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Se taisent bois et fleuves

5 Mai 2020, 01:36am

Publié par vertuchou

Se taisent bois et fleuves,
Et la mer sans vague repose ;
Dans leurs grottes, les vents connaissent paix et trêve
Et dans la nuit brune,
La lune blanche répand son grand silence ;
Et nous deux tenons secrètes
Nos cajoleries amoureuses :
Qu’Amour ne parle ni ne souffle,
Muets soient nos baisers et muets mes soupirs.

Torquato Tasso

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Ne la cueille pas

5 Mai 2020, 01:28am

Publié par vertuchou

Ne la cueille pas
Laisse-la dans le champ
La fleur-fille

Hyôsuy

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La poésie...

4 Mai 2020, 02:11am

Publié par vertuchou

La poésie, c'est comme un peu de notre silence

qui se met à fredonner

 

Robert Notenboom

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Quand la vie m'étire

3 Mai 2020, 01:29am

Publié par vertuchou

Quand la vie m'étire à n'en plus finir
j'étire l'avenir jusqu'à demain
j'étire demain pour en finir avec l'avenir
j'étire mes mots pour allonger le verbe
je m'étire dans mon verbe pour conjuguer le désir
à l'être
et n'être plus que l'étirement d'un désir
sur une distance allongée posée sur le temps
un temps étiré par le hasard d'une rencontre
une rencontre qui s'étire sur le devenir
comme si demain n'existait pas

Pour en finir
le verbe me plonge dans ce désir de l'être
en son devenir

Huguette Bertrand

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Le baiser

2 Mai 2020, 12:10pm

Publié par vertuchou

Ange Leccia, Le Baiser, 1985.

Ange Leccia, Le Baiser, 1985.

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Correspondance

1 Mai 2020, 01:38am

Publié par vertuchou

Cher ami,

Je suis toute émue de vous dire que j'ai
bien compris l'autre jour que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir ainsi
vous dévoiler, sans artifice, mon âme
toute nue, daignez me faire visite,
nous causerons et en amis franchement
je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l'affection
la plus profonde, comme la plus étroite
amitié, en un mot : la meilleure épouse
dont vous puissiez rêver. Puisque votre
âme est libre, pensez que l'abandon où je
vis est bien long, bien dur et souvent bien
insupportable. Mon chagrin est trop
gros. Accourez bien vite et venez me le
faire oublier. À vous je veux me sou-
mettre entièrement.

Votre poupée

Correspondance de George Sand à Alfred de Musset

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Que savent-ils de l'amour

30 Avril 2020, 01:29am

Publié par vertuchou

Que savent-ils de l'amour ceux qui croient que celui-ci n'offre que des terres paisibles et rassurantes ? Ceux qui pensent que la jouissance, l'euphorie des corps suffisent ? Ceux qui ignorent que l'amour se perpétue au-delà des sens, qu'il s'enracine à la fois dans la volupté et dans l'ailleurs ? Que l'amour tient du toucher, de l'odorat, du goût, de tous les sens, mais va plus loin encore ? Mystérieux comme la vie, pétri de folie et de sagesse.
Andrée Chedid, Le message

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Amour, amour

29 Avril 2020, 01:48am

Publié par vertuchou

Amour, amour
Maudit tourment
Pourquoi n’as-tu pas fleuri
En haut de tous les arbres ?

En haut de tous les arbres,
Sur les feuilles du noyer,
On t’aurait cueilli,
Tous les garçons et les filles

Puisque j’en ai cueilli moi aussi
Et je l’ai lâché
J’en ai cueilli moi aussi
Et je l’ai lâché

Mais j’en cueillerai encore
Si j’en peux trouver de bon
De bon, de beau,
Mon vieil amoureux

Pour lui, mon vieil amoureux
Je ferais tout dans ce monde
Je viderais la mer
Avec une cuillère

Je pêcherais des perles
Du fond marin
Et je nouerais une couronne de perles
Pour mon vieil amoureux

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Zadok the Priest

28 Avril 2020, 01:33am

Publié par vertuchou

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La cueillette

27 Avril 2020, 01:19am

Publié par vertuchou

Nous vînmes au jardin fleuri pour la cueillette.
Belle, sais-tu combien de fleurs, de roses-thé,
Roses pâles d'amour qui couronnent ta tête,
S'effeuillent chaque été ?

Leurs tiges vont plier au grand vent qui s'élève.
Des pétales de rose ont chu dans le chemin.
O Belle, cueille-les, puisque nos fleurs de rêve
Se faneront demain !

Mets-les dans une coupe et toutes portes closes,
Alanguis et cruels, songeant aux jours défunts,
Nous verrons l'agonie amoureuse des roses
Aux râles de parfums.

Le grand jardin est défleuri, mon égoïste,
Les papillons de jour vers d'autres fleurs ont fui,
Et seuls dorénavant viendront au jardin triste
Les papillons de nuit.

Et les fleurs vont mourir dans la chambre profane.
Nos roses tour à tour effeuillent leur douleur.
Belle, sanglote un peu… Chaque fleur qui se fane,
C'est un amour qui meurt !

Guillaume Apollinaire

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