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Coups de cœur
Le soir
La joie bruyante des hommes s'est tue.
Au murmure merveilleux des bois
Et de la plaine qui chante comme en rêve
Mon coeur -qui l'avait presque oublié-
Revit le passé doux et triste.
Des frissons légers passent sur mon âme
Comme des éclairs d'orages dans la nuit.
Joseph Karl Benedikt von Eichendorff
Schweigt der Menschen laute Lust :
Rauscht die erde wie in Träumen
Wunderbar mit allen Bäumen?
Was dem Hertzen Kaum bewusst,
Alte Zeiten, linde Trauer,
Und es schweifen leise Schauer
Wetterleuchtend durch die Brust.
La poésie doit
La poésie doit venir aussi naturellement que les feuilles aux arbres, ou ne pas venir.
John Keats
Paris by night
Trois allumettes une à une allumées dans la nuit
La première pour voir ton visage tout entier
La seconde pour voir tes yeux
La dernière pour voir ta bouche
Et l'obscurité tout entière pour me rappeler tout cela
En te serrant dans mes bras.
Jacques Prévert
Matin bleu à Vallauris
Dans l'eau claire
Dans l'eau claire, lumineuse
Lumineuse comme du jade
On voit naturellement jusqu'au fond...
Quand le coeur est libre de toute pensée
Les dix mille circonstances ne peuvent le toucher
Si le coeur ne s'agite pas pour des futilités
Le changement éternel ne saurait le troubler
Si l'on comprend cela
Si l'on comprend bien cela
On sait qu'il n'y a ni dos ni face !...
Han Shan
Ah ! j'ai baisé ta bouche
Ah ! j'ai baisé ta bouche, Iokanaan, j'ai baisé ta bouche.
Il y avait une âcre saveur sur tes lèvres. ôtait-ce la saveur du sang ?...
Mais, peut-être est-ce la saveur de l'amour. On dit que l'amour a une âcre saveur...
Mais, qu'importe ? Qu'importe ? J'ai baisé ta bouche, Iokanaan, j'ai baisé ta bouche.
Oscar Wilde, Salomé
S’éprouver soi-même
se taire
en l'absence
de souffle de vie
vacillement du monde
aux traits mortels
chair vive du silence
témoin de sa propre
existence
de rompre les points
de suture
à la croisée des chemins
Exsultate, jubilate, K165
Haiku
Que le ciel d’été
Lichen sur les pins.

