Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Vertuchou.over-blog.com

Bifurcation

18 Juin 2017, 02:34am

Publié par vertuchou

je ne veux pas te quitter
mon sourire est attaché à ton corps
et le baiser de l'algue à la pierre
à l'intérieur de mon âge je porte un enfant gai et
bruyant
il n'y a que toi qui saches le faire sortir du coquillage
comme l'escargot avec de fines voix

parmi l'herbe il y a
les mains fraîches des fleurs qui se tendent vers moi
mais il n'y a que ta voix qui soit fine
comme ta main est fine comme le soir est impalpable
comme le repos

 

Tristan Tzara

Voir les commentaires

Two Leaves

17 Juin 2017, 02:31am

Publié par vertuchou

Ruth Bernhard, Two Leaves, 1952

Ruth Bernhard, Two Leaves, 1952

Voir les commentaires

Chanson pour elles

16 Juin 2017, 02:26am

Publié par vertuchou

Ils me disent que tu es blonde
Et que toute blonde est perfide,
Même ils ajoutent " comme l’onde ".
Je me ris de leur discours vide !
Tes yeux sont les plus beaux du monde
Et de ton sein je suis avide.

Ils me disent que tu es brune,
Qu’une brune a des yeux de braise
Et qu’un coeur qui cherche fortune
S’y brûle… Ô la bonne foutaise !
Ronde et fraîche comme la lune,
Vive ta gorge aux bouts de fraise !

Ils me disent de toi, châtaine :
Elle est fade, et rousse trop rose.
J’encague cette turlutaine,
Et de toi j’aime toute chose
De la chevelure, fontaine
D’ébène ou d’or (et dis, ô pose-
Les sur mon coeur), aux pieds de reine.


Paul Verlaine.

Voir les commentaires

S’il est vrai qu’il faut savoir lire la poésie

15 Juin 2017, 02:23am

Publié par vertuchou

S’il est vrai qu’il faut savoir lire la poésie autrement que le journal, il faut savoir
aussi  la lire comme le journal, et alors Le Dormeur du val  sera certainement à la
fois plus accessible au lecteur, et plus conforme au sentiment rimbaldien, que
cette exégèse arbitraire

Louis Aragon, Chroniques du bel canto

Voir les commentaires

Air noir

14 Juin 2017, 03:11am

Publié par vertuchou

 

La ville cousue de fil blanc,
Les toits portants cheminées,
Le ciel parallèle aux rues,
Les rues,
La fumée sur les trottoirs,
TROUVAILLE.

Des pas les uns vers les autres,
Le soleil ou la lumière,
Souvenirs de ville,
L'HEURE A L'HEURE,
Du matin, de midi au soir,

Façades et boutiques,
Des lumières pliées dans des vitres,
VEILLER.

Ailleurs,
La nuit enfermée dans la nuit,
Les chiens aboyant à la nuit des chats,
LA FATIGUE.

Paul Eluard

Voir les commentaires

Blaues Pferd II

13 Juin 2017, 02:16am

Publié par vertuchou

Franz Marc, Blaues Pferd II, 1911

Franz Marc, Blaues Pferd II, 1911

Voir les commentaires

A l'imagination

12 Juin 2017, 03:10am

Publié par vertuchou

Lorsque, lassée du long souci du jour

Et ballottée de peine en peine

Je suis perdue, prête à désespérer,

Ta bonne voix de nouveau me rappelle.

Ô ma fidèle amie, comment serais-je seule

Tant que tu peux parler sur pareil ton ?

 

Le monde du dehors est si vide d’espoir

Que m’est deux fois précieux le monde du dedans,

Ce tien monde où jamais ne règnent ruse et haine

Non plus que doute et froid soupçon ;

Où toi et moi et la Liberté,

Exerçons souveraineté indiscutée.

 

Qu’importe que, de toutes parts,

Le Péril, le Péché, la Ténèbre nous pressent

Si nous gardons ancré au fond de notre cœur

Un brillant ciel immaculé,

Chaud des mille rayons mêlés

De soleils qui jamais ne connaissent l’hiver ?

 

La Raison peut souvent se plaindre en vérité

Du triste train de la Nature,

Et révéler au cœur souffrant combien ses rêves

Sont voués à demeurer vains ;

Et la Réalité peut piétiner, brutale,

Les fleurs de l’Imagination à peine écloses.

 

Mais tu es toujours là pour ramener

Les visions latentes, pour parer

Le printemps dépouillé de nouvelles splendeurs

Et tirer de la mort une vie plus exquise,

Évoquant d’un souffle divin

De vrais mondes aussi lumineux que le tien.

 

Je ne crois guère en ta félicité fantôme,

Mais à l’heure apaisée du soir,

C’est toujours, oui, toujours avec reconnaissance

Que je te vois venir, ô bienfaisant pouvoir,

Infaillible consolatrice

Et quand l’espoir se meurt, plus radieux espoir.

 

le 3 septembre 1844

 

Emily Brontë

Voir les commentaires

Lettres à Juliette Drouet

11 Juin 2017, 02:47am

Publié par vertuchou

Je vous aime, mon pauvre ange, vous le savez bien, et pourtant vous voulez que je vous l'écrive. Vous avez raison. Il faut s'aimer, et puis il faut se le dire, et puis il faut se l'écrire, et puis il faut se baiser sur la bouche, sur les yeux, et ailleurs. Vous êtes ma Juliette bien-aimée. Quand je suis triste, je pense à vous, comme l'hiver on pense au soleil, et quand je suis gai, je pense à vous, comme en plein soleil on pense à l'ombre. Vous voyez bien, Juliette, que je vous aime de toute mon âme. Vous avez l'aire jeune comme un enfant, et l'air sage comme une mère aussi je vous enveloppe de tous ces amours-là à la fois. Baisez-moi, belle Juju !

7 Mars 1833

Oh ! ma joie, ma vie, ma bien-aimée ! Je suis triste ce matin, j'ai peur que les allants et venants du dimanche ne m'empêchent d'être auprès de toi aussi vite et aussi longtemps que je voudrais. Pourvu encore que toi-même de ton côté tu puisses venir ! pourvu que la fièvre que tu avais hier ne t'empêche pas de sortir aujourd'hui ! Oh ! plains-moi. Oh ! n'est-ce pas ? Tu viendras ? tu te portes bien ? je te verrai ? Oh ! J'ai tant d'amour à te donner, tant de baisers à te prodiguer, sur tes pieds parce que je te respecte, sur ton front parce que je t'admire, sur tes lèvres parce que je t'aime ! Ce n'est pas une couronne que tu devrais avoir sur la tête, c'est une étoile !

Septembre 1834

Victor Hugo

Voir les commentaires

Ne plus te voir

10 Juin 2017, 02:52am

Publié par vertuchou

    Ne plus te voir
    C’est chercher dans les particules d’air ta respiration
    Dans chaque grain de sable ta peau
    Dans chaque larme ton goût
    Derrière l’arbre ton ombre

    Ne plus te voir
    C’est courir dans le vide pour suivre ton pas
    Tourner la tête partout derrière tes yeux
    Me recroqueviller sur mon corps adossé à ton bras

    Ne plus te voir
    C’est écouter ta voix qui tambourine contre mon âme
    Ouvrir toutes les portes du temps sur ta silhouette

    Ne plus te voir
    C’est déshabiller  mon cœur et t’attendre sous le drap
    Scruter mes mains regorgeant de ton odeur

    Ne plus te voir
    C’est m’étendre sur le sol et murmurer tes mots
    Prendre toute poignée de terre et souffler dessus mes poumons  
    Épier les bourgeons qui porteront ton visage

    Ne plus te voir
    C’est habiller le vent d’espérances et le laisser partir
    Féconder l’eau des ruisseaux de tous les chagrins et ne  laisser nul s’y abreuver

    Ne plus te voir
    Ne plus te voir
    Qui comprendrait?

    Siham Bouhlal

Voir les commentaires

Champ de blé sous un ciel orageux

9 Juin 2017, 02:54am

Publié par vertuchou

Vincent van Gogh, Champ de blé sous un ciel orageux, Auvers-sur-Oise, Juillet1890, huile sur toile, 50.4 cm x 101.3 cm

Vincent van Gogh, Champ de blé sous un ciel orageux, Auvers-sur-Oise, Juillet1890, huile sur toile, 50.4 cm x 101.3 cm

Voir les commentaires