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Vertuchou.over-blog.com

Le poète

6 Décembre 2015, 04:54am

Publié par vertuchou

Je prendrai dans ma main gauche
Une poignée de mer
Et dans ma main droite
Une poignée de terre,
Puis je joindrai mes deux mains
Comme pour une prière
Et de cette poignée de boue
Je lancerai dans le ciel
Une planète nouvelle
Vêtue de quatre saisons
Et pourvue de gravité
Pour retenir la maison
Que j'y rêve d'habiter.
Une ville. Un réverbère.
Un lac. Un poisson rouge.
Un arbre et à peine
Un oiseau.
Car une telle planète
Ne tournera que le temps
De donner à l'Univers
La pesanteur d'un instant.

Gilles Vigneault

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La canzone dei vecchi amanti

5 Décembre 2015, 04:41am

Publié par vertuchou

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Plaisir d'amour

4 Décembre 2015, 04:38am

Publié par vertuchou

Plaisir d'amour ne dure qu'un moment,
Chagrin d'amour dure toute la vie.

J'ai tout quitté pour l'ingrate Sylvie,
Elle me quitte et prend un autre amant.
Plaisir d'amour ne dure qu'un moment,
Chagrin d'amour dure toute la vie.

Tant que cette eau coulera doucement
Vers ce ruisseau qui borde la prairie,
Je t'aimerai, me répétait Sylvie ;
L'eau coule encor, elle a changé pourtant !

Plaisir d'amour ne dure qu'un moment,
Chagrin d'amour dure toute la vie.

Jean-Pierre Claris de Florian

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A peine

3 Décembre 2015, 04:27am

Publié par vertuchou

A peine le jour s'est levé,
A peine la nuit va s'achever
Que déjà, ta main s'est glissée,
Légère, légère.
A peine sorti du sommeil,
A peine, à peine tu t'éveilles
Que déjà, tu cherches ma main
Que déjà, tu frôles mes reins.

L'aube blafarde, par la fenêtre,
L'aube blafarde, va disparaitre.
C'est beau : regarde par la fenêtre.
C'est beau : regarde le jour paraitre.

A chaque jour recommencé,
A se vouloir, à se garder,
A se perdre, à se déchirer,
A se battre, à se crucifier.
Passent les vents et les marées.
Mille fois perdus, déchirés,
Mille fois perdus, retrouvés,
Nous restons là, émerveillés.

Mon indocile, mon difficile
Et puis docile, mon si fragile,
Tu es la vague où je me noie,
Tu es ma force, tu es ma loi.

A peine le temps s'est posé,
Printemps, hiver, automne, été.
Tu t'en souviens ? C'était hier,
Printemps, été, automne, hiver.
A peine tu m'avais entrevue,
Déjà, tu m'avais reconnue.
A peine je t'avais souri
Que déjà, tu m'avais choisie.

Ton indocile, ta difficile
Et puis docile, ta si fragile,
Je suis la vague où tu te noies,
Je suis ta force, je suis ta loi.

Dans la chambre, s'est glissée l'ombre.
Je t'aperçois dans la pénombre.
Tu me regardes, tu me guettes.
Tu n'écoutais pas, je m'arrête.
Au loin, une porte qui claque.
Il pleut, j'aime le bruit des flaques.
Ailleurs, le monde vit, ailleurs
Et nous, nous vivons là, mon cœur
Et je m'enroule au creux de toi
Et tu t'enroules au creux de moi.

Le temps passe vite à s'aimer.
A peine l'avons-nous vu passer
Que déjà, la nuit s'est glissée,
Légère, si légère.
Ta bouche à mon cou, tu me mords.
Il fait nuit noire au dehors.
Ta bouche à mon cou, je m'endors.
Dans le sommeil, je t'aime encore.

A peine je suis endormie
Que déjà, tu t'endors aussi.
Ton corps, à mon corps, se fait lourd.
Bonsoir, bonne nuit, mon amour…

Paroles: R. Romanelli. Musique: Barbara

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Petit matin

2 Décembre 2015, 04:03am

Publié par vertuchou

Je te reconnaîtrai aux algues de la mer
Au sel de tes cheveux aux herbes de tes mains
Je te reconnaîtrai au profond des paupières
Je fermerai les yeux tu me prendras la main

Je te reconnaîtrai quand tu viendras pieds nus
Sur les sentiers brûlants d'odeurs et de soleil
Les cheveux ruisselants sur tes épaules nues
Et les seins ombragés des palmes du sommeil

Je laisserai alors s'envoler les oiseaux
Les oiseaux longs-courriers qui traversent les mers
Les étoiles aux vents courberont leurs fuseaux
Les oiseaux très pressés fuiront dans le ciel clair

Je t'attendrai en haut de la plus haute tour
Où pleurent nuit et jour les absents dans le vent
Quand les oiseaux fuiront je saurai que le jour
Est là marqué des pas de celle que j'attends

Complices du soleil je sens mon corps mûrir
De la patience aveugle et laiteuse des fruits
Ses froides mains de sel lentement refleurir
Dans le matin léger qui jaillit de la nuit

Claude Roy

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Ruth Von Morgen, Berlin, 1934

1 Décembre 2015, 03:44am

Publié par vertuchou

Marianne Breslauer, Ruth Von Morgen, Berlin, 1934

Marianne Breslauer, Ruth Von Morgen, Berlin, 1934

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Sonnet

30 Novembre 2015, 04:25am

Publié par vertuchou

Beaux yeux dont la douceur si doucement m'enivre,
Vous produisez des feux qui me vont dévorant :
Beaux yeux, mais ! beaux soleils qui m'allez éclairant,
Vous brûlez, et le ciel me force de vous suivre.

Beaux yeux, dont la clarté du trépas me délivre,
Et du chemin d'erreur où j'allais m'égarant ;
Qui vous voit sans mourir n'est pas digne de vivre,
Et qui vit sans vous voir, d'un mort n'est différent.

Je n'avais point vécu jusqu'à l'heure première
Qu'amour me découvrit votre belle lumière,
Et que de vos regards je fus illuminé :

Mais ce même moment qui me donne naissance,
Du don qu'il m'avait fait m'ôta la jouissance,
Car je fus à vos rais aussitôt mort que né.

Gilles Durant de la Bergerie

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La poésie est son propre chemin

29 Novembre 2015, 03:42am

Publié par vertuchou

La poésie est son propre chemin, son unique but. Elle est le monde.

Adonis

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Soir d'automne

28 Novembre 2015, 04:31am

Publié par vertuchou

Dans le brillance de la pierre
Et dans la lueur du bois,
Il y a un reflet de nostalgie.

Les murs et les poutres
Auraient-ils absorbé
Les effluves d'une tristesse ancienne ?

La bière la plus amère,
Devient douce,
Lorsque je ramène à moi
Le souvenir de ton regard.

La Glycine, le 16 Novembre 2001.

Patricio Pujos San Martin

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Lithographie no. 14

27 Novembre 2015, 04:31am

Publié par vertuchou

Pierre Soulages, Lithographie no. 14 (1964)

Pierre Soulages, Lithographie no. 14 (1964)

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