mieux toute seule
Sans compte à régler
Et puis de deux perdus
10 de retrouvés

Dix de retrouvés


Camille

 

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Beauté de qui la grâce ...

21 Décembre 2012, 05:00am

Publié par vertuchou

Beauté de qui la grâce étonne la nature,
Il faut donc que je cède à l'injure du sort,
Que je vous abandonne, et loin de votre port
M'en aille au gré du vent suivre mon aventure.

Il n'est ennui si grand que celui que j'endure :
Et la seule raison qui m'empêche la mort,
C'est le doute que j'ai que ce dernier effort
Ne fût mal employé pour une âme si dure.

Caliste, où pensez-vous ? qu'avez-vous entrepris ?
Vous résoudrez-vous point à borner ce mépris,
Qui de ma patience indignement se joue ?

Mais, ô de mon erreur l'étrange nouveauté,
Je vous souhaite douce, et toutefois j'avoue
Que je dois mon salut à votre cruauté.

 

 François de Malherbe

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Destination

20 Décembre 2012, 05:49am

Publié par vertuchou

Nos yeux sont faits les uns pour les autres
Nos mains, nos lèvres
Et l’amour pour nous

La nuit est justement faite pour l’amour
Le vent pour la nuit
Et la pluie pour le vent

Nos baisers sont faits pour la pluie
Notre chambre pour les baisers
Et le monde pour notre chambre

Et nous pour le monde



Ataol  Behramoglu
 
Traduit par Y. Avunç

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Concerto pour luth en Ré Majeur R 93

19 Décembre 2012, 05:20am

Publié par vertuchou

 

 

 

 

Antonio Lucio Vivaldi,
1678 -1741

Concerto pour luth en Ré Majeur R 93 

II.Largo III. Allegro

Sphera AntiQva
sous la conduite de Javier Illán
Soliste: Miguel Rincón

 

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Vieille chanson du jeune temps

18 Décembre 2012, 18:08pm

Publié par vertuchou

Je ne songeais pas à Rose;
Rose au bois vint avec moi;
Nous parlions de quelque chose,
Mais je ne sais plus de quoi.

J'étais froid comme les marbres;
Je marchais à pas distraits;
Je parlais des fleurs, des arbres;
Son oeil semblait dire: -Après?-

La rosée offrait ses perles,
Les taillis ses parasols;
J'allais; j'écoutais les merles,
Et Rose les rossignols.

Moi, seize ans, et l'air morose;
Elle vingt; ses yeux brillaient.
Les rossignols chantaient Rose
Et les merles me sifflaient.

Rose, droite sur ses hanches,
Leva son beau bras tremblant
Pour prendre une mûre aux branches;
Je ne vis pas son bras blanc.

Une eau courait, fraîche et creuse
Sur les mousses de velours;
Et la nature amoureuse
Dormait dans les grands bois sourds.

Rose défit sa chaussure,
Et mit, d'un air ingénu,
Son petit pied dans l'eau pure;
Je ne vis pas son pied nu.

Je ne savais que lui dire;
Je la suivais dans le bois,
La voyant parfois sourire
Et soupirer quelquefois.

Je ne vis qu'elle était belle
Qu'en sortant des grands bois sourds.
-Soit; n'y pensons plus!- dit-elle.
Depuis, j'y pense toujours.

Paris, juin 1831.

Victor Hugo

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les amoureux

17 Décembre 2012, 05:01am

Publié par vertuchou

Marc-CHAGALL-1887-1985_Les-amoureux-1957-.jpg

 

Marc CHAGALL

1887-1985

 

Les amoureux

1957

 

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Pour une femme aux yeux bleus

16 Décembre 2012, 05:40am

Publié par vertuchou

Vos yeux ont le bleu pur des glaces boréales
Et le blanc de la neige sur ce bleu est gris pâle
Vos yeux sont si profonds que l ’océan s’y perd.
En vagues d’émeraudes ou domine le pers.
Vos yeux ma Dame sont, bleuets ou myosotis
Lavande, saphir, turquoise ou lapis-lazuli
Quand la caresse les fait ciller.
Quand votre émoi les fait briller.

Ils sont d’azur et de pervenche,
Bleu d ’horizon ou d’aigue-marine,
Quand femme vous êtes en gésine,
Quand la colère en vous fulmine.
Quand votre cœur en peine s’épanche.

Lorsqu’ils se ferment à mon regard,
Quand tout ce bleu se vêt de nuit,
Je suis perdu, j’erre au hasard
Sans leur lumière, ma vie s’enfuit
Je suis perdu, je suis hagard,
Quand je n’ai plus ce bleu qui luit.

 

 

Patrick Laurain

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Autoportrait

15 Décembre 2012, 05:04am

Publié par vertuchou

Basquiat.jpg

 

Jean-Michel Basquiat

(1960-1988)

 

Autoportrait

1982

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Le tilleul, V

14 Décembre 2012, 05:30am

Publié par vertuchou

 Près du puits, devant le porche,
S’élève un tilleul ;
J’ai fait dans son ombre
Tant de doux rêves.

 J’ai gravé dans son écorce
Tant de mots d’amour ;
La joie comme la peine
Toujours vers lui m’attiraient.

Mais aujourd’hui encore j’ai dû marcher
Dans la nuit profonde.
Pourtant dans l’obscurité,
J’ai fermé les yeux.

 Et ses rameaux bruissaient
Comme pour m’appeler ;
Viens donc à moi, compagnon,
Ici tu trouveras le repos !

 Les vents glacés soufflaient
Droit sur mon visage,
Mon chapeau s’envola
Mais je ne me retournai pas.

 Je suis désormais
A de nombreuses heures de ce lieu
Et toujours j’entends ce murmure :
Ici tu trouverais le repos.

Wilhelm Müller

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