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Fausse porte ou portrait

22 Janvier 2018, 02:12am

Publié par vertuchou

Dans la place qui reste là
Entre quatre lignes

Un carré où le blanc se joue
La main qui soutenait ta joue

Lune
Une figure qui s'allume

Le profil d'un autre

Mais tes yeux
Je suis la lampe qui me guide
Un doigt sur la paupière humide
Au milieu
Les larmes roulent dans cet espace
Entre quatre lignes
Une glace

Pierre Reverdy

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Le port de Boston

21 Janvier 2018, 02:12am

Publié par vertuchou

John S. Blunt, Le port de Boston pris en partie par les glaces, 1835

John S. Blunt, Le port de Boston pris en partie par les glaces, 1835

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Voyage sentimental

20 Janvier 2018, 02:06am

Publié par vertuchou

Vos frais parfums les goûterais-je
Savoie aux vallons bleus,
Cloches lointaines et laineux
Pétales de la neige

Nous y cueillîmes, exilés
L'aubépine sauvage ;
Et de la mer au long des plages
Sous les pins violets,

Rose marine, Adolescence,
De ces fragiles fleurs
Ne gardez-vous la souvenance
Qui m'embaume le cœur ?

John Donne

 

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Lettre de Juliette Drouet à Victor Hugo, 1833

19 Janvier 2018, 02:17am

Publié par vertuchou

Si tu savais combien je t’aime – combien tu es nécessaire à ma vie – tu n’oserais pas t’absenter un seul moment – Tu resterais toujours près de moi – ton cœur contre mon cœur, ton âme contre mon âme –
[...] Pauvre fille que je suis – Je ne te verrai probablement pas ce soir – Oh, reviens – mon âme, ma vie – reviens – Si tu savais comme je te désire – comme le souvenir de cette nuit me rend folle et impatiente de bonheur – combien je désire m’enivrer de ton haleine et de tes baisers que je savoure en extase sur ta bouche.
Mon Victor, pardonne-moi toutes mes folies, c’est encore de l’amour. Aime-moi – j’ai bien besoin de ton amour pour me sentir exister – C’est le soleil qui ranime ma vie –
Je vais me coucher – Je m’endormirai en priant pour toi – Le besoin que j’ai de ton bonheur me donne de la foi –
À toi ma dernière pensée.
À toi tous mes rêves.

Juliette

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Les élements

18 Janvier 2018, 02:11am

Publié par vertuchou

Je rêve des quatre éléments, terre, eau, feu, air.
Je rêve du Bien et du Mal.
Et la terre, l´eau, le feu, l´air, le Bien et le Mal s´entremêlent et deviennent l´Essentiel.

D´une toison céleste agitée s´élève une feuille.
La feuille se transforme en un torse.
Le torse se transforme en un vase.
Un énorme nombril apparaît.
Il grandit,
il devient toujours plus grand.
La toison céleste agitée se dissout en lui.
Le nombril est devenu un soleil,
une source immense.
la source du monde.
Elle brille.
Elle est devenue lumière.
Elle est devenue l´Essentiel.

En faisant un effort, je peux me souvenir de la différence
entre un palais et un nid.
Un nid et un palais ont la même splendeur.
Dans la fleur l´étoile rougit déjà.
Ce mélange, cet entremêlement, cette dissolution, cette abolition des frontières, c´est le chemin qui mène à l´Essentiel.
 
Comme les nuages les formes du monde tournent les unes dans les autres.
Plus elles s´unissent en profondeur,
plus elles sont proches de l´essence du monde.
Lorsque le corporel disparaît,
l´Essentiel resplendit.
Je rêve du crâne volant,
de la porte du nombril et des deux oiseaux qui forment la porte,
d´une feuille qui se change en un torse,
de boules jaunes, de surfaces jaunes,
de temps jaune, vert, blanc,
de la montre essentielle sans aiguille ni cadran.
Je rêve de dedans et dehors, d´en haut et d´en bas, d´ici et là-bas, d´aujourd'hui et demain.
Et dedans, dehors, en haut, en bas, ici, là-bas, aujourd'hui, demain se mélangent, s´entremêlent, se dissolvent.
Cette abolition des frontières est le chemin qui mène à l´Essentiel.

