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Vertuchou.over-blog.com

Tout de lui m'a été précieux

26 Mai 2017, 02:58am

Publié par vertuchou

Tout de lui m'a été précieux, ses yeux, sa bouche, son sexe, ses souvenirs d'enfant, sa façon brusque de saisir les objets, sa voix.
J'ai voulu apprendre sa langue. J'ai conservé sans le laver un verre où il avait bu.
J'ai désiré que l'avion dans lequel je revenais de Copenhague s'écrase si je ne devais jamais le revoir.
J'ai appliqué cette photo, l'été dernier, à Padoue, sur la paroi du tombeau de saint Antoine — avec les gens qui appuyaient un mouchoir, un papier plié portant leur supplication — pour qu'il revienne.
[...]
J'ai découvert de quoi on peut être capable, autant dire de tout. Désirs sublimes ou mortels, absences de dignité, croyances et conduites que je trouvais insensées chez les autres tant que je n'y avais pas moi-même recours. À son insu, il m'a reliée davantage au monde.

Annie Ernaux, Passion simple

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Ton visage

25 Mai 2017, 10:56am

Publié par vertuchou

Des yeux bruns pour le jour, des yeux verts pour l'amour, ton visage
Des yeux que j'aimerai pour deux éternités, ton visage
Une bouche à jamais douce comme un secret, ton visage
Il est beau, il est chaud, il est ma fleur de peau, ton visage
En me fermant les yeux, je le devine au creux des nuages

J'ai dû fermer les yeux, j'aurais dû faire un noeud aux nuages
Le vent s'est retourné et la pluie m'a soufflé ton visage
Et je me suis saoulé pour tâcher d'oublier ton visage
Mais il reste collé dressé sur mon passé, qui s'ennuie mon passé
Et je le redessine et le vent le ressouffle, ton visage

Je suis capitaine d'un bateau de peine qui ne coulera jamais
J'ai deux fois la peine de son capitaine qui ne s'embarqueront plus

Et je me suis saoulé pour tâcher d'oublier ton visage
Et je me saoule encore à jeun et à tribord, quel voyage
Hier c'était demain, demain ce sera toujours ton visage
Il s'entête à coller comme un drapeau mouillé en retraite
Et je le redessine et le vent le ressouffle, ton visage

Des yeux bruns pour le jour, des yeux verts pour l'amour, ton visage
Des yeux que j'aimerai pour deux éternités, ton visage
Il est beau, il est chaud, il est ma fleur de peau, ton visage
En me fermant les yeux, je le devine au creux des nuages
Des yeux bruns pour le jour, des yeux verts pour l'amour, ton visage

TON VISAGE
paroles: Jean-Pierre Ferland
musique: Paul de Margerie

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Les peupliers

24 Mai 2017, 02:49am

Publié par vertuchou

Bernardus Fredericus Aloysius (Bernard) Eilers, Les peupliers, 1920 -1930

Bernardus Fredericus Aloysius (Bernard) Eilers, Les peupliers, 1920 -1930

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On ne peut trouver de poésie

23 Mai 2017, 02:47am

Publié par vertuchou

On ne peut trouver de poésie nulle part, quand on n’en porte pas en soi.

Joseph Joubert

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Parce que je t’aime

21 Mai 2017, 02:46am

Publié par vertuchou

C'est parce que ton épaule à mon épaule,
Ta bouche à mes cheveux
Et ta main sur mon cou,
C'est parce que, dans mes reins,
Quand ton souffle me frôle,
C'est parce que tes mains,
C'est parce que joue à joue,
C'est parce qu'au matin,
C'est parce qu'à la nuit,
Quand tu dis “viens”, je viens.
Tu souris, je souris.

C'est parce qu'ici ou là,
Dans un autre pays,
Pourvu que tu y sois,
C'est toujours mon pays.
C'est parce que je t'aime
Que je préfère m'en aller.
C'est mieux, bien mieux, de se quitter
Avant que ne meure le temps d'aimer.

