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Vertuchou.over-blog.com

D'après toi, ça prend combien de temps

17 Avril 2020, 01:18am

Publié par vertuchou

- D'après toi, ça prend combien de temps de se remettre de la mort de quelqu'un ? Quelqu'un qu'on aimait vraiment ?
[...]
- On apprend à vivre avec. Avec eux. Parce qu'ils restent en nous, même s'ils ne sont plus là en chair et en os. Ce n'est plus le chagrin dévastateur du début, celui qui te submerge, te donne envie de pleurer en permanence, te fait ressentir cette espèce de colère insensée contre tous les idiots qui sont toujours en vie alors que la personne que tu aimes est morte... Non, c'est juste un vide dont tu dois apprendre à t'accommoder. C'est comme si un trou s'était formé en toi et que tu devais l'accepter sans broncher. Je ne sais pas. C'est comme... comme si tu étais un petit pain et que tu devenais un donut.

 Jojo Moyes, Après toi.

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MOONSHINE

16 Avril 2020, 02:11am

Publié par vertuchou

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Le crépuscule du soir

15 Avril 2020, 01:38am

Publié par vertuchou

Voici le soir charmant, ami du criminel ;
Il vient comme un complice, à pas de loup ; le ciel
Se ferme lentement comme une grande alcôve,
Et l'homme impatient se change en bête fauve.

Ô soir, aimable soir, désiré par celui
Dont les bras, sans mentir, peuvent dire : Aujourd'hui
Nous avons travaillé ! - C'est le soir qui soulage
Les esprits que dévore une douleur sauvage,
Le savant obstiné dont le front s'alourdit,
Et l'ouvrier courbé qui regagne son lit.
Cependant des démons malsains dans l'atmosphère
S'éveillent lourdement, comme des gens d'affaire,
Et cognent en volant les volets et l'auvent.
A travers les lueurs que tourmente le vent
La Prostitution s'allume dans les rues ;
Comme une fourmilière elle ouvre ses issues ;
Partout elle se fraye un occulte chemin,
Ainsi que l'ennemi qui tente un coup de main ;
Elle remue au sein de la cité de fange
Comme un ver qui dérobe à l'homme ce qu'il mange.
On entend çà et là les cuisines siffler,
Les théâtres glapir, les orchestres ronfler ;
Les tables d'hôte, dont le jeu fait les délices,
S'emplissent de catins et d'escrocs, leurs complices,
Et les voleurs, qui n'ont ni trêve ni merci,
Vont bientôt commencer leur travail, eux aussi,
Et forcer doucement les portes et les caisses
Pour vivre quelques jours et vêtir leurs maîtresses.

Recueille-toi, mon âme, en ce grave moment,
Et ferme ton oreille à ce rugissement.
C'est l'heure où les douleurs des malades s'aigrissent !
La sombre Nuit les prend à la gorge ; ils finissent
Leur destinée et vont vers le gouffre commun ;
L'hôpital se remplit de leurs soupirs. - Plus d'un
Ne viendra plus chercher la soupe parfumée,
Au coin du feu, le soir, auprès d'une âme aimée.

Encore la plupart n'ont-ils jamais connu
La douceur du foyer et n'ont jamais vécu !

Charles Baudelaire

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Un visage d'une blancheur saisissante

14 Avril 2020, 01:14am

Publié par vertuchou

Décembre (1931)

Un visage d'une blancheur saisissante disparaissant dans l'obscurité du jardin. Elle pose pour moi en s'éloignant. J'ai envie de sortir en courant pour embrasser sa fantastique beauté, pour l'embrasser et pour lui dire : « Vous portez en vous un reflet de moi-même, une partie de moi-même. Je vous ai rêvée, j'ai souhaité votre existence. Vous ferez toujours partie de ma vie. Si je vous aime, c'est parce que nous avons dû partager un certain temps les mêmes fantasmes, la même folie, la même scène.
« La seule force qui vous permet de tenir debout, c'est votre amour pour Henry — c'est pour cela que vous l'aimez. Il vous fait du mal, mais il permet à votre corps et à votre âme d'être unis. Il fait de vous une entité. A coups de fouet, il vous donne une unité passagère. Moi, j'ai Hugo. »

Henry et June — Les cahiers secrets, 1986

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Poème 20

13 Avril 2020, 01:51am

Publié par vertuchou

Je peux écrire les vers les plus tristes cette nuit.

Écrire, par exemple: « La nuit est étoilée
et les astres d’azur tremblent dans le lointain. »

Le vent de la nuit tourne dans le ciel et chante.

Je puis écrire les vers les plus tristes cette nuit.
Je l’aimais, et parfois elle aussi elle m’aima.

Les nuits comme cette nuit, je l’avais entre mes bras.
Je l’embrassai tant de fois sous le ciel, ciel infini.

