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O, si chère de loin ...

6 Avril 2017, 02:48am

Publié par vertuchou

Ô si chère de loin et proche et blanche, si
Délicieusement toi, Méry, que je songe
À quelque baume rare émané par mensonge
Sur aucun bouquetier de cristal obscurci  .
Le sais-tu, oui ! pour moi voici des ans, voici
Toujours que ton sourire éblouissant prolonge
La même rose avec son bel été qui plonge
Dans autrefois et puis dans le futur aussi.  
Mon cœur qui dans les nuits parfois cherche à s’entendre
Ou de quel dernier mot t’appeler le plus tendre
S’exalte en celui rien que chuchoté de sœur  
N’était, très grand trésor et tête si petite,
Que tu m’enseignes bien toute une autre douceur
Tout bas par le baiser seul dans tes cheveux dite.

Stéphane Mallarmé

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Dans un poème ou dans un conte

5 Avril 2017, 03:42am

Publié par vertuchou


Dans un poème ou dans un conte, le sens n'importe guère ;

ce qui importe, c'est ce que créent dans l'esprit du lecteur

telles ou telles paroles dites dans tel ordre ou selon telle cadence.

Jorge Luis Borges

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Tard dans la vie

4 Avril 2017, 02:37am

Publié par vertuchou

Je suis dur
je suis tendre
Et j'ai perdu mon temps
À rêver sans dormir
À dormir en marchant
Partout où j'ai passé
J'ai trouvé mon absence
je ne suis nulle part
Excepté le néant
je porte accroché au plus haut des entrailles
À la place où la foudre a frappé trop souvent
Un cœur où chaque mot a laissé son entaille
Et d'où ma vie s'égoutte au moindre mouvement

Pierre Reverdy

 

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Grand Motet

3 Avril 2017, 02:56am

Publié par vertuchou

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Les corbeaux

2 Avril 2017, 02:44am

Publié par vertuchou

Seigneur, quand froide est la patrie,
Quand, dans les hameaux abattus,
Les longs angélus se sont tus…
Sur la nature défleurie
Faites s’abattre des grands cieux
Les chers corbeaux délicieux.

Armée étrange aux cris sévères,
Les vents froids attaquent vos nids !
Vous, le long des fleuves jaunis,
Sur les routes aux vieux calvaires,
Sur les fossés et sur les trous
Dispersez-vous, ralliez-vous !

Par milliers, sur les champs de France,
Où dorment les morts d’avant-hier,
Tournoyez, n’est-ce pas, l’hiver,
Pour que chaque passant repense !
Sois donc le crieur du devoir,
Ô notre funèbre oiseau noir !

Mais, saints du ciel, en haut du chêne,
Mât perdu dans le soir charmé,
Laissez les fauvettes de mai
Pour ceux qu’au fond du bois enchaîne,
Dans l’herbe d’où l’on ne peut fuir,
La défaite sans avenir.


Arthur Rimbaud

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Tu pourrais dormir avec moi

1 Avril 2017, 03:39am

Publié par vertuchou

- Tu pourrais dormir avec moi cette nuit ? proposa alors le jeune homme.

Demain tu  ne travailles pas…

Il saisit sa main petite et froide et la porta à ses lèvres. Il regardait tout à coup  sa bien-aimée comme un être vulnérable qu’il fallait aimer plus que tout au monde. Sonia s’est hissée sur la pointe des pieds et l’embrassait dans le cou. Elle était si menue et lui si grand, si massif, qu’ils auraient dû avoir du mal à marcher l’un contre l’autre, et pourtant leurs pas s’ajustaient à merveille.

 

Sophie Avon, Les amoureux

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La forêt de l'amour en nous

31 Mars 2017, 03:37am

Publié par vertuchou

  (...)
Je ne voyage qu’entre
Un rêve et un rêve
Nos corps et leurs deux visages
Flux de lumière et deux chansons
Je ne voyage que pour m’éclairer
La face de la vérité dans nos corps
Rêve et réalité sont deux enfants :
Celui-ci est espace
L’autre est temps
(...)

Adonis

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Fides Tua

30 Mars 2017, 03:11am

Publié par vertuchou

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Elle ne portait d’autres joyaux

29 Mars 2017, 02:52am

Publié par vertuchou

[...]
Elle ne portait d’autres joyaux que sa parfaite beauté, et quand je lui ai offert la coupe de la bienvenue
Le vin dans sa bouche si fraîche est devenu rouge d’envie.
Avec la joie et avec les rires, j’ai bientôt pu la soumettre à ma volonté.
Puis, comme un oreiller d’amour, je lui ai offert ma joue que le bonheur faisait trembler.
Déjà la voici qui m’avoue : Il n’y a que dans tes bras que je puis connaître un sommeil pur.
Tandis qu’elle reposait à mes côtés, sans nombre furent les baisers que je lui ai volés.
Car qui pourrait rassasier son désir en cueillant les fleurs du jardin qu’il est seul à posséder ?
Pendant que cette lune sommeillait ainsi languide sur mon sein
L’autre lune qui — en vain — illuminait les deux, jalouse, n’a pas tardé à s’obscurcir.
Alors la nuit a été saisie d’un brusque effroi et s’est ainsi plainte : Ah ! qui donc m’enlève la splendeur du croissant d’argent ?
Elle ignorait, l’infortunée, que la lune véritable était endormie entre mes bras.

Ibn Ammar

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La littérature se sert des mots

28 Mars 2017, 02:47am

Publié par vertuchou

La littérature se sert des mots, la poésie sert les mots

Jean-Paul Sartre

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