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La poésie. Elle s’adresse à

26 Avril 2020, 01:43am

Publié par vertuchou

La poésie. Elle s’adresse à ce qui en nous est le plus secret, le plus humble, le plus nu.

La poésie a pour moi aussi cette place particulière et singulière, ouvrant au sein de la

langue, un territoire étranger.

Esther Tellermann

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Tout le monde a le droit / Cualquiera tiene derecho

25 Avril 2020, 01:40am

Publié par vertuchou

Tout le monde a le droit
de dire ce qu’il pense.
Tout le monde a le droit
à condition d’être en accord avec
les lois, les traditions,
les collègues,
celui qui paye ton salaire,
le voisin d’en face et le gouvernement.

-------------- Ana María Rodas

Cualquiera tiene derecho
a decir lo que piensa.
Cualquiera tiene derecho
siempre que estén de acuerdo
las leyes, las costumbres,
los colegas,
el que te paga el sueldo,
el vecino de enfrente y el gobierno.

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La Polonaise héroïque, opus 53

24 Avril 2020, 01:55am

Publié par vertuchou

Frédéric Chopin, La Polonaise héroïque, opus 53 en la bémol majeur par Daniil Kharitonov .

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Je m'en suis venu seul

23 Avril 2020, 01:16am

Publié par vertuchou

Je m'en suis venu seul revoir notre vallée ;
Elle est déserte, elle est muette, c'est l'hiver.
Dans ses bois dépouillés comme elle est désolée !
La crête des coteaux dans le brouillard se perd ;

Les talus ont à peine un peu de gazon vert ;
La petite rivière au flot vif est gelée ;
La cascade est un bloc de glace amoncelée
Sous son vieux pont de bois, de givre recouvert ;

Les oiseaux sont blottis ; seul un martin-pêcheur,
Venu près du moulin chercher une eau courante,
S'envole ; des corbeaux traversent le ciel froid ;

Nul bruit que le fusil éloigné d'un chasseur ;
Déjà le soir étreint de tristesse navrante
Le paysage nu qui semble plus étroit.

Auguste Angellier

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Pardonnez-moi

22 Avril 2020, 01:26am

Publié par vertuchou

Pardonnez-moi. Je me débats depuis si longtemps. Pardonnez-moi, je n’en pouvais plus. Je voudrais être encore près de vous, vous dire que je vous aime, vous embrasser. Je sais que je vous parais absurde. Et aussi que je suis égoïste. Mais je suis devant vous tremblante, parce que j’ai peur de vous effrayer et de vous faire mal. Et que je ne sais plus du tout me maîtriser. Votre douceur me confond. Vous ne savez pas ce que c’est que d’être brûlée, et d’avoir sous les lèvres vos mains si douces, ou vos doux cheveux noirs, ou le duvet qui est sur vos joues, juste au-dessus de l’oreille. Il y a des mois que je m’interdis d’y penser. Je n’ai jamais aimé une femme comme je vous aime, Edith. [...] Je n’ai pas beaucoup de scrupules, d’ordinaire. Il ne m’est pas jusqu’ici arrivé de penser d’une fille : laisse-la, tu n’as pas le droit. Si je l’ai pensé de vous, ce n’est pas par devoir mais par tendresse. »

Lettre de Dominique Aury adressée à Edith Thomas, dimanche 27 octobre 1946.
*

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Le chant du printemps

21 Avril 2020, 02:04am

Publié par vertuchou

Dans la maison des peintures,
Commence le chant
Et se déploie,
S’effeuillent les fleurs, se suffisent les chants.

Le chant serpente,
Les grelots des tambourins
Vont et viennent,
Et leur répondent
Nos maracas fleuris
S’effeuillent les fleurs,
Se suffisent les chants.

Parmi les fleurs
Chante le beau faisan,
Et son chant se défait
Dans le ventre des eaux.
Ils lui font réponse
Les aras au plumage roux,
Le bel ara dans la beauté du chant.

Œuvre peinte est ton cœur,
Tu entres dans le chant,
Et frappes tes tambours,
Toi qui chantes,
Dans la maison du printemps,
Toi le pourvoyeur de plaisir.

Effeuille les roses,
Les fleurs de cacao,
Et toi qui chantes,
Dans la maison du printemps,
Toi le pourvoyeur de plaisir.

Tu fais offrande de fleurs,
De fleurs délicates,
Toi le pourvoyeur de plaisir,
Toi prince Nezahualcoyotzin !
Mon cœur le sait bien,
Elles se donnent pour durer,
Pour parer ton corps,
Les fleurs du printemps.

De là-bas,  ils viennent tous,
Du Lieu de la Dualité,
Dans le ventre du ciel,
Et toi aussi, dont les fleurs
Donnent le plaisir,
Toi, prince Nezahualcoyotzin !
Mon cœur le sait bien,
Elles se donnent pour durer,
Pour parer ton corps,
Les fleurs du printemps

Nezahualcoyotl

 

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Contradictions

21 Avril 2020, 01:49am

Publié par vertuchou

Ils cohabitent en moi.
Se battent sans qu’on le voie :

Le passé le présent
Le futur et maintenant
L’illusion et le vrai
Le maussade et le gai
La bêtise la raison
Et les oui et les non
L’amour de ma personne
Les dégoûts qu’elle me donne
Les façades qu’on se fait
Et ce qui derrière est
Et les peurs qu’on avale
Les courages qu’on étale
Les envies de dire zut
Et les besoins de lutte
Et l’humain et la bête
Et le ventre et la tête
Les sens et la vertu
Le caché et le nu
L’aimable et le sévère
Le prude et le vulgaire
Le parleur le taiseux
Le brave et le peureux
Et le fier et le veule…

Pour tout ça je suis seul.

Esther Granek

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Do remember they can't cancel the spring

20 Avril 2020, 01:21am

Publié par vertuchou

David Hockney, Do remember they can't cancel the spring, 2020,

David Hockney, Do remember they can't cancel the spring, 2020,

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Saison des semailles (le soir)

19 Avril 2020, 01:42am

Publié par vertuchou

C'est le moment crépusculaire.
J'admire, assis sous un portail,
Ce reste de jour dont s'éclaire
La dernière heure du travail.

Dans les terres, de nuit baignées,
Je contemple, ému, les haillons
D'un vieillard qui jette à poignées
La moisson future aux sillons.

Sa haute silhouette noire
Domine les profonds labours.
On sent à quel point il doit croire
A la fuite utile des jours.

Il marche dans la plaine immense,
Va, vient, lance la graine au loin,
Rouvre sa main, et recommence,
Et je médite, obscur témoin,

Pendant que, déployant ses voiles,
L'ombre, où se mêle une rumeur,
Semble élargir jusqu'aux étoiles
Le geste auguste du semeur.

Victor Hugo

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Écrire des vers à vingt ans

18 Avril 2020, 01:12am

Publié par vertuchou

Écrire des vers à vingt ans, c'est avoir vingt ans.

En écrire à quarante, c'est être poète.

--- Francis Carco

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