Aimer
Il est peut-être pire
de ne pas aimer
que de ne pas être aimé.
Pierre Deshusses
Coups de cœur
Il est peut-être pire
de ne pas aimer
que de ne pas être aimé.
Pierre Deshusses
A cette ronde d’enfants
Que tant de peine a suivie
Vous n’étiez vous qu’en passant
Chansons qui fûtes ma vie
Vous dont je fus la clarté
Beaux jours courbés sous leur ombre
J’ai vécu de vous compter
Je mourrai de votre nombre
Possédant ce que je suis
Je saurai sur toutes choses
Que la chambre où je grandis
Dans mon cœur était enclose
Joë Bousquet
Au fond des criques intimes
Où les ressacs rongent nos fibres et nos tissus
Nous oublions
tapis dans nos chagrins
Qu'au loin qu'autour
L'étendue vibre
Comment y pénétrer ?
Comment surgir de ces ravages ?
Extirper l'âme de ses dégâts?
Comment restituer beauté à la beauté ?
Comment soutenir
même d'un cœur en fracture
Le jeu précaire et prodigue
De cette vie
Aux aguets ?
Andrée Chedid
“Que puis-je faire avec mon bonheur ?
Comment puis-je le garder, le cacher, l'ensevelir dans un lieu où jamais je ne le perdrais ?
J'ai envie de m'agenouiller, tandis qu'il tombe sur moi
comme de la pluie, de l'envelopper dans de la soie
et de la dentelle, et de le presser une nouvelle fois
contre mon cœur.”
Anaïs Nin : Henry et June, Cahiers secrets
Je ne pleurerai pas de te voir me quitter
Il n'est rien d'aimable ici-bas,
Et doublement m'affligera ce sombre monde
Tant que ton cœur y pâtira.
Je ne pleurerai pas : la splendeur de l'été
Nécessairement s'enténèbre :
L'histoire la plus heureuse, quand on la suit,
Se termine avec le tombeau !
Et je suis excédée de l'angoisse qu'apporte
Le long cortège des hivers,
Outrée de voir l'esprit languir au long des ans
Dans le plus morne désespoir.
Si donc un pleur m'échappe à l'heure de ta mort,
Sache-le, il ne marquera
Qu'un soupir de mon âme impatiente de fuir
Et d'être en repos avec toi.
Emily Jane Brontë
4 mai 1840
Il n'est rien d'aimable ici-bas,
Et doublement m'affligera ce sombre monde
Tant que ton cœur y pâtira.
Je ne pleurerai pas : la splendeur de l'été
Nécessairement s'enténèbre :
L'histoire la plus heureuse, quand on la suit,
Se termine avec le tombeau !
Et je suis excédée de l'angoisse qu'apporte
Le long cortège des hivers,
Outrée de voir l'esprit languir au long des ans
Dans le plus morne désespoir.
Si donc un pleur m'échappe à l'heure de ta mort,
Sache-le, il ne marquera
Qu'un soupir de mon âme impatiente de fuir
Et d'être en repos avec toi.
4 mai 1840
La Septième Toccata de Michelangelo Rossi jouée par Kirk M. Rich
Regarde ton miroir, et dis à ce visage
Que les temps sont venus d’en former un nouveau ;
Car si tu refusais d’en faire un aussi beau,
Tu décevrais le monde et quelque vierge sage :
Quelle belle, en effet, pour un moins doux fardeau,
Dédaignerait ici ton marital usage,
Et, de son propre bien préférant le tombeau,
Quel sot consentirait à briser son lignage ?
Tu sembles le miroir de ta mère ; elle, en toi,
Rappelle la fraîcheur de l’avril de sa vie :
Par la vitre de l’âge, en un pareil émoi,
Vieillard, tu reverras ta jeunesse fleurie.
Mais qui veut vivre seul, pour que chacun l’oublie,
Mourra seul, emportant son image avec soi.
William Shakespeare
La poésie doit être le miroir terrestre de la Divinité, et réfléchir,
par les couleurs, les sons et les rythmes,
toutes les beautés de l'univers
Madame de Staêl, De l'Allemagne
Je ferme les paupières
sous la nuit paisible
et j’entends gazouiller des myriades d’astres
là où tes doigts se sont attardés
sur ma chair.
Je suis
le ciel étoilé
des moissons.
Ton amour m’a fait
si profond et beau
si grand
que tu n’as plus la force
de m’étreindre.
Ma bien-aimée
viens que nous partagions
les présents que tu m’as apportés.
Tiens! La forêt ploie
du poids de ses fleurs et de ses feuilles.
Yannis Ritsos