Elle m’aima, et parfois moi aussi je l’ai aimée.
Comment n’aimerait-on pas ses grands yeux fixes.

Je peux écrire les vers les plus tristes cette nuit.
Penser que je ne l’ai pas. Regretter l’avoir perdue.

Entendre la nuit immense, et plus immense sans elle.
Et le vers tombe dans l’âme comme la rosée dans l’herbe.

Qu’importe que mon amour n’ait pas pu la retenir.
La nuit est pleine d’étoiles, elle n’est pas avec moi.

Voilà tout. Au loin on chante. C’est au loin.
Et mon âme est mécontente parce que je l’ai perdue.

Comme pour la rapprocher, c’est mon regard qui la cherche.
Et mon coeur aussi la cherche, elle n’est pas avec moi.

Et c’est bien la même nuit qui blanchit les mêmes arbres.
Mais nous autres, ceux d’alors, nous ne sommes plus les mêmes.

je ne l’aime plus, c’est vrai. Pourtant, combien je l’aimais.
Ma voix appelait le vent pour aller à son oreille.

A un autre. A un autre elle sera. Ainsi qu’avant mes baisers.
Avec sa voix, son corps clair. Avec ses yeux infinis.

je ne l’aime plus, c’est vrai, pourtant, peut-être je l’aime.
Il est si bref l’amour et l’oubli est si long.

C’était en des nuits pareilles, je l’avais entre mes bras
et mon âme est mécontente parce que je l’ai perdue.

Même si cette douleur est la dernière par elle
et même si ce poème est les derniers vers pour elle.

Pablo Neruda

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Les Folies d'Espagne

12 Avril 2020, 01:53am

Publié par vertuchou

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Danse macabre

11 Avril 2020, 01:28am

Publié par vertuchou

Il est doux d'entendre sonner jusqu'au jour
Ses genoux creux contre les os de l'amour.

De boire dans les orbites de l'Amie
Le vieux mensonge des pleurs en eau de pluie.

Et de sentir les rayons des lunes hautes
Glisser romantiquement entre ses côtes.

Il est doux, il est sage, il est bien
De n'être plus, de n'être plus rien.

Comme on est joyeux, léger, comme on se porte
Bien, quand la vermine, la vermine est morte.

Laissons aux bardes les sinistres ballades ;
Lennore, Helen, faisons de bonnes gambades.

Écartez-vous, rue, escargots, citronnelle ;
Voici Laure, la plus gaie et la plus belle.

Il est doux, il est sage, il est bien
De n'être plus, de n'être plus rien.

Plus de maîtresse, plus de chien, plus de Dieu ;
C'est tout ce que je veux, c'est tout ce qu'il veut.

Passants là-bas, cavalier et cheval noir
Venez donc un peu par ici, venez voir.

Il s'est enfui, personne, la route sonne.
Ô comme le désir de vivre m'étonne !

Il est doux, il est sage, il est bien
De n'être plus, de n'être plus rien.

Clic-clac
de vertèbres
qui craquent
et dans les ténèbres
mélancoliques
ici. là-bas, où ?
clac-clic,
de dansantes reliques
Mains et pieds traversés de clous.

Amour remariée, entends-tu ma voix ?
Cette nuit, dis-moi, combien, combien de fois ?

Mon fils, mon fils, sais-tu déjà épeler
Mon nom sur la pierre moussue et pelée ?

Sganarelle, hi hi hi! voici tes gages :
Treize queues de rat, trois yeux de chats sauvages.

Il est doux, il est sage, il est bien
De n'être plus, de n'être plus rien.

Oscar Vladislas de Lubicz-Milosz

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La poésie est à la vie

10 Avril 2020, 01:08am

Publié par vertuchou

La poésie est à la vie ce qu'est le feu de bois. Elle en émane et la transforme

-- Pierre Reverdy

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La voix

9 Avril 2020, 01:48am

Publié par vertuchou

Une voix, une voix qui vient de si loin
Qu’elle ne fait plus tinter les oreilles,
Une voix, comme un tambour, voilée
Parvient pourtant, distinctement, jusqu’à nous.

Bien qu’elle semble sortir d’un tombeau
Elle ne parle que d’été et de printemps.
Elle emplit le corps de joie,
Elle allume aux lèvres le sourire.

Je l’écoute. Ce n’est qu’une voix humaine
Qui traverse les fracas de la vie et des batailles,
L’écroulement du tonnerre et le murmure des bavardages.

Et vous ? Ne l’entendez-vous pas ?
Elle dit : « La peine sera de courte durée »
Elle dit : « La belle saison est proche. »

Ne l’entendez-vous pas ?

Robert Desnos

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I will remember your last kiss forever

8 Avril 2020, 21:46pm

Publié par vertuchou

ArtofDan, I will remember your last kiss forever

ArtofDan, I will remember your last kiss forever

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