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Les élements

18 Janvier 2018, 02:11am

Publié par vertuchou

Je rêve des quatre éléments, terre, eau, feu, air.
Je rêve du Bien et du Mal.
Et la terre, l´eau, le feu, l´air, le Bien et le Mal s´entremêlent et deviennent l´Essentiel.

D´une toison céleste agitée s´élève une feuille.
La feuille se transforme en un torse.
Le torse se transforme en un vase.
Un énorme nombril apparaît.
Il grandit,
il devient toujours plus grand.
La toison céleste agitée se dissout en lui.
Le nombril est devenu un soleil,
une source immense.
la source du monde.
Elle brille.
Elle est devenue lumière.
Elle est devenue l´Essentiel.

En faisant un effort, je peux me souvenir de la différence
entre un palais et un nid.
Un nid et un palais ont la même splendeur.
Dans la fleur l´étoile rougit déjà.
Ce mélange, cet entremêlement, cette dissolution, cette abolition des frontières, c´est le chemin qui mène à l´Essentiel.
 
Comme les nuages les formes du monde tournent les unes dans les autres.
Plus elles s´unissent en profondeur,
plus elles sont proches de l´essence du monde.
Lorsque le corporel disparaît,
l´Essentiel resplendit.
Je rêve du crâne volant,
de la porte du nombril et des deux oiseaux qui forment la porte,
d´une feuille qui se change en un torse,
de boules jaunes, de surfaces jaunes,
de temps jaune, vert, blanc,
de la montre essentielle sans aiguille ni cadran.
Je rêve de dedans et dehors, d´en haut et d´en bas, d´ici et là-bas, d´aujourd'hui et demain.
Et dedans, dehors, en haut, en bas, ici, là-bas, aujourd'hui, demain se mélangent, s´entremêlent, se dissolvent.
Cette abolition des frontières est le chemin qui mène à l´Essentiel.

Hans Arp

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Ulysse

17 Janvier 2018, 02:09am

Publié par vertuchou

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Je ne refuse point qu'en si belle jeunesse

16 Janvier 2018, 02:55am

Publié par vertuchou

Je ne refuse point qu’en si belle jeunesse
De mille et mille amants vous soyez la maîtresse,
Que vous n’aimiez partout, et que, sans perdre temps,
Des plus douces faveurs ne les rendiez contents :
La beauté florissante est trop soudain séchée
Pour s’en ôter l’usage, et la tenir cachée.
Mais je crève de rage et supporte au-dedans
Des glaçons trop serrés et des feux trop ardents,
Quand en dépit de moi vous faites que je sache
Le mal qui n’est point mal lorsque bien on le cache.

M’est-ce pas grand regret quand, sans le rechercher,
Fuyant pour n’en rien voir, on me le fait toucher ?
On me le dit par force, et ce qui plus me tue,
On le crie en la cour, au palais, en la rue !
J’en entends le succès dès qu’il est advenu.
Si vous faites un pas, votre coche est connu,
Vos pages, vos laquais, et ces lieux ordinaires
Qui vous servent de temple aux amoureux mystères.

Pour n’en connaître rien, fussé-je aveugle et sourd !
Ou bien las ! que plutôt le commun bruit qui court
Ne vient-il à moi seul, sans que la renommée
L’éventant çà et là vous rende diffamée ?
Si seul je le savais que je serais content !
Le mal qu’on dit de vous ne m’irait dépitant,
Et lisant de mes yeux votre faute notoire
Pour me réconforter je n’en voudrais rien croire…

Philippe Desportes

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La poésie peut être l'envers

15 Janvier 2018, 01:57am

Publié par vertuchou

La poésie peut être l'envers du silence, son miroir.

