Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Vertuchou.over-blog.com

Elle était évidente et belle

13 Mars 2020, 01:43am

Publié par vertuchou

Elle était évidente et belle et sans artifice comme une rose pâle au soleil de juin. Dans la tiédeur ouatée de cette brasserie de la rue Jehan-de-Beauce, elle paraissait m'attendre tranquillement, sur la banquette de cuir sombre où sa robe de soie légère faisait une tache claire et gaie vers laquelle je me sentais aspiré comme la phalène affolée que fascine la bougie vacillante. Sans réfléchir, je me suis assis près d'elle. Pendant que je lui parlais, ses doigts graciles tremblaient à peine pour faire frissonner un peu le mince filet de fumée bleue montant de sa cigarette.

Pierre Desproges, Réquisitoire contre François Béranger

Voir les commentaires

Ma thématique

12 Mars 2020, 01:45am

Publié par vertuchou

sur l'abscisse désordonnée de mes amours
j'ai posé
la circonférence
d'une lune pleine

sur les sinuosités de ma sauvagerie
j'ai lâché des aigles
brûlants
et aimé sentir ma chair
se détacher
par petits bouts

sur mes désirs parallèles
j'ai tendu des ponts
des passerelles instinctives
pour attirer la foudre
balafrer la plénitude
de mes courbes peut-être trop
maternelles

l'oiseau de nuit
s'acharne à prévenir
qui n'a pas d'oreilles
qui ne veut pas en avoir

effeuillage

un peu beaucoup
passionnément
pas du tout
je t'aime
veut tout
et rien
dire

Cathy Garcia

Voir les commentaires

The Thrill Is Gone

11 Mars 2020, 02:31am

Publié par vertuchou

Voir les commentaires

Entre nos deux vies

10 Mars 2020, 01:19am

Publié par vertuchou

Entre nos deux vies
il y a la durée de vie
d'une fleur de cerisier

Bashô Matsuo

Voir les commentaires

La poésie est de toutes les eaux

9 Mars 2020, 01:58am

Publié par vertuchou

La poésie est de toutes les eaux claires

celle qui s'attarde  le moins aux reflets de ses ponts.

René Char

Voir les commentaires

Le fruit défendu

8 Mars 2020, 01:31am

Publié par vertuchou

Elle était le doux fruit, le doux fruit défendu,
Dans ce jardin d’Eden où le bois pourfendu
Refleurissait encor dans un parfum de roses,
De rosée et d’air pur où l’or est peu de chose.

Elle était le doux fruit, le doux fruit défendu,
Belle tel un ange astral de son ciel descendu
Un jour de grand soleil, quand sommeille les étoiles
De la nuit, terne, en berne, où rien ne se dévoile.

Elle était le doux fruit, le doux fruit défendu,
Quand ce jour malheureux, à l’heure inattendue,
Candide et innocent, il refit dans ce rêve
Qui toujours survivra, le geste que fit Eve.

1990

Pascal Blaise Beboua

Voir les commentaires

Passacaglia della vita

7 Mars 2020, 01:50am

Publié par vertuchou

Voir les commentaires

Blason du con

6 Mars 2020, 01:03am

Publié par vertuchou

Petit mouflard, petit con rebondi,
Petit connin plus que lévrier hardi,
Plus que le lion au combat courageux,
Agile et prompt en tes folâtres jeux,
Plus que le singe ou le jeune chaton,
Connin vêtu de ton poil folâtron,
Plus riche que la toison de Colcos,
Connin grasset, sans arêtes, sans os,
Friant morceau de naïve bonté,
Ô joli con bien assis, haut monté,
Loin de danger et bruit de ton voisin,
Qu'on ne prendrait jamais pour ton cousin.
Bien embouché d'un bouton vermeillet,
Ou d'un rubis servant de fermaillet,
Joint et serré, fermé tant seulement
Que ta façon ou joli mouvement,
Soit le corps droit, assis, gambade, ou joue,
Si tu ne fais quelque amoureuse moue.
Source d'amour, fontaine de douceur,
Petit ruisseau apaisant toute ardeur,
Mal et langueur ; ô lieu solacieux,
Et gracieux, séjour délicieux,
Voluptueux plus que tout autre au monde ;
Petit sentier qui droit mène à la bonde
D'excellent bien et souverain plaisir,
Heureux sera celui duquel le désir
Contenteras, qui prendre te pourra,
Et qui de toi pleinement jouira.

Claude Chappuys

Voir les commentaires

Je sens ton souffle sur ma nuque

5 Mars 2020, 01:07am

Publié par vertuchou

Je sens ton souffle sur ma nuque. Tu déposes un baiser sur mes cheveux courts et, brusquement, une sensation de fraîcheur m'envahit. Mon corps s'ouvre, la tête rejetée en arrière, appuyée contre ta poitrine, je me laisse posséder, je devine ta main autant que je la sens. Elle descend doucement entre mes omoplates, jusqu'à la naissance de mes reins. L'eau fraîche coule librement le long de mon dos avant d'être arrêtée par le slip de coton. Tes doigts cherchent à se frayer un chemin entre l'élastique et ma peau. Hésitent, se ravisent. Ils remontent doucement, glissent sur mon ventre baigné de transpiration, hésitent à nouveau.

Claude Herdhuin, Chuchotements

Voir les commentaires

Quand la vie m'étire à n'en plus finir

4 Mars 2020, 02:03am

Publié par vertuchou

Quand la vie m'étire à n'en plus finir
j'étire l'avenir jusqu'à demain
j'étire demain pour en finir avec l'avenir
j'étire mes mots pour allonger le verbe
je m'étire dans mon verbe pour conjuguer le désir
à l'être
et n'être plus que l'étirement d'un désir
sur une distance allongée posée sur le temps
un temps étiré par le hasard d'une rencontre
une rencontre qui s'étire sur le devenir
comme si demain n'existait pas

Pour en finir
le verbe me plonge dans ce désir de l'être
en son devenir

Huguette Bertrand

 

Voir les commentaires