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Attendons que ma joie revienne

14 Août 2017, 02:37am

Publié par vertuchou

Attendons que ma joie revienne
Et que se meure le souvenir
De cet amour de tant de peine
Qui n'en finit pas de mourir.
Avant de me dire je t'aime,
Avant que je puisse te le dire,
Attends donc que ma joie revienne,
Qu'au matin je puisse sourire.

Laisse-moi. Le chagrin m'emporte
Et je vogue sur mon délire.
Laisse-moi. Ouvrez cette porte.
Laisse-moi. Je vais revenir.
J'attendrai que ma joie revienne
Et que soit mort le souvenir
De cet amour de tant de peine
Pour lequel j'ai voulu mourir.
J'attendrai que ma joie revienne,
Qu'au matin je puisse sourire,
Que le vent ait séché ma peine
Et la nuit calmé mon délire.

Il est, paraît-il, un rivage
Où l'on guérit du mal d'aimer.
Les amours mortes y font naufrage,
Epaves noires du passé.
Si tu veux que ma joie revienne,
Qu'au matin, je puisse sourire
Vers ce pays où meurt la peine,
Je t'en prie, laisse-moi partir.
Il faut de mes amours anciennes
Que périsse le souvenir
Pour que, libérée de ma chaîne,
Vers toi, je puisse revenir.

Alors, je t'en fais la promesse,
Ensemble nous irons cueillir
Au jardin fou de la tendresse
La fleur d'amour qui va s'ouvrir
Mais c'est trop tôt pour dire je t'aime,
Trop tôt pour te l'entendre dire.
La voix que j'entends, c'est la sienne.
Ils sont vivants, mes souvenirs.
Pardonne-moi: c'est lui que j'aime.
Le passé ne veut pas mourir

Barbara

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Italie, 1933

13 Août 2017, 03:01am

Publié par vertuchou

Henri Cartier-Bresson, Italie, 1933

Henri Cartier-Bresson, Italie, 1933

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A une chatte

12 Août 2017, 02:33am

Publié par vertuchou

Chatte blanche, chatte sans tache,
Je te demande, dans ces vers,
Quel secret dort dans tes yeux verts,
Quel sarcasme sous ta moustache.

Tu nous lorgnes, pensant tout bas
Que nos fronts pâles, que nos lèvres
Déteintes en de folles fièvres,
Que nos yeux creux ne valent pas

Ton museau que ton nez termine,
Rose comme un bouton de sein,
Tes oreilles dont le dessin
Couronne fièrement ta mine.

Pourquoi cette sérénité ?
Aurais-tu la clé des problèmes
Qui nous font, frissonnants et blêmes,
Passer le printemps et l'été ?

Devant la mort qui nous menace,
Chats et gens, ton flair, plus subtil
Que notre savoir, te dit-il
Où va la beauté qui s'efface,

Où va la pensée, où s'en vont
Les défuntes splendeurs charnelles ?
Chatte, détourne tes prunelles ;
J'y trouve trop de noir au fond.

Charles Cros

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Aimer une personne

11 Août 2017, 02:21am

Publié par vertuchou

Aimer une personne ne consiste pas à la posséder mais, au contraire, à la laisser respirer. Aimer, ce n’est pas accaparer l’autre, encore moins le rendre dépendant de soi, bien au contraire, c’est vouloir son autonomie. La jalousie, la possessivité, la peur de perdre l’autre sont des passions qui parasitent, voire détruisent la relation de couple.

L’amour véritable ne retient pas, il libère. Il n’étouffe pas l’autre, il lui apprend à mieux respirer. Il sait que l’autre ne lui appartient pas, mais qu’il se donne librement. Il recherche sa présence, mais il aime aussi la solitude et les temps de séparation, car il sait que ce sont eux qui lui feront mieux encore goûter la présence de l’aimé(e).

Mieux vaut éviter l’amour fusionnel, même si, bien souvent, la fusion est le type de relation de couple que vont rechercher deux individus qui manquent de sécurité intérieure

Dans sa forme authentique, l’amour relie deux êtres autonomes, indépendants, libres de leurs désirs et de leurs engagements. Un espace doit donc toujours exister entre les deux amants.

Frédéric Lenoir, La puissance de la joie

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Etre poète

10 Août 2017, 02:13am

Publié par vertuchou

Être poète
écrire pour respirer
chanter pour inspirer
livreur d’amour et d’alarme
embarqué dans tous les déluges on désaltère les fontaines
dans le désert seul voué à la noria
dévoué au rêve quand le soleil se pose
On révoque les maîtres
les souverains et les assujettis
on récuse la place du maître
avec ses monstres ses meurtres ses murs et ses armures
la place du plomb et de la peur du silence et du bruit
la vraie place forte de la mort éternellement mortelle
toujours recommencée
Mais la place assiégée par les flèches de la lumière
avisant les souterrains d’espoir
car au-dessous des tombes et des charniers
il y a l’humus et le limon des résistances fertiles
car au-dessus des gibets des croix et des statues
au-dessus des micros des codes et des prières
quand les dieux n’ont pas l’oeil sur leurs écritures
on délivre des paroles de pollen de sang de sève et de sisal
imaginant l’avenir pour l’horizon et la vigie
La page en sentinelle relève les mots de passe à la sortie
du temps
colporte la liberté sur les désespoirs antérieurs
éclaire l’astre sur le désastre le rythme sur le chaos
envole Shérazade sur un tapis de colibris.

 

Daniel Maximin

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My Favorite Dance

9 Août 2017, 02:13am

Publié par vertuchou

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Sonnet LVI

8 Août 2017, 03:10am

Publié par vertuchou

Je vous estime, Iris, et crois pouvoir sans crime
Permettre à mon respect un aveu si charmant :
Il est vrai qu’à chaque moment
Je songe que je vous estime.

Cette agréable idée, où ma raison s’abîme,
Tyrannise mes sens jusqu’à l’accablement ;
Mais pour vouloir fuir ce tourment
La cause en est trop légitime.

Aussi quelque désordre où mon cœur soit plongé,
Bien loin de faire effort à l’en voir dégagé,
Entretenir sa peine est toute mon étude.

J’en aime le chagrin, le trouble m’en est doux.
Hélas ! que ne m’estimez-vous
Avec la même inquiétude !

Pierre Corneille

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Un poème est le maximum de sensibilité

7 Août 2017, 03:05am

Publié par vertuchou

Un poème est le maximum de sensibilité qu’un homme

ou une femme puisse connaître. Un rien de de plus et

les poumons du langage éclatent, comme ceux des

plongeurs qui remontent trop vite du fond de l’océan.

Christian Bobin

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Un grain

6 Août 2017, 02:15am

Publié par vertuchou

Un grain de peau
Un grain de voix
Il faudra tout oublier
Dans le sablier
Restera la plage
Sans visage
Sans contour
Sans retour
Juste ce poids
L'envol d'oiseau !

 Sylvie Brès

 

 

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Marée basse à Villerville

5 Août 2017, 03:06am

Publié par vertuchou

Felix Valloton (1865-1925), Marée basse à Villerville, 1922

Felix Valloton (1865-1925), Marée basse à Villerville, 1922

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