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Vertuchou.over-blog.com

J’ai besoin d’elle

16 Mars 2017, 03:17am

Publié par vertuchou

J’ai besoin d’elle, la vie en son absence n’a aucun intérêt, tout devient ennuyeux, ridicule, agaçant. Je suis malheureux de savoir qu’elle parvient à respirer loin de moi, qu’elle peut parfaitement se passer de ma présence alors que moi je ne parviens à me passer de la sienne qu’avec les pires difficultés. […]

 Je continue de croire qu’un jour quelque chose va arriver entre elle et moi. Je sais que c’est écrit. Tous les fleuves coulent vers la mer. Simplement, je ne sais pas quand la chose se passera, peut-être dans un mois, peut-être dans dix ans. Les existences sont animées par des moteurs aux soubresauts étranges et aux développements non prédictibles.

Marc Pautrel, Polaire

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Puisque nous sommes mortels

15 Mars 2017, 02:48am

Publié par vertuchou

Puisque nous sommes mortels,
Puisqu'en nous, déjà, cheminent
Les ombres et que le temps montant
Comme un gravier s'éboule,
Puisque s'élancent à la course
D'autres soleils,
En nous, pour publier l'instant accompli,
Avec les mots et les choses qui les portent
Dans la plus grande attention, la nudité
De l'âme quand elle s'éveille avant le jour,
Nous choisissons le témoignage.
Car nous sommes responsables,
Non de ce que nous avons fait,
Mais des promesses non tenues.
Ce n'est point de ne point avoir fait le mal.
Les mains quittes ne sont jamais pures.
Il faut les avoir noires de terre,
Saisies en leur travail, armées.
Il fallait toujours parfaire.
L'ordre du monde le demande.
C'est par les rêves tenus
Que se fait notre alliance.

Je n'ai pas assez aimé.

Jean Malrieu
 

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Just So

14 Mars 2017, 03:35am

Publié par vertuchou

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Qu'autres que vous soient désirées

13 Mars 2017, 03:09am

Publié par vertuchou

Qu’autres que vous soient désirées,
Qu’autres que vous soient adorées,
Cela se peut facilement ;
Mais qu’il soit des beautés pareilles
À vous, merveille des merveilles,
Cela ne se peut nullement.

Que chacun sous telle puissance
Captive son obéissance,
Cela se peut facilement ;
Mais qu’il soit une amour si forte
Que celle-là que je vous porte,
Cela ne se peut nullement.

Que le fâcheux nom de cruelles
Semble doux à beaucoup de belles,
Cela se peut facilement ;
Mais qu’en leur âme trouve place
Rien de si froid que votre glace,
Cela ne se peut nullement.

Qu’autres que moi soient misérables
Par vos rigueurs inexorables,
Cela se peut facilement ;
Mais que de si vives atteintes
Parte la cause de leurs plaintes,
Cela ne se peut nullement.

Qu’on serve bien lorsque l’on pense
En recevoir la récompense,
Cela se peut facilement ;
Mais qu’une autre foi que la mienne
N’espère rien, et se maintienne,
Cela ne se peut nullement.

Qu’à la fin la raison essaie
Quelque guérison à ma plaie,
Cela se peut facilement ;
Mais que d’un si digne servage
La remontrance me dégage,
Cela ne se peut nullement.

Qu’en ma seule mort soient finies
Mes peines et vos tyrannies,
Cela se peut facilement ;
Mais que jamais par le martyre
De vous servir je me retire,
Cela ne se peut nullement.

François de Malherbe — Chansons

 

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La lecture active du poème

12 Mars 2017, 03:04am

Publié par vertuchou

La lecture active du poème ouvre et libère la conscience.

Or, la conscience libre fait le citoyen libre.

Donc, la poésie est la condition d’une cité libre.


—  Jean-Pierre Siméon, 2015

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Nada

11 Mars 2017, 02:59am

Publié par vertuchou

Il avait tatoué sur son cœur
Le nom intraduisible
D’une femme de néant : Nada

Nada, ma nuit de rien
Nada, mon ombre fauve
Nada, pour le rire et le non

Il psalmodiait avec ivresse
Ce mantra de carbone
En souvenir de l'or

Nada, ô ma sultane
Nada, ma déchirure
Nada, pour la fin des fins

Sous son masque de cendre
Il suivait du regard
Une sombre déesse

Nada, au goût d'orage
Nada, de corps et d'esprit
Nada, qui efface tout

Nada, portée à l'infini

André Velter

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Into the Wave

10 Mars 2017, 02:49am

Publié par vertuchou

George Vranesh (1926-2014) Into the Wave, 1971 Acrylic on canvas, 44 x 66 1/4 inches

George Vranesh (1926-2014) Into the Wave, 1971 Acrylic on canvas, 44 x 66 1/4 inches

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Un voilier passe…

9 Mars 2017, 02:03am

Publié par vertuchou

Je suis debout au bord de la plage.
Un voilier passe dans la brise du matin,
et part vers l'océan.
Il est la beauté, il est la vie.
Je le regarde jusqu'à ce qu'il disparaisse à l'horizon.
Quelqu'un à mon côté dit : « il est parti ! »

Parti vers où ?
Parti de mon regard, c'est tout !
Son mât est toujours aussi haut,
sa coque a toujours la force de porter
sa charge humaine.
Sa disparition totale de ma vue est en moi,
pas en lui.

Et juste au moment où quelqu'un prés de moi
dit : «il est parti !»
il en est d'autres qui le voyant poindre à l'horizon
et venir vers eux s'exclament avec joie :
« Le voilà ! »

C'est ça la mort !
Il n'y a pas de morts.
Il y a des vivants sur les deux rives.

William Blake

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The Light From One

8 Mars 2017, 02:54am

Publié par vertuchou

I am holding your torch
I won't hold it no more
You can have it, take it, use it

I am holding your torch
I won't hold it no more
You can have it, take it, use it

I'll need both my hands to hold my own
I need only one light

I'm in your room
We've been here for weeks now
Your windows are painted
With nothing real
I hear music, filtering through it all
I press my ear against the wall

I'll need both my hands to hold my own
I need only one light

Before it gets dark
Before it's all gone
I know I have to put yours down
The light is going dim
My torches, they are both fading

I'll need both my hands to hold my own
I need only one light

I'll need both my hands to hold my own
I need only one light

I'll need both my hands
I'll need both my hands
I'll need both my hands
I'll need both my hands

I'll need both my hands to hold my own
I need only one light

Ane Brun

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Les cheveux blancs

7 Mars 2017, 02:53am

Publié par vertuchou

Ce sont les cendres d'un trésor –
Tant de pertes, tant d'offenses
Quel roc ne s'effrite et s'abat
Devant de telles cendres.

La colombe éclatante et nue
A nulle autre appariée.
La sagesse de Salomon
Sur toutes les vanités.

Redoutable blancheur, craie
D'un temps sans déclin.
Mais si le feu brûlait mes murs
Dieu se tenait à mon seuil!

Délivré de tous les fatras,
Maître des songes et des jours,
Flamme née de ce blanc précoce
L'esprit monte droit !

Non vous ne m'avez pas trahie,
Années, ni prise de revers!
En ces cheveux déjà blancs
C'est l'éternité qui l'emporte.

 27 septembre 1922

Marina Tsvetaïeva,

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