Hans Arp

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Ulysse

17 Janvier 2018, 02:09am

Publié par vertuchou

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Je ne refuse point qu'en si belle jeunesse

16 Janvier 2018, 02:55am

Publié par vertuchou

Je ne refuse point qu’en si belle jeunesse
De mille et mille amants vous soyez la maîtresse,
Que vous n’aimiez partout, et que, sans perdre temps,
Des plus douces faveurs ne les rendiez contents :
La beauté florissante est trop soudain séchée
Pour s’en ôter l’usage, et la tenir cachée.
Mais je crève de rage et supporte au-dedans
Des glaçons trop serrés et des feux trop ardents,
Quand en dépit de moi vous faites que je sache
Le mal qui n’est point mal lorsque bien on le cache.

M’est-ce pas grand regret quand, sans le rechercher,
Fuyant pour n’en rien voir, on me le fait toucher ?
On me le dit par force, et ce qui plus me tue,
On le crie en la cour, au palais, en la rue !
J’en entends le succès dès qu’il est advenu.
Si vous faites un pas, votre coche est connu,
Vos pages, vos laquais, et ces lieux ordinaires
Qui vous servent de temple aux amoureux mystères.

Pour n’en connaître rien, fussé-je aveugle et sourd !
Ou bien las ! que plutôt le commun bruit qui court
Ne vient-il à moi seul, sans que la renommée
L’éventant çà et là vous rende diffamée ?
Si seul je le savais que je serais content !
Le mal qu’on dit de vous ne m’irait dépitant,
Et lisant de mes yeux votre faute notoire
Pour me réconforter je n’en voudrais rien croire…

Philippe Desportes

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La poésie peut être l'envers

15 Janvier 2018, 01:57am

Publié par vertuchou

La poésie peut être l'envers du silence, son miroir.

--- Denis Bélanger

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Ta source

14 Janvier 2018, 02:51am

Publié par vertuchou

Elle naît tout en bas d'un lieu géométrique
À la sentir couler, je me crois à la mer
Parmi les poissons fous, c'est comme une musique
C'est le printemps et c'est l'automne et c'est l'hiver

L'été, ses fleurs mouillées au rythme de l'extase
Dans des bras de folie accrochent les amants
On dirait que l'amour n'a plus besoin de phrases
On dirait que les lèvres n'ont plus besoin d'enfants

Elles coulent les sources, en robe ou en guenilles
Celles qui sont fermées, celles qu'on n'ouvre plus
Sous des linges qu'on dit marqués du sceau des filles
Et ces marques, ça me fait croire qu'il a plu

Qui que tu sois, toi que je vois, de ma voix triste
Microsillonne-toi et je n'en saurai rien
Coule dans ton phono ma voix de l'improviste
Ma musique te prend les reins alors tu viens

Ta dune, je la vois, je la sens qui m'ensable
Avec ce va-et-vient de ta mer qui s'en va
Qui s'en va et revient mieux que l'imaginable
Ta source, tu le sais, ne s'imagine pas

Et tu fais de ma bouche un complice estuaire
Et tes baisers mouillés dérivant de ton cygne
Ne se retourneront jamais pour voir la Terre
Ta source s'est perdue au fond de ma poitrine

Ta source... je l'ai bue

Léo Ferré

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Windowsill Daydreaming

13 Janvier 2018, 02:47am

Publié par vertuchou

Windowsill Daydreaming, Rochester, New York. Photo by Minor White, 1958

Windowsill Daydreaming, Rochester, New York. Photo by Minor White, 1958

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