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Une vie, une vie

8 Septembre 2016, 03:18am

Publié par vertuchou

Une vie mesurée
Une vie enterrée

Une vie dissolue
Une vie révolue

Une vie bien rangée
Une vie dérangée

Une vie retrouvée
Une vie vite gâchée

Une vie passionnée
Une vie explosée

Une vie qui viendra
Une vie qui restera ?

Une vie, rien qu’une vie
Une vie qui s’enfuit


Patrick Belloeil

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Concerto pour violon en sol mineur

7 Septembre 2016, 03:31am

Publié par vertuchou

Antonio Vivaldi, Concerto pour violon en sol mineur. Opus RV 323.

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Les méfaits de la lune

6 Septembre 2016, 03:38am

Publié par vertuchou

Sur mon front, mille fois solitaire,
Puisque je dois dormir loin de toi,
La lune déjà maligne en soi,
Ce soir jette un regard délétère.
Il dit ce regard — pût-il se taire !
Mais il ne prétend pas rester coi,
— Qu’il n’est pas sans toi de paix pour moi ;
Je le sais bien, pourquoi ce mystère,
Pourquoi ce regard, oui, lui, pourquoi ?
Qu’ont de commun la lune et la terre ?
Bah, reviens vite, assez de mystère !
Toi, c’est le soleil, luis clair sur moi !”

Paul Verlaine

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A l'instant il voulut être aimé d'elle

5 Septembre 2016, 03:15am

Publié par vertuchou

A l'instant il voulut être aimé d'elle. C'était aussi violent que mystérieux.

Mais c'était vivre l'expérience la plus intéressante de la vie.

Il n'était ni assez sot, ni si jeune, qu'il pût l'ignorer. Il ne l'ignorait pas,

et, pactisant avec son mal, il le pensa même avec une clarté extraordinaire.

Ceci expliquera qu'il ne se retint pas. Ni de la contempler, ni de la désirer.

Elle ne ressemblait à personne qu'il eût déjà aimé, elle ne réitérait pas un passé.

Mais elle était si jolie ! Il ne pouvait tout simplement pas la regarder.

Une silhouette, les traits d'un visage, une expression tendre, une indifférence

étaient le centre déclencheur d'une attraction.

Aline Ferney, La conversation amoureuse

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Les contraires

4 Septembre 2016, 03:23am

Publié par vertuchou

l y a celui qui vit
dans l'auberge des feuilles
Et celui qui bâtit
de hautes citadelles

Il y a le feu qui pourrit
sur sa cendre muette
Et la flamme en tes yeux
qui ne saurait s'éteindre

Il y a des souvenirs qui meurent
de leurs ailes blessés
Et des visages qui éclairent
longtemps après leur mort

Il y a le vin et le sang
le pain et la dent
la faim et son désir couronné

Il y a celui qui toujours tourne
autour de soi
Et celui qui met ses bras
autour du monde

Jean-Pierre Siméon

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Adriana

3 Septembre 2016, 03:31am

Publié par vertuchou

Pawel Smialek, Adriana, collodion humide sur feuille d’aluminium, 18 x 24 cm

Pawel Smialek, Adriana, collodion humide sur feuille d’aluminium, 18 x 24 cm

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Le soleil s'est couché

2 Septembre 2016, 03:03am

Publié par vertuchou

Le soleil s'est couché ce soir dans les nuées ;
Demain viendra l'orage, et le soir, et la nuit ;
Puis l'aube, et ses clartés de vapeurs obstruées ;
Puis les nuits, puis les jours, pas du temps qui fuit !

Tous ces jours passeront ; ils passeront en foule
Sur la face des mers, sur la face des monts,
Sur les fleuves d'argent, sur les forêts où roule
Comme un hymne confus des morts que nous aimons.

Et la face des eaux, et le front des montagnes,
Ridés et non vieillis, et les bois toujours verts
S'iront rajeunissant ; le fleuve des campagnes
Prendra sans cesse aux monts le flot qu'il donne aux mers.

Mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête,
Je passe, et, refroidi sous ce soleil joyeux,
Je m'en irai bientôt, au milieu de la fête,
Sans que rien manque au monde, immense et radieux !

Victor Hugo

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La poésie est désuète

1 Septembre 2016, 02:08am

Publié par vertuchou

La poésie est désuète pour ceux qui sont gavés, mais quand le réel est insupportable,

elle prend la valeur d'une arme de survie.

Boris Cyrulnik, Un merveilleux malheur

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Lettre d'amour

31 Août 2016, 02:57am

Publié par vertuchou

Pas facile de formuler ce que tu as changé pour moi.
Si je suis en vie maintenant, j'étais alors morte,
Bien que, comme une pierre, sans que cela ne m'inquiète,
Et je restais là sans bouger selon mon habitude.
Tu ne m'as pas simplement une peu poussée du pied, non-
Ni même laissé régler mon petit oeil nu
A nouveau vers le ciel, sans espoir, évidemment,
De pouvoir appréhender le bleu, ou les étoiles.
Ce n'était pas çà. Je dormais, disons : un serpent
Masqué parmi les roches noires telle une roche noire
Se trouvant au milieu du hiatus blanc de l'hiver -
Tout comme mes voisines, ne prenant aucun plaisir
A ce million de joues parfaitement ciselées
Qui se posaient à tout moment afin d'attendrir
Ma joue de basalte. Et elles se transformaient en larmes,
Anges versant des pleurs sur des natures sans relief,
Mais je n'étais pas convaincue. Ces larmes gelaient.
Chaque tête morte avait une visière de glace.
Et je continuais de dormir, repliée sur moi-même.
La première chose que j'ai vue n'était que de l'air
Et ces gouttes prisonnières qui montaient en rosée,
Limpides comme des esprits. Il y avait alentour
Beaucoup de pierres compactes et sans aucune expression.
Je ne savais pas du tout quoi penser de cela.
Je brillais, recouverte d'écailles de mica,
Me déroulais pour me déverser tel un fluide
Parmi les pattes d'oiseaux et les tiges des plantes.
Je ne m’y suis pas trompée. Je t'ai reconnu aussitôt.
L'arbre et la pierre scintillaient, ils n'avaient plus d'ombres.
Je me suis déployée, étincelante comme du verre.
J'ai commencé de bourgeonner tel un rameau de mars :
Un bras et puis une jambe, un bras et encore une jambe.
De la pierre au nuage, ainsi je me suis élevée.
Maintenant je ressemble à une sorte de dieu
Je flotte à travers l'air, mon âme pour vêtement,
Aussi pure qu'un pain de glace. C'est un don.

Sylvia Plath

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Take me to the alley

30 Août 2016, 02:55am

Publié par vertuchou

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