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One More Night

17 Juillet 2016, 03:03am

Publié par vertuchou

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Photographie

16 Juillet 2016, 03:11am

Publié par vertuchou

Ton sourire m'attire comme
Pourrait m'attirer une fleur
Photographie tu es le champignon brun
De la forêt
Qu'est sa beauté
Les blancs y sont
Un clair de lune
Dans un jardin pacifique
Plein d'eaux vives et de jardiniers endiablés
Photographie tu es la fumée de l'ardeur
Qu'est sa beauté
Et il y a en toi
Photographie
Des tons alanguis
On y entend
Une mélopée
Photographie tu es l'ombre
Du Soleil
Qu'est sa beauté

Guillaume Apollinaire

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A chaque effondrement

15 Juillet 2016, 03:05am

Publié par vertuchou

A chaque effondrement de preuve, la poésie répond par une salve d'avenir.

— René Char

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Le bal du 14 Juillet

14 Juillet 2016, 03:39am

Publié par vertuchou

Ce soir, un bal sera donné,
Je ne pourrais y aller,
Mais je vais en rêver
Et ce sera comme si j’y étais.
Je t’attendrais sur ce pont,
Décoré pour l’occasion
De rubans de papiers
Et de bannières colorées.
Je porterais une jolie robe pour l’occasion,
C’est quand même la fête de ta nation,
Une date, quand un pays a retrouvé sa liberté
Doit comme il se faut être fêtée.
Ce soir dans mes rêves, je vais danser
Et je me réjouis que tu sois mon cavalier,
Je te donne rendez-vous sur le pont
Pour le bal de ce 14 juillet aux lampions.

Michèle Hardenne

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Gelbes Haus mit Apfelbaum

13 Juillet 2016, 03:29am

Publié par vertuchou

Gabriele Münter (1877-1962), Gelbes Haus mit Apfelbaum (Maison jaune avec pommier)

Gabriele Münter (1877-1962), Gelbes Haus mit Apfelbaum (Maison jaune avec pommier)

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Un rêve

12 Juillet 2016, 03:25am

Publié par vertuchou

En des visions de la sombre nuit,
j’ai bien rêvé de joie défunte,
— mais voici qu’un rêve tout éveillé de vie et de lumière
m’a laissé le cœur brisé.

Ah ! qu’est-ce qui n’est pas un rêve le jour
pour celui dont les yeux portent
sur les choses d’alentour un éclat
retourné au passé ?

Ce rêve béni, ce rêve béni,
pendant que grondait le monde entier,
m’a réjoui comme un cher rayon guidant
un esprit solitaire.

Oui, quoique cette lumière, dans l’orage et la nuit,
tremblât comme de loin,
que pouvait-il y avoir, brillant avec plus de pureté,
sous l’astre de jour de Vérité.

Edgar Poe
- traduction par Stéphane Mallarmé.

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Et je pleure, et je crie et je ris

11 Juillet 2016, 03:23am

Publié par vertuchou

Et je pleure, et je crie et je ris au pied d'une fleur des champs,
Égaré, insouciant dans l'âme du printemps, cœur battant,
Cœur serré par la colère, par l'éphémère beauté de la vie.
— Jacques Higelin

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Si nous connaissions le point

10 Juillet 2016, 03:20am

Publié par vertuchou

Si nous connaissions le point
où quelque chose va se rompre,
où le fil des baisers sera coupé,
où un regard cessera de rencontrer un autre regard,
où le cœur ailleurs s'élancera,
nous pourrions mettre sur ce point un autre point
ou du moins l'accompagner quand il cède.

Si nous connaissions le point
où une chose va se fondre avec une autre,
où le désert rencontrera la pluie,
où l'étreinte atteindra la vie,
où ma mort s'approchera de la tienne,
nous pourrions dérouler ce point comme un serpentin
ou du moins le chanter jusqu'à mourir.

Si nous connaissions le point
où une chose sera toujours cette chose,
où l'os n'oubliera pas la chair,
où la source est mère d'autre source,
où le passé ne sera jamais le passé,
nous pourrions le laisser seul et abolir tous les autres
ou du moins l'abriter dans un lieu plus sûr.

