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Vertuchou.over-blog.com

Le chant du printemps

21 Avril 2020, 02:04am

Publié par vertuchou

Dans la maison des peintures,
Commence le chant
Et se déploie,
S’effeuillent les fleurs, se suffisent les chants.

Le chant serpente,
Les grelots des tambourins
Vont et viennent,
Et leur répondent
Nos maracas fleuris
S’effeuillent les fleurs,
Se suffisent les chants.

Parmi les fleurs
Chante le beau faisan,
Et son chant se défait
Dans le ventre des eaux.
Ils lui font réponse
Les aras au plumage roux,
Le bel ara dans la beauté du chant.

Œuvre peinte est ton cœur,
Tu entres dans le chant,
Et frappes tes tambours,
Toi qui chantes,
Dans la maison du printemps,
Toi le pourvoyeur de plaisir.

Effeuille les roses,
Les fleurs de cacao,
Et toi qui chantes,
Dans la maison du printemps,
Toi le pourvoyeur de plaisir.

Tu fais offrande de fleurs,
De fleurs délicates,
Toi le pourvoyeur de plaisir,
Toi prince Nezahualcoyotzin !
Mon cœur le sait bien,
Elles se donnent pour durer,
Pour parer ton corps,
Les fleurs du printemps.

De là-bas,  ils viennent tous,
Du Lieu de la Dualité,
Dans le ventre du ciel,
Et toi aussi, dont les fleurs
Donnent le plaisir,
Toi, prince Nezahualcoyotzin !
Mon cœur le sait bien,
Elles se donnent pour durer,
Pour parer ton corps,
Les fleurs du printemps

Nezahualcoyotl

 

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Contradictions

21 Avril 2020, 01:49am

Publié par vertuchou

Ils cohabitent en moi.
Se battent sans qu’on le voie :

Le passé le présent
Le futur et maintenant
L’illusion et le vrai
Le maussade et le gai
La bêtise la raison
Et les oui et les non
L’amour de ma personne
Les dégoûts qu’elle me donne
Les façades qu’on se fait
Et ce qui derrière est
Et les peurs qu’on avale
Les courages qu’on étale
Les envies de dire zut
Et les besoins de lutte
Et l’humain et la bête
Et le ventre et la tête
Les sens et la vertu
Le caché et le nu
L’aimable et le sévère
Le prude et le vulgaire
Le parleur le taiseux
Le brave et le peureux
Et le fier et le veule…

Pour tout ça je suis seul.

Esther Granek

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Do remember they can't cancel the spring

20 Avril 2020, 01:21am

Publié par vertuchou

David Hockney, Do remember they can't cancel the spring, 2020,

David Hockney, Do remember they can't cancel the spring, 2020,

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Saison des semailles (le soir)

19 Avril 2020, 01:42am

Publié par vertuchou

C'est le moment crépusculaire.
J'admire, assis sous un portail,
Ce reste de jour dont s'éclaire
La dernière heure du travail.

Dans les terres, de nuit baignées,
Je contemple, ému, les haillons
D'un vieillard qui jette à poignées
La moisson future aux sillons.

Sa haute silhouette noire
Domine les profonds labours.
On sent à quel point il doit croire
A la fuite utile des jours.

Il marche dans la plaine immense,
Va, vient, lance la graine au loin,
Rouvre sa main, et recommence,
Et je médite, obscur témoin,

Pendant que, déployant ses voiles,
L'ombre, où se mêle une rumeur,
Semble élargir jusqu'aux étoiles
Le geste auguste du semeur.

Victor Hugo

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Écrire des vers à vingt ans

18 Avril 2020, 01:12am

Publié par vertuchou

Écrire des vers à vingt ans, c'est avoir vingt ans.

En écrire à quarante, c'est être poète.

--- Francis Carco

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D'après toi, ça prend combien de temps

17 Avril 2020, 01:18am

Publié par vertuchou

- D'après toi, ça prend combien de temps de se remettre de la mort de quelqu'un ? Quelqu'un qu'on aimait vraiment ?
[...]
- On apprend à vivre avec. Avec eux. Parce qu'ils restent en nous, même s'ils ne sont plus là en chair et en os. Ce n'est plus le chagrin dévastateur du début, celui qui te submerge, te donne envie de pleurer en permanence, te fait ressentir cette espèce de colère insensée contre tous les idiots qui sont toujours en vie alors que la personne que tu aimes est morte... Non, c'est juste un vide dont tu dois apprendre à t'accommoder. C'est comme si un trou s'était formé en toi et que tu devais l'accepter sans broncher. Je ne sais pas. C'est comme... comme si tu étais un petit pain et que tu devenais un donut.

 Jojo Moyes, Après toi.

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MOONSHINE

16 Avril 2020, 02:11am

Publié par vertuchou

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Le crépuscule du soir

15 Avril 2020, 01:38am

Publié par vertuchou

Voici le soir charmant, ami du criminel ;
Il vient comme un complice, à pas de loup ; le ciel
Se ferme lentement comme une grande alcôve,
Et l'homme impatient se change en bête fauve.

