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Vertuchou.over-blog.com

La mer

3 Octobre 2015, 04:43am

Publié par vertuchou

Loin des grands rochers noirs que baise la marée,
La mer calme, la mer au murmure endormeur,
Au large, tout là-bas, lente s'est retirée,
Et son sanglot d'amour dans l'air du soir se meurt.

La mer fauve, la mer vierge, la mer sauvage,
Au profond de son lit de nacre inviolé
Redescend, pour dormir, loin, bien loin du rivage,
Sous le seul regard pur du doux ciel étoilé.

La mer aime le ciel : c'est pour mieux lui redire,
À l'écart, en secret, son immense tourment,
Que la fauve amoureuse, au large se retire,
Dans son lit de corail, d'ambre et de diamant.

Et la brise n'apporte à la terre jalouse,
Qu'un souffle chuchoteur, vague, délicieux :
L'âme des océans frémit comme une épouse
Sous le chaste baiser des impassibles cieux.

Nérée Beauchemin

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Aurélien

2 Octobre 2015, 04:00am

Publié par vertuchou

Illustration pour le roman d’Aragon « Aurélien » par Man Ray

Illustration pour le roman d’Aragon « Aurélien » par Man Ray

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À Madeleine

1 Octobre 2015, 04:55am

Publié par vertuchou

Je serre votre souvenir comme un corps véritable
Et ce que mes mains pourraient prendre de votre beauté
Ce que mes mains pourraient en prendre un jour
Aura-t-il plus de réalité ?
Car qui peut prendre la magie du printemps ?
Et ce qu’on en peut avoir n’est-il pas moins réel encore
Et plus fugace que le souvenir ?
Et l’âme cependant prend l’âme même de loin
Plus profondément plus complètement encore
Qu’un corps ne peut étreindre au corps.
Mon souvenir vous présente à moi comme un tableau de la création
Se présentait à Dieu le septième jour
Madeleine mon cher ouvrage
Que j’ai fait naître brusquement
Votre deuxième naissance
Nice les Arcs Toulon Marseille Prunay Wez Thuizy Courmelois Beaumont-sur-Vesle
Mourmelon-le-Grand Cuperly Laval St-Jean-sur-Tourbe Le Mesnil Hurlus
Perthes-lès-Hurlus Oran Alger
Et j’admire mon ouvrage
Nous sommes l’un à l’autre comme des étoiles très lointaines
Qui s’envoient leur lumière…
Vous en souvenez-vous ?
Mon cœur
Allait de porte en porte comme un mendiant
Et vous m’avez fait l’aumône qui m’enrichit à jamais
Quand noircirai-je mes houseaux
Pour la grande cavalcade
Qui me ramènera près de vous ?
Vous m’attendez ayant aux doigts
Des pauvres bagues en aluminium pâle comme l’absence
Et tendre comme le souvenir
Métal de notre amour métal semblable à l’aube
Ô Lettres chères lettres
Vous attendez les miennes
Et c’est ma plus chère joie
D’épier dans la grande plaine où s’ouvrent comme le désir les tranchées
Blanches les tranchées pâles
D’épier l’arrivée du vaguemestre
Les tourbillons de mouches s’élèvent sur son passage
Celles des ennemis qui voudraient l’empêcher d’arriver
Et vous lisant aussitôt
Je m’embarque avec vous pour un pèlerinage infini
Nous sommes seuls
Et je chante pour vous librement joyeusement
Tandis que seule votre voix pure me répond
Qu’il serait temps que s’élevât cette harmonie
Sur l’océan sanglant de ces pauvres années
Où le jour est atroce où le soleil est la blessure
Par où s’écoule en vain la vie de l’univers
Qu’il serait temps, ma Madeleine, de lever l’ancre !

Guillaume Apollinaire

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Le poète entre dans le temps par effraction

30 Septembre 2015, 04:38am

Publié par vertuchou

Le poète entre dans le temps par effraction; il l'abolit.

- René de Obaldia

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Alicante

29 Septembre 2015, 04:35am

Publié par vertuchou

Une orange sur la table
Ta robe sur le tapis
Et toi dans mon lit
Doux présent du présent
Fraîcheur de la nuit
Chaleur de ma vie.

Jacques Prévert

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Game of Thrones

28 Septembre 2015, 04:32am

Publié par vertuchou

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A Julie

27 Septembre 2015, 04:20am

Publié par vertuchou

On me demande, par les rues,
Pourquoi je vais bayant aux grues,
Fumant mon cigare au soleil,
A quoi se passe ma jeunesse,
Et depuis trois ans de paresse
Ce qu'ont fait mes nuits sans sommeil.

Donne-moi tes lèvres, Julie ;
Les folles nuits qui t'ont pâlie
Ont séché leur corail luisant.
Parfume-les de ton haleine ;
Donne-les-moi, mon Africaine,
Tes belles lèvres de pur sang.

Mon imprimeur crie à tue-tête
Que sa machine est toujours prête,
Et que la mienne n'en peut mais.
D'honnêtes gens, qu'un club admire,
N'ont pas dédaigné de prédire
Que je n'en reviendrai jamais.

Julie, as-tu du vin d'Espagne ?
Hier, nous battions la campagne ;
Va donc voir s'il en reste encor.
Ta bouche est brûlante, Julie ;
Inventons donc quelque folie
Qui nous perde l'âme et le corps.

On dit que ma gourme me rentre,
Que je n'ai plus rien dans le ventre,
Que je suis vide à faire peur ;
Je crois, si j'en valais la peine,
Qu'on m'enverrait à Sainte-Hélène,
Avec un cancer dans le coeur.

Allons, Julie, il faut t'attendre
A me voir quelque jour en cendre,
Comme Hercule sur son rocher.
Puisque c'est par toi que j'expire,
Ouvre ta robe, Déjanire,
Que je monte sur mon bûcher.

Alfred de Musset

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Le Poète se fait voyant

26 Septembre 2015, 03:55am

Publié par vertuchou

Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens.

Toutes les formes d’amour, de souffrance, de folie ; il cherche lui-même,

il épuise en lui tous les poisons, pour n’en garder que les quintessences.


Arthur Rimbaud, Lettre du Voyant, 15 mai 1871

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L’eau perpétuelle

25 Septembre 2015, 04:57am

Publié par vertuchou

Quand je glisse en tes yeux,
Une allée me prolonge
Loin du mortel pays.

Amour, il fallait bien que tu sois.

Au bord des rives où tout trépigne et s’efface;
Il fallait bien que l’eau perpétuelle
Nous donne ce qui est plus que la vie.

Andrée Chedid

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T1961–H37

24 Septembre 2015, 04:30am

Publié par vertuchou

 Hans Hartung (1904-1989) T1961–H37, 1961

Hans Hartung (1904-1989) T1961–H37, 1961

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