--- Denis Bélanger

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Ta source

14 Janvier 2018, 02:51am

Publié par vertuchou

Elle naît tout en bas d'un lieu géométrique
À la sentir couler, je me crois à la mer
Parmi les poissons fous, c'est comme une musique
C'est le printemps et c'est l'automne et c'est l'hiver

L'été, ses fleurs mouillées au rythme de l'extase
Dans des bras de folie accrochent les amants
On dirait que l'amour n'a plus besoin de phrases
On dirait que les lèvres n'ont plus besoin d'enfants

Elles coulent les sources, en robe ou en guenilles
Celles qui sont fermées, celles qu'on n'ouvre plus
Sous des linges qu'on dit marqués du sceau des filles
Et ces marques, ça me fait croire qu'il a plu

Qui que tu sois, toi que je vois, de ma voix triste
Microsillonne-toi et je n'en saurai rien
Coule dans ton phono ma voix de l'improviste
Ma musique te prend les reins alors tu viens

Ta dune, je la vois, je la sens qui m'ensable
Avec ce va-et-vient de ta mer qui s'en va
Qui s'en va et revient mieux que l'imaginable
Ta source, tu le sais, ne s'imagine pas

Et tu fais de ma bouche un complice estuaire
Et tes baisers mouillés dérivant de ton cygne
Ne se retourneront jamais pour voir la Terre
Ta source s'est perdue au fond de ma poitrine

Ta source... je l'ai bue

Léo Ferré

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Windowsill Daydreaming

13 Janvier 2018, 02:47am

Publié par vertuchou

Windowsill Daydreaming, Rochester, New York. Photo by Minor White, 1958

Windowsill Daydreaming, Rochester, New York. Photo by Minor White, 1958

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Parole dans l’ombre

12 Janvier 2018, 02:53am

Publié par vertuchou

Elle disait: C’est vrai, j’ai tort de vouloir mieux;
Les heures sont ainsi très-doucement passées;
Vous êtes là; mes yeux ne quittent pas vos yeux,
Où je regarde aller et venir vos pensées.

Vous voir est un bonheur; je ne l’ai pas complet.
Sans doute, c’est encor bien charmant de la sorte!
Je veille, car je sais tout ce qui vous déplaît,
A ce que nul fâcheux ne vienne ouvrir la porte;

Je me fais bien petite, en mon coin, près de vous;
Vous êtes mon lion, je suis votre colombe;
J’entends de vos papiers le bruit paisible et doux;
Je ramasse parfois votre plume qui tombe;

Sans doute, je vous ai; sans doute, je vous voi.
La pensée est un vin dont les rêveurs sont ivres,
Je le sais; mais, pourtant, je veux qu’on songe à moi.
Quand vous êtes ainsi tout un soir dans vos livres,

Sans relever la tête et sans me dire un mot,
Une ombre reste au fond de mon coeur qui vous aime;
Et, pour que je vous voie entièrement, il faut
Me regarder un peu, de temps en temps, vous-même.

Paris, Octobre 18..

Victor Hugo

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Ma Cordélia

11 Janvier 2018, 02:44am

Publié par vertuchou

Ma Cordélia

Je suis pauvre : tu es mon trésor ; je suis sombre : tu es ma lumière ;

je ne possède rien, je n’ai aucun besoin. Et comment posséderais-je quelque chose ?

Le peut-on, quand on ne se possède pas soi-même ? Quelle contradiction !

Je suis heureux comme un enfant qui ne peut et ne doit rien posséder.

Je ne possède rien ; je n’appartiens qu’à toi ;

je ne suis pas, j’ai cessé d’être, pour être tien.

Ton Johannes.

Sören Kierkegaard, Le journal du séducteur

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Ne parle pas

10 Janvier 2018, 02:06am

Publié par vertuchou

 Ne parle pas d'amour
aux oiseaux des murs
Tiens-toi tranquille
ne dérange pas l'horizon du silence
Sois secret comme l'île
peuplée de totems et de lances
Retiens ce qu'il reste de nuit
sous tes paupières
En cas de détresse danse
danse danse
Jusqu'à ce que Mère Terre
écoute ta blessure
Danse jusqu'à ce que tes dents
blanches rient
Mais ne parle pas d'avenir infini
aux soleils gris
aux lunes de tristesse et d'errance.

André Laude

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On the sunny side of the street

9 Janvier 2018, 02:42am

Publié par vertuchou

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