Fillette courant sur un balcon
Giacomo Balla
1871 - 1958
Fillette courant sur un balcon
1912
huile sur toile
125 x 125 cm
Coups de cœur
Giacomo Balla
1871 - 1958
Fillette courant sur un balcon
1912
huile sur toile
125 x 125 cm
Jean-Sébastien Bach
1685 – 1750
Oratorio de Noël BWV 248
1734
Le Monteverdi Choir et l'ensemble English Baroque Soloists
sous la conduite de Sir John Eliot Gardiner
L'acte poétique ressemble à l'acte charnel.
Mais le langage est pauvre pour garder trace de l'extase.
Le poème - parfois - garde quelques traces de ce feu.
Jean Malrieu
Enfin me voilà debout
Je suis passé par là
Quelqu'un passe aussi par là maintenant
Comme moi
Sans savoir où il va
Je tremblais
Au fond de la chambre le mur était noir
Et il tremblait aussi
Comment avais-je pu franchir le seuil de cette porte
On pourrait crier
Personne n'entend
On pourrait pleurer
Personne ne comprend
J'ai trouvé ton ombre dans l'obscurité
Elle était plus douce que toi-même
Autrefois
Elle était triste dans un coin
La mort t'a apporté cette tranquillité
Mais tu parles tu parles encore
Je voudrais te laisser
S'il venait seulement un peu d'air
Si le dehors nous permettait encore d'y voir clair
On étouffe
Le plafond pèse sur ma tête et me repousse
Où vais-je me mettre où partir
Je n'ai pas assez de place pour mourir
Où vont les pas qui s'éloignent de moi et que j'entends
Là-bas très loin
Nous sommes seuls mon ombre et moi
La nuit descend
Pierre Reverdy
1,2,3
Y en a 1 de trop
C'est pas toi c'est l'autre
Assis en face un soir
Beau comme un étranger
On a échangé un regard
Et maintenant je veux t'échanger
1,2,3
C'était mieux à 2
Les yeux dans les yeux
Mais pas 2 sans trois
Je veux vivre sans toi
Ou bien tout se trouble
Je croise son double au détour des rues
Quand je suis dans tes bas
Je ne vois plus que lui
Assis en face un soir
Beau comme un étranger
On a échangé un regard
Et maintenant je veux t'échanger
Assis en face un soir
Beau comme un étranger
On a échangé un regard
Et je veux t'échanger
je veux t'échanger
1,2,3
Mon soleil c'était toi
Je suis perdue
3,2,1
C'est trois fois mieux toute seule
Sans compte à régler
Et puis de deux perdus
10 de retrouvés
Dix de retrouvés
Camille
Beauté de qui la grâce étonne la nature,
Il faut donc que je cède à l'injure du sort,
Que je vous abandonne, et loin de votre port
M'en aille au gré du vent suivre mon aventure.
Il n'est ennui si grand que celui que j'endure :
Et la seule raison qui m'empêche la mort,
C'est le doute que j'ai que ce dernier effort
Ne fût mal employé pour une âme si dure.
Caliste, où pensez-vous ? qu'avez-vous entrepris ?
Vous résoudrez-vous point à borner ce mépris,
Qui de ma patience indignement se joue ?
Mais, ô de mon erreur l'étrange nouveauté,
Je vous souhaite douce, et toutefois j'avoue
Que je dois mon salut à votre cruauté.
François de Malherbe
Nos yeux sont faits les uns pour les autres
Nos mains, nos lèvres
Et l’amour pour nous
La nuit est justement faite pour l’amour
Le vent pour la nuit
Et la pluie pour le vent
Nos baisers sont faits pour la pluie
Notre chambre pour les baisers
Et le monde pour notre chambre
Et nous pour le monde
Ataol Behramoglu
Traduit par Y. Avunç
Je ne songeais pas à Rose;
Rose au bois vint avec moi;
Nous parlions de quelque chose,
Mais je ne sais plus de quoi.
J'étais froid comme les marbres;
Je marchais à pas distraits;
Je parlais des fleurs, des arbres;
Son oeil semblait dire: -Après?-
La rosée offrait ses perles,
Les taillis ses parasols;
J'allais; j'écoutais les merles,
Et Rose les rossignols.
Moi, seize ans, et l'air morose;
Elle vingt; ses yeux brillaient.
Les rossignols chantaient Rose
Et les merles me sifflaient.
Rose, droite sur ses hanches,
Leva son beau bras tremblant
Pour prendre une mûre aux branches;
Je ne vis pas son bras blanc.
Une eau courait, fraîche et creuse
Sur les mousses de velours;
Et la nature amoureuse
Dormait dans les grands bois sourds.
Rose défit sa chaussure,
Et mit, d'un air ingénu,
Son petit pied dans l'eau pure;
Je ne vis pas son pied nu.
Je ne savais que lui dire;
Je la suivais dans le bois,
La voyant parfois sourire
Et soupirer quelquefois.
Je ne vis qu'elle était belle
Qu'en sortant des grands bois sourds.
-Soit; n'y pensons plus!- dit-elle.
Depuis, j'y pense toujours.
Paris, juin 1831.
Victor Hugo
Marc CHAGALL
1887-1985
Les amoureux
1957