Roberto Juarroz

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Concerto en ré pour 2 cors, 2 hautbois, basson, cordes. Allegro

9 Juillet 2016, 03:07am

Publié par vertuchou

Johann Georg Pisendel, Concerto en ré pour 2 cors, 2 hautbois, basson, cordes. Allegro

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L'amour et la mort

8 Juillet 2016, 03:03am

Publié par vertuchou

...

Éternité de l'homme, illusion ! chimère !
Mensonge de l'amour et de l'orgueil humain !
Il n'a point eu d'hier, ce fantôme éphémère,
Il lui faut un demain !

Pour cet éclair de vie et pour cette étincelle
Qui brûle une minute en vos cœurs étonnés,
Vous oubliez soudain la fange maternelle
Et vos destins bornés.

Vous échapperiez donc, ô rêveurs téméraires
Seuls au Pouvoir fatal qui détruit en créant ?
Quittez un tel espoir ; tous les limons sont frères
En face du néant.

Vous dites à la Nuit qui passe dans ses voiles :
“ J'aime, et j'espère voir expirer tes flambeaux. ”
La Nuit ne répond rien, mais demain ses étoiles
Luiront sur vos tombeaux.

Vous croyez que l'amour dont l'âpre feu vous presse
A réservé pour vous sa flamme et ses rayons ;
La fleur que vous brisez soupire avec ivresse :
“Nous aussi nous aimons !”

Heureux, vous aspirez la grande âme invisible
Qui remplit tout, les bois, les champs de ses ardeurs ;
La Nature sourit, mais elle est insensible :
Que lui font vos bonheurs ?

Elle n'a qu'un désir, la marâtre immortelle,
C'est d'enfanter toujours, sans fin, sans trêve, encor.
Mère avide, elle a pris l'éternité pour elle,
Et vous laisse la mort.

Toute sa prévoyance est pour ce qui va naître ;
Le reste est confondu dans un suprême oubli.
Vous, vous avez aimé, vous pouvez disparaître :
Son vœu s'est accompli.

Quand un souffle d'amour traverse vos poitrines,
Sur des flots de bonheur vous tenant suspendus,
Aux pieds de la Beauté lorsque des mains divines
Vous jettent éperdus ;

Quand, pressant sur ce cœur qui va bientôt s'éteindre
Un autre objet souffrant, forme vaine ici-bas,
Il vous semble, mortels, que vous allez étreindre
L'Infini dans vos bras ;

Ces délires sacrés, ces désirs sans mesure
Déchaînés dans vos flancs comme d'ardents essaims,
Ces transports, c'est déjà l'Humanité future
Qui s'agite en vos seins.

Elle se dissoudra, cette argile légère
Qu'ont émue un instant la joie et la douleur ;
Les vents vont disperser cette noble poussière
Qui fut jadis un cœur.

Mais d'autres cœurs naîtront qui renoueront la trame
De vos espoirs brisés, de vos amours éteints,
Perpétuant vos pleurs, vos rêves, votre flamme,
Dans les âges lointains.

Tous les êtres, formant une chaîne éternelle,
Se passent, en courant, le flambeau de l'amour.
Chacun rapidement prend la torche immortelle
Et la rend à son tour.

Aveuglés par l'éclat de sa lumière errante,
Vous jurez, dans la nuit où le sort vous plongea,
De la tenir toujours : à votre main mourante
Elle échappe déjà.

Du moins vous aurez vu luire un éclair sublime ;
Il aura sillonné votre vie un moment ;
En tombant vous pourrez emporter dans l'abîme
Votre éblouissement.

Et quand il régnerait au fond du ciel paisible
Un être sans pitié qui contemplât souffrir,
Si son œil éternel considère, impassible,
Le naître et le mourir,

Sur le bord de la tombe, et sous ce regard même,
Qu'un mouvement d'amour soit encor votre adieu !
Oui, faites voir combien l'homme est grand lorsqu'il aime,
Et pardonnez à Dieu !

Louise Ackermann

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