Venere degli Stracci
Michelangelo Pistoletto
Venere degli Stracci (Vénus aux chiffons)
1967
Coups de cœur
Michelangelo Pistoletto
Venere degli Stracci (Vénus aux chiffons)
1967
La poésie, c’est décrire l’invisibilité, c’est mettre un pied de biche dans la porte du temps,
c’est prononcer des paroles qui ne laissent pas intacts,
c’est traduire la vérité car la vérité est juste une ambiance.
Christian Bobin
Quand j’ai besoin de bleu,
Quand j’ai besoin, de bleu, de bleu,
De bleu de mer et d’outre-mer,
De bleu de ciel et d’outre-ciel,
De bleu marin, de bleu céleste ;
Quand j’ai besoin profond,
Quand j’ai besoin altier,
Quand j’ai besoin d’envol,
Quand j’ai besoin de nage,
Et de plonger en ciel,
Et de voler sous l’eau ;
Quand j’ai besoin de bleu
Pour l’âme et le visage,
Pour tout le corps laver,
Pour ondoyer le cœur ;
Quand j’ai besoin de bleu
Pour mon éternité,
Pour déborder ma vie,
Pour aller au-delà
Rassurer ma terreur
Pour savoir qu’au-delà
Tout reprend de plus belle ;
Quand j’ai besoin de bleu,
L’hiver,
Quand j’ai besoin de bleu,
La nuit
J’ai recours à tes yeux.
Jean Mogin
C’est le soir ; la bataille est enfin terminée :
Le vaincu s’est enfui, le vainqueur est lassé,
Et la Fleur du pays, en un jour moissonnée,
Jonche tous les replis du sol dur et glacé.
Ils sont là tout raidis et la tête inclinée,
Adolescent joyeux, d’une balle percé,
Homme fort et vaillant, cohorte infortunée
Qui n’a pas reculé quand la mort a passé.
Et, sous un autre ciel, un vieillard Solitaire,
Las d’avoir travaillé tout le jour à la terre,
Respire le vent frais qui le baise en passant ;
Il regarde pensif le grand ciel qui rayonne
Plein d’un ruissellement d’étoiles, et s’étonne
Que la lune soit rouge et paraisse de sang...
Alice de Chambrier
I'm a fool to want you
Freddie Hubbard : trompette
Dexter Gordon : saxo ténor
Barry Harris : piano
Bob Cranshaw : basse
Billy Higgins (drums)
album : Clubhouse
L’aventure est d’abord humaine
Océan de vie, océan de paix
L’aventure est d’abord humaine
Cris de temps passé aux lisières des prés
L’aventure est d’abord humaine
Comme tous les solstices qui ont précédé
L’aventure est d’abord humaine
Fleuve d’harmonie, fleuve d’éternité
L’aventure est d’abord humaine
Alchimie d’amour, désirs d’Absolu
L’aventure est d’abord humaine
Désespoirs palpables, vifs, jaunes, crus
L’aventure est d’abord humaine
Désirs d’Olympe paraissant fanés
L’aventure est d’abord humaine
Riches, pourpres, exilés
L’aventure est d’abord humaine
Des anciens temps aux nouveaux essors
L’aventure est d’abord humaine
D’absurde éclipses de sommeils morts
L’aventure est d’abord humaine
C’est la réalité qu’un jour les Dieux ont convoité
L’aventure est d’abord humaine
Absence de funambule, de rythmes sots, brusques, ancrés
L’aventure est d’abord humaine
Dans une église ou bien un Mausolée
L’aventure est d’abord humaine
Symbôle d’obélisques qui arrachent le ciel
L’aventure est d’abord humaine
Lames coupantes et dures, face à l’Eternel
L’aventure est d’abord humaine
Comme si un jour nous obtenions le Feu
L’aventure est d’abord humaine
Ne restera qu’un chiffre pur, ce sera Deux
Winston Perez
Idole de ma vie,
Mon tourment, mon plaisir,
Dis-moi si ton envie
S'accorde à mon désir ?
Comme je t'aime en mes beaux jours,
Je veux t'aimer toujours.
Donne-moi l'espérance ;
Je te l'offre en retour.
Apprends-moi la constance ;
Je t'apprendrai l'amour.
Comme je t'aime en mes beaux jours,
Je veux t'aimer toujours.
Sois d'un cœur qui t'adore
L'unique souvenir ;
Je te promets encore
Ce que j'ai d'avenir.
Comme je t'aime en mes beaux jours,
Je veux t'aimer toujours.
Vers ton âme attirée
Par le plus doux transport,
Sur ta bouche adorée
Laisse-moi dire encor :
Comme je t'aime en mes beaux jours,
Je veux t'aimer toujours.
Marceline Desbordes-Valmore
Au bout du téléphone, il y a votre voix
Et il y a les mots que je ne dirai pas
Tous ces mots qui font peur quand ils ne font pas rire
Qui sont dans trop de films, de chansons et de livres
Je voudrais vous les dire
Et je voudrais les vivre
Je ne le ferai pas
Je veux, je ne peux pas
Je suis seule à crever, et je sais où vous êtes
J'arrive, attendez-moi, nous allons nous connaître
Préparez votre temps, pour vous j'ai tout le mien
Je voudrais arriver, je reste, je me déteste
Je n'arriverai pas
Je veux, je ne peux pas
Je devrais vous parler
Je devrais arriver
Ou je devrais dormir
J'ai peur que tu sois sourd
J'ai peur que tu sois lâche
J'ai peur d'être indiscrète
Je ne peux pas vous dire que je t'aime peut-être
Refrain
Mais si tu crois un jour que tu m'aimes
Ne crois pas que tes souvenirs me gênent
Et cours, cours jusqu'à perdre haleine
Viens me retrouver
Si tu crois un jour que tu m'aimes
Et si ce jour-là tu as de la peine
A trouver où tous ces chemins te mènent
Viens me retrouver
Si le dégoût de la vie vient en toi
Si la paresse de la vie
S'installe en toi
Pense à moi
Pense à moi
Mais si tu crois un jour que tu m'aimes
Ne le considère pas comme un problème
Et cours, cours jusqu'à perdre haleine
Viens me retrouver
Si tu crois un jour que tu m'aimes
N'attends pas un jour, pas une semaine
Car tu ne sais pas où la vie t'ammène
Viens me retrouver
Si le dégoût de la vie vient en toi
Si la paresse de la vie
S'installe en toi
Pense à moi
Pense à moi
Françoise Hardy
D'ombre et de lumière
Le meilleur s'annonce
dans les raccourcis
de l'aube
au-delà du possible
dans l'indifférence
des orages
et des envols sublimés
de graminées
se succèdent
les jours
Complice de l'écho
de tous nos rêves
la traversée se poursuit
Quelques silhouettes
s'esquissent à l'approche
de la toujours possible
ataraxie
Yves Broussard
Qu’est-ce qu’un poète au fond, si c’est vraiment un poète ?
C’est un enfant qui s’étonne des choses qui lui arrivent,
une fois qu’il est devenu adulte.
Umberto Saba