Ô soir, aimable soir, désiré par celui
Dont les bras, sans mentir, peuvent dire : Aujourd'hui
Nous avons travaillé ! - C'est le soir qui soulage
Les esprits que dévore une douleur sauvage,
Le savant obstiné dont le front s'alourdit,
Et l'ouvrier courbé qui regagne son lit.
Cependant des démons malsains dans l'atmosphère
S'éveillent lourdement, comme des gens d'affaire,
Et cognent en volant les volets et l'auvent.
A travers les lueurs que tourmente le vent
La Prostitution s'allume dans les rues ;
Comme une fourmilière elle ouvre ses issues ;
Partout elle se fraye un occulte chemin,
Ainsi que l'ennemi qui tente un coup de main ;
Elle remue au sein de la cité de fange
Comme un ver qui dérobe à l'homme ce qu'il mange.
On entend çà et là les cuisines siffler,
Les théâtres glapir, les orchestres ronfler ;
Les tables d'hôte, dont le jeu fait les délices,
S'emplissent de catins et d'escrocs, leurs complices,
Et les voleurs, qui n'ont ni trêve ni merci,
Vont bientôt commencer leur travail, eux aussi,
Et forcer doucement les portes et les caisses
Pour vivre quelques jours et vêtir leurs maîtresses.

Recueille-toi, mon âme, en ce grave moment,
Et ferme ton oreille à ce rugissement.
C'est l'heure où les douleurs des malades s'aigrissent !
La sombre Nuit les prend à la gorge ; ils finissent
Leur destinée et vont vers le gouffre commun ;
L'hôpital se remplit de leurs soupirs. - Plus d'un
Ne viendra plus chercher la soupe parfumée,
Au coin du feu, le soir, auprès d'une âme aimée.

Encore la plupart n'ont-ils jamais connu
La douceur du foyer et n'ont jamais vécu !

Charles Baudelaire

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Un visage d'une blancheur saisissante

14 Avril 2020, 01:14am

Publié par vertuchou

Décembre (1931)

Un visage d'une blancheur saisissante disparaissant dans l'obscurité du jardin. Elle pose pour moi en s'éloignant. J'ai envie de sortir en courant pour embrasser sa fantastique beauté, pour l'embrasser et pour lui dire : « Vous portez en vous un reflet de moi-même, une partie de moi-même. Je vous ai rêvée, j'ai souhaité votre existence. Vous ferez toujours partie de ma vie. Si je vous aime, c'est parce que nous avons dû partager un certain temps les mêmes fantasmes, la même folie, la même scène.
« La seule force qui vous permet de tenir debout, c'est votre amour pour Henry — c'est pour cela que vous l'aimez. Il vous fait du mal, mais il permet à votre corps et à votre âme d'être unis. Il fait de vous une entité. A coups de fouet, il vous donne une unité passagère. Moi, j'ai Hugo. »

Henry et June — Les cahiers secrets, 1986

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Poème 20

13 Avril 2020, 01:51am

Publié par vertuchou

Je peux écrire les vers les plus tristes cette nuit.

Écrire, par exemple: « La nuit est étoilée
et les astres d’azur tremblent dans le lointain. »

Le vent de la nuit tourne dans le ciel et chante.

Je puis écrire les vers les plus tristes cette nuit.
Je l’aimais, et parfois elle aussi elle m’aima.

Les nuits comme cette nuit, je l’avais entre mes bras.
Je l’embrassai tant de fois sous le ciel, ciel infini.

Elle m’aima, et parfois moi aussi je l’ai aimée.
Comment n’aimerait-on pas ses grands yeux fixes.

Je peux écrire les vers les plus tristes cette nuit.
Penser que je ne l’ai pas. Regretter l’avoir perdue.

Entendre la nuit immense, et plus immense sans elle.
Et le vers tombe dans l’âme comme la rosée dans l’herbe.

Qu’importe que mon amour n’ait pas pu la retenir.
La nuit est pleine d’étoiles, elle n’est pas avec moi.

Voilà tout. Au loin on chante. C’est au loin.
Et mon âme est mécontente parce que je l’ai perdue.

Comme pour la rapprocher, c’est mon regard qui la cherche.
Et mon coeur aussi la cherche, elle n’est pas avec moi.

Et c’est bien la même nuit qui blanchit les mêmes arbres.
Mais nous autres, ceux d’alors, nous ne sommes plus les mêmes.

je ne l’aime plus, c’est vrai. Pourtant, combien je l’aimais.
Ma voix appelait le vent pour aller à son oreille.

A un autre. A un autre elle sera. Ainsi qu’avant mes baisers.
Avec sa voix, son corps clair. Avec ses yeux infinis.

je ne l’aime plus, c’est vrai, pourtant, peut-être je l’aime.
Il est si bref l’amour et l’oubli est si long.

C’était en des nuits pareilles, je l’avais entre mes bras
et mon âme est mécontente parce que je l’ai perdue.

Même si cette douleur est la dernière par elle
et même si ce poème est les derniers vers pour elle.

Pablo Neruda

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