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Blaues Pferd II

13 Juin 2017, 02:16am

Publié par vertuchou

Franz Marc, Blaues Pferd II, 1911

Franz Marc, Blaues Pferd II, 1911

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A l'imagination

12 Juin 2017, 03:10am

Publié par vertuchou

Lorsque, lassée du long souci du jour

Et ballottée de peine en peine

Je suis perdue, prête à désespérer,

Ta bonne voix de nouveau me rappelle.

Ô ma fidèle amie, comment serais-je seule

Tant que tu peux parler sur pareil ton ?

 

Le monde du dehors est si vide d’espoir

Que m’est deux fois précieux le monde du dedans,

Ce tien monde où jamais ne règnent ruse et haine

Non plus que doute et froid soupçon ;

Où toi et moi et la Liberté,

Exerçons souveraineté indiscutée.

 

Qu’importe que, de toutes parts,

Le Péril, le Péché, la Ténèbre nous pressent

Si nous gardons ancré au fond de notre cœur

Un brillant ciel immaculé,

Chaud des mille rayons mêlés

De soleils qui jamais ne connaissent l’hiver ?

 

La Raison peut souvent se plaindre en vérité

Du triste train de la Nature,

Et révéler au cœur souffrant combien ses rêves

Sont voués à demeurer vains ;

Et la Réalité peut piétiner, brutale,

Les fleurs de l’Imagination à peine écloses.

 

Mais tu es toujours là pour ramener

Les visions latentes, pour parer

Le printemps dépouillé de nouvelles splendeurs

Et tirer de la mort une vie plus exquise,

Évoquant d’un souffle divin

De vrais mondes aussi lumineux que le tien.

 

Je ne crois guère en ta félicité fantôme,

Mais à l’heure apaisée du soir,

C’est toujours, oui, toujours avec reconnaissance

Que je te vois venir, ô bienfaisant pouvoir,

Infaillible consolatrice

Et quand l’espoir se meurt, plus radieux espoir.

 

le 3 septembre 1844

 

Emily Brontë

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Lettres à Juliette Drouet

11 Juin 2017, 02:47am

Publié par vertuchou

Je vous aime, mon pauvre ange, vous le savez bien, et pourtant vous voulez que je vous l'écrive. Vous avez raison. Il faut s'aimer, et puis il faut se le dire, et puis il faut se l'écrire, et puis il faut se baiser sur la bouche, sur les yeux, et ailleurs. Vous êtes ma Juliette bien-aimée. Quand je suis triste, je pense à vous, comme l'hiver on pense au soleil, et quand je suis gai, je pense à vous, comme en plein soleil on pense à l'ombre. Vous voyez bien, Juliette, que je vous aime de toute mon âme. Vous avez l'aire jeune comme un enfant, et l'air sage comme une mère aussi je vous enveloppe de tous ces amours-là à la fois. Baisez-moi, belle Juju !

7 Mars 1833

Oh ! ma joie, ma vie, ma bien-aimée ! Je suis triste ce matin, j'ai peur que les allants et venants du dimanche ne m'empêchent d'être auprès de toi aussi vite et aussi longtemps que je voudrais. Pourvu encore que toi-même de ton côté tu puisses venir ! pourvu que la fièvre que tu avais hier ne t'empêche pas de sortir aujourd'hui ! Oh ! plains-moi. Oh ! n'est-ce pas ? Tu viendras ? tu te portes bien ? je te verrai ? Oh ! J'ai tant d'amour à te donner, tant de baisers à te prodiguer, sur tes pieds parce que je te respecte, sur ton front parce que je t'admire, sur tes lèvres parce que je t'aime ! Ce n'est pas une couronne que tu devrais avoir sur la tête, c'est une étoile !

Septembre 1834

Victor Hugo

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Ne plus te voir

10 Juin 2017, 02:52am

Publié par vertuchou

    Ne plus te voir
    C’est chercher dans les particules d’air ta respiration
    Dans chaque grain de sable ta peau
    Dans chaque larme ton goût
    Derrière l’arbre ton ombre

    Ne plus te voir
    C’est courir dans le vide pour suivre ton pas
    Tourner la tête partout derrière tes yeux
    Me recroqueviller sur mon corps adossé à ton bras

    Ne plus te voir
    C’est écouter ta voix qui tambourine contre mon âme
    Ouvrir toutes les portes du temps sur ta silhouette

    Ne plus te voir
    C’est déshabiller  mon cœur et t’attendre sous le drap
    Scruter mes mains regorgeant de ton odeur

    Ne plus te voir
    C’est m’étendre sur le sol et murmurer tes mots
    Prendre toute poignée de terre et souffler dessus mes poumons  
    Épier les bourgeons qui porteront ton visage

    Ne plus te voir
    C’est habiller le vent d’espérances et le laisser partir
    Féconder l’eau des ruisseaux de tous les chagrins et ne  laisser nul s’y abreuver

    Ne plus te voir
    Ne plus te voir
    Qui comprendrait?

    Siham Bouhlal

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Champ de blé sous un ciel orageux

9 Juin 2017, 02:54am

Publié par vertuchou

Vincent van Gogh, Champ de blé sous un ciel orageux, Auvers-sur-Oise, Juillet1890, huile sur toile, 50.4 cm x 101.3 cm

Vincent van Gogh, Champ de blé sous un ciel orageux, Auvers-sur-Oise, Juillet1890, huile sur toile, 50.4 cm x 101.3 cm

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Sagesse

8 Juin 2017, 02:47am

Publié par vertuchou

Beauté des femmes, leur faiblesse, et ces mains pâles
Qui font souvent le bien et peuvent tout le mal,
Et ces yeux, où plus rien ne reste d'animal
Que juste assez pour dire : "assez" aux fureurs mâles

Et toujours, maternelle endormeuse des râles,
Même quand elle ment, cette voix ! Matinal
Appel, ou chant bien doux à vêpre, ou frais signal
Ou beau sanglot qui va mourir au pli des châles !

Hommes durs ! Vie atroce et laide d'ici-bas !
Ah ! que du moins, loin des baisers et des combats,
Quelque chose demeure un peu sur la montagne

Quelque chose du cœur enfantin et subtil,
Bonté, respect ! Car, qu'est-ce-qui nous accompagne,
Et vraiment, quand la mort viendra, que reste-t-il ?

Paul Verlaine

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Poésie

7 Juin 2017, 02:50am

Publié par vertuchou

Poésie : gouverner la part immense de l'homme qui échappe à la raison.

- André du Bouchet, Une lampe dans la lumière aride : Carnets 1949-1955
de

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Au-delà

6 Juin 2017, 02:55am

Publié par vertuchou

Il n'y a pas de trace
au passage
la tête s'en va
Le courant d'air sur la pierre
plus vite dans la rivière
Et toujours plus bas
Quand le bruit sourd qui résonne
Que se lève l'homme
Et le jour qui passe tombe
au bord de la place
où l'autre mourra
Tous ceux qui sont là regardent
ne comprennent pas
Et les regards qui se lassent
s'usent
se détachent
Les yeux glissent
vers un autre endroit
Au carrefour des six routes
L'arrêt de nos pas
On irait plus loin sans doute
Mais on n'ose pas

Pierre Reverdy

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Show Me the Place

5 Juin 2017, 02:42am

Publié par vertuchou

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Recueillement

4 Juin 2017, 02:41am

Publié par vertuchou

Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici :
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.

Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma douleur, donne-moi la main ; viens par ici,

Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées ;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant ;

Le Soleil moribond s'endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l'Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.

Charles Baudelaire

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