C'est parce que j'ai peur de voir s'endeuiller
Les minutes, les heures, les secondes passées,
C'est parce que je sais qu'il faut un presque rien
Pour défaire une nuit et se perdre au matin.
Je ne laisserai pas pencher sur notre lit
Ni l'ombre d'un regret, ni l'ombre d'un ennui.
Je ne laisserai pas mourir au fil des jours
Ce qui fut toi et moi, ce qui fut notre amour.
Pour qu'il ne soit jamais emporté par le temps,
Je l'emporte moi-même. Il restera vivant.

Oh laisse-moi, je t'aime
Mais je préfère m'en aller.
C'est mieux, tu sais, de se quitter
Avant que ne meure le temps d'aimer.

J'en ai vu, comme nous, qui allaient à pas lents
Et portaient leur amour comme on porte un enfant.
J'en ai vu, comme nous, qui allaient à pas lents
Et tombaient à genoux, dans le soir finissant.
Je les ai retrouvés, furieux et combattant
Comme deux loups blessés. Que sont-ils maintenant ?

Ca, je ne veux pas. Je t'aime.
Je ne veux pas nous déchirer.
C'est mieux, tu sais, de nous quitter
Avant que ne meure le temps d'aimer.
C'est mieux, bien mieux, de nous quitter
Avant que ne meure le temps d'aimer…

Barbara

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La réponse est soufflée par le vent

21 Mai 2017, 02:45am

Publié par vertuchou

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Songe

20 Mai 2017, 03:14am

Publié par vertuchou


Je voudrais t'emporter dans un monde nouveau
Parmi d'autres maisons et d'autres paysages
Et là, baisant tes mains, contemplant ton visage,
T'enseigner un amour délicieux et nouveau,

Un amour de silence, d'art et de paix profonde :
Notre vie serait lente et pleine de pensées,
Puis, par hasard, nos mains un instant rapprochées
Inclineraient nos cœurs aux caresses profondes.

Et les jours passeraient, aussi beaux que des songes,
Dans la demi-clarté d'une soirée d'automne,
Et nous dirions tout bas, car le bonheur étonne :
Les jours d'amour sont doux quand la vie est un songe.

Rémy de Gourmont

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J’oubliai tout

19 Mai 2017, 02:45am

Publié par vertuchou

J’oubliai tout, l’heure, les murs, la ville et son étuve, ma vie boiteuse,

ce que j’étais venu chercher ici. Tout.

Tout parce qu’une femme soudain, à corps et à cri dans le silence,

venait d’effacer d’un trait de lumière toutes les femmes de ma vie ;

parce qu’une femme d’un seul mouvement devant moi

découvrait la femme, celle qui précède la mémoire

et lui donne forme et couleurs dans le désir insatiable

-et la mort souvent nous a saisis avant que nous l’ayons tenue

tout entière entre nos yeux.

Guy Goffette, Elle, par bonheur, et toujours nue

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Invitation au rêve

18 Mai 2017, 03:17am

Publié par vertuchou

Viens, nous allons rêver, le soir propice descend, La volupté de l’ombre, les joues des étoiles nous appellent. Viens, nous allons tendre nos filets aux merveilles, compter les fils de la lumière, Et les pentes des collines seront témoins de notre amour.

Nous marcherons ensemble sur le flanc de notre île sans sommeil Nous laisserons dans le sable les empreintes de nos pas vagabonds, Quand viendra le matin répandre sa fraîche rosée, Sur le lieu de nos rêves poussera, pour le moins, une rose.

Nous rêverons que nous escaladons les montagnes de la lune. Nous folâtrerons dans une solitude sans limites, sans humains, Loin, loin, jusqu’où le souvenir ne pourra pas Nous rejoindre, car nous serons par delà le champ de la pensée.

[…]

Nous rêverons que nos pas nous portent vers hier, non vers demain Et que nous parvenons à Babel par une aube perlée ; Amoureux, nous ferons au temple le serment de nous aimer ; Un prêtre de Babel nous bénira de ses mains pures.

Nâzik al Malaika

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Ballet des ombres heureuses

17 Mai 2017, 02:11am

Publié par vertuchou

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