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Cet amour

16 Avril 2017, 02:42am

Publié par vertuchou

Cet amour
Si violent
Si fragile
Si tendre
Si désespéré
Cet amour
Beau comme le jour
Et mauvais comme le temps
Quand le temps est mauvais
Cet amour si vrai
Cet amour si beau
Si heureux
Si joyeux
Et si dérisoire
Tremblant de peur comme un enfant dans le noir
Et si sûr de lui
Comme un homme tranquille au milieu de la nuit
Cet amour qui faisait peur aux autres
Qui les faisait parler
Qui les faisait blêmir
Cet amour guetté
Parce que nous le guettions
Traqué blessé piétiné achevé nié oublié
Parce que nous l’avons traqué blessé piétiné achevé nié oublié
Cet amour tout entier
Si vivant encore
Et tout ensoleillé
C’est le tien
C’est le mien
Celui qui a été
Cette chose toujours nouvelle
Et qui n’a pas changé
Aussi vrai qu’une plante
Aussi tremblante qu’un oiseau
Aussi chaude aussi vivant que l’été
Nous pouvons tous les deux
Aller et revenir
Nous pouvons oublier
Et puis nous rendormir
Nous réveiller souffrir vieillir
Nous endormir encore
Rêver à la mort,
Nous éveiller sourire et rire
Et rajeunir
Notre amour reste là
Têtu comme une bourrique
Vivant comme le désir
Cruel comme la mémoire
Bête comme les regrets
Tendre comme le souvenir
Froid comme le marbre
Beau comme le jour
Fragile comme un enfant
Il nous regarde en souriant
Et il nous parle sans rien dire
Et moi je l’écoute en tremblant
Et je crie
Je crie pour toi
Je crie pour moi
Je te supplie
Pour toi pour moi et pour tous ceux qui s’aiment
Et qui se sont aimés
Oui je lui crie
Pour toi pour moi et pour tous les autres
Que je ne connais pas
Reste là
Lá où tu es
Lá où tu étais autrefois
Reste là
Ne bouge pas
Ne t’en va pas
Nous qui nous sommes aimés
Nous t’avons oublié
Toi ne nous oublie pas
Nous n’avions que toi sur la terre
Ne nous laisse pas devenir froids
Beaucoup plus loin toujours
Et n’importe où
Donne-nous signe de vie
Beaucoup plus tard au coin d’un bois
Dans la forêt de la mémoire
Surgis soudain
Tends-nous la main
Et sauve-nous.

Jacques Prévert.

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Wild Is The Wind

15 Avril 2017, 02:39am

Publié par vertuchou

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Ô beaux yeux bruns, ô regards détournés

14 Avril 2017, 02:37am

Publié par vertuchou

Ô beaux yeux bruns, ô regards détournés
Ô chauds soupirs, ô larmes épandues,
Ô noires nuits vainement attendues
Ô jours luisants vainement retournés !

Ô tristes plaints, ô désirs obstinés,
Ô temps perdu, ô peines dépendues,
Ô mille morts en mille rets tendues,
Ô pires maux contre moi destinés !

Ô ris, ô front, cheveux, bras, mains et doigts !
Ô luth plaintif, viole, archet et voix !
Tant de flambeaux pour ardre une femelle !

De toi me plains, que tant de feux portant,
En tant d’endroits d’iceux mon coeur tâtant,
N’en est sur toi volé quelque étincelle.


Louise Labé

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Ah George. quel amour !

13 Avril 2017, 02:20am

Publié par vertuchou

"Ah. George. quel amour ! jamais homme n'a aimé comme je t'aime,
je suis perdu, vois-tu, je suis noyé, inondé d'amour ;
je ne sais plus si je vis, si je mange, si je marche, si je respire, si je parle ;
je sais que j'aime, je meurs d'amour, d'un amour sans fin, sans nom, insensé, désespéré,
 perdu, tu es aimée, adorée. idolâtrée jusqu'à mourir ! Et non : je ne guérirai pas.
Et non, je n'essaierai pas de vivre ; et j'aime mieux cela,
et mourir en t'aimant vaut mieux que de vivre."

Lettre d'Alfred de Musset à George Sand

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Tes lèvres

12 Avril 2017, 03:04am

Publié par vertuchou

J'aime mieux tes lèvres
Que tous mes livres.
Car avec tes lèvres,
j'en sais plus qu'avec tous mes livres.

J'aime mieux tes lèvres
Que toutes les fleurs.
Car tes lèvres sont plus douces
Et plus délicates que toutes les fleurs.

J'aime mieux tes lèvres
Que tous les mots,
Car avec tes lèvres,
Il n'y a plus besoin de mots...

Pour mon amour 17 déc.72 -  Jean-Piere Perroud

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100 fires

11 Avril 2017, 03:03am

Publié par vertuchou

Isabel Sörling à la voix, Paul Lay au piano, Simon Tailleu à la contrebassse.

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Ballade à la lune

10 Avril 2017, 03:00am

Publié par vertuchou

C'était, dans la nuit brune,
Sur le clocher jauni,
La lune
Comme un point sur un i.

Lune, quel esprit sombre
Promène au bout d'un fil,
Dans l'ombre,
Ta face et ton profil ?

Es-tu l'oeil du ciel borgne ?
Quel chérubin cafard
Nous lorgne
Sous ton masque blafard ?

N'es-tu rien qu'une boule,
Qu'un grand faucheux bien gras
Qui roule
Sans pattes et sans bras ?

Es-tu, je t'en soupçonne,
Le vieux cadran de fer
Qui sonne
L'heure aux damnés d'enfer ?

Sur ton front qui voyage.
Ce soir ont-ils compté
Quel âge
A leur éternité ?

Est-ce un ver qui te ronge
Quand ton disque noirci
S'allonge
En croissant rétréci ?

Qui t'avait éborgnée,
L'autre nuit ? T'étais-tu
Cognée
A quelque arbre pointu ?

Car tu vins, pâle et morne
Coller sur mes carreaux
Ta corne
À travers les barreaux.

Va, lune moribonde,
Le beau corps de Phébé
La blonde
Dans la mer est tombé.

Tu n'en es que la face
Et déjà, tout ridé,
S'efface
Ton front dépossédé.

Rends-nous la chasseresse,
Blanche, au sein virginal,
Qui presse
Quelque cerf matinal !

Oh ! sous le vert platane
Sous les frais coudriers,
Diane,
Et ses grands lévriers !

Le chevreau noir qui doute,
Pendu sur un rocher,
L'écoute,
L'écoute s'approcher.

Et, suivant leurs curées,
Par les vaux, par les blés,
Les prées,
Ses chiens s'en sont allés.

Oh ! le soir, dans la brise,
Phoebé, soeur d'Apollo,
Surprise
A l'ombre, un pied dans l'eau !

Phoebé qui, la nuit close,
Aux lèvres d'un berger
Se pose,
Comme un oiseau léger.

Lune, en notre mémoire,
De tes belles amours
L'histoire
T'embellira toujours.

Et toujours rajeunie,
Tu seras du passant
Bénie,
Pleine lune ou croissant.

T'aimera le vieux pâtre,
Seul, tandis qu'à ton front
D'albâtre
Ses dogues aboieront.

T'aimera le pilote
Dans son grand bâtiment,
Qui flotte,
Sous le clair firmament !

Et la fillette preste
Qui passe le buisson,
Pied leste,
En chantant sa chanson.

Comme un ours à la chaîne,
Toujours sous tes yeux bleus
Se traîne
L'océan montueux.

Et qu'il vente ou qu'il neige
Moi-même, chaque soir,
Que fais-je,
Venant ici m'asseoir ?

Je viens voir à la brune,
Sur le clocher jauni,
La lune
Comme un point sur un i.

Peut-être quand déchante
Quelque pauvre mari,
Méchante,
De loin tu lui souris.

Dans sa douleur amère,
Quand au gendre béni
La mère
Livre la clef du nid,

Le pied dans sa pantoufle,
Voilà l'époux tout prêt
Qui souffle
Le bougeoir indiscret.

Au pudique hyménée
La vierge qui se croit
Menée,
Grelotte en son lit froid,

Mais monsieur tout en flamme
Commence à rudoyer
Madame,
Qui commence à crier.

" Ouf ! dit-il, je travaille,
Ma bonne, et ne fais rien
Qui vaille;
Tu ne te tiens pas bien. "

Et vite il se dépêche.
Mais quel démon caché
L'empêche
De commettre un péché ?

" Ah ! dit-il, prenons garde.
Quel témoin curieux
Regarde
Avec ces deux grands yeux ? "

Et c'est, dans la nuit brune,
Sur son clocher jauni,
La lune
Comme un point sur un i.

Alfred de Musset

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Quoique je te perde de vue

9 Avril 2017, 02:57am

Publié par vertuchou

Quoique je te perde de vue à travers les arbres, je n'ai pas besoin de te voir
pour te retrouver ; quelque chose de toi que je ne puis dire reste pour moi
dans l'air où tu passes, sur l'herbe où tu t'assieds.
Lorsque je t'approche, tu ravis tous mes sens. L'azur du ciel est moins beau
que le bleu de tes yeux; le chant des bengalis, moins doux que le son de ta voix.
Si je te touche seulement du bout du doigt, tout mon corps frémit de plaisir.

Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre, Paul et Virginie

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Berceuse pour les Ours qui ne sont pas là

8 Avril 2017, 02:54am

Publié par vertuchou

    Oursi Ourson Ourzoula
    Je voudrais que tu sois là
    Que tu frappes à la porte
    Et tu me dirais c'est moi
    Devine ce que j'apporte
    Et tu m'apporterais toi.

    C'est dimanche il est 8 heures
    Et je ne veux pas sortir
    Et je m'ennuie à mourir
    Alors je t'écris mon ange
    Une chanson du dimanche
    Une chanson pas très drôle
    Mais on y ajoutera
    Mardi soir un grand couplet
    Viens dormir sur mon épaule
    Et on ne dormira pas.

    Boris Vian

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« Alla Turca » ou « Marche turque ».

7 Avril 2017, 02:57am

Publié par vertuchou

Wolfgang Amadeus Mozart,, 3ème mouvement dit « Alla Turca » ou « Marche turque ».de la Sonate pour piano n° 11 en la majeur, K